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Vergers et produits cidricoles : Renouveler les générations, et les vergers !

Depuis le printemps 2020, les chambres d’agriculture de Bretagne conduisent une vaste étude prospective pour imaginer ce que pourraient être, de manière réaliste, les agricultures bretonnes à l’horizon 2040. Pour cela elles ont commencé par réaliser un état des lieux de 13 filières présentes en Bretagne en interviewant pas moins de 90 acteurs de ces filières. Aujourd’hui, découvrons la filière cidriculture…

Les graves conséquences de la crise sanitaire

Pendant la crise sanitaire du Covid-19, les producteurs cidricoles bretons ont accusé une importante perte de chiffre d’affaires, notamment ceux qui alimentent principalement les cafés, hôtels et restaurants ou crêperies, débouché qui s’est totalement tari pendant la crise. Pour les acteurs de grande taille, notamment présents dans la grande distribution, le recul des ventes constaté est moindre mais reste très problématique. Le débouché à l’export s’est également quasiment totalement bloqué. Pour les plus petits acteurs de la filière, l’annulation des festivals et fêtes locales depuis le printemps 2020 a encore un peu plus enfoncé le clou.
Avant cette crise, la filière était saine et dans une bonne dynamique. Le renouvellement des producteurs est assuré par des installations à la suite des parents, mais également hors-cadre familial. L’image du cidre évolue avec une demande de cidres plus hauts de gamme et qualitatifs. La production en agriculture biologique a le vent en poupe.

 

Renouveler les générations et les vergers !

Le renouvellement des vergers est une des principales problématiques pour l’avenir de la filière bretonne. Les plantations actuelles sont en effet jugées vieillissantes. La durée de vie d’un pommier est d’environ 40 ans, et il faut 5 à 10 ans pour monter en production. Il est donc nécessaire d’anticiper les plantations pour la production et les besoins futurs. Il est également indispensable de poursuivre la bonne dynamique d’installation actuelle.

 

Les consommateurs en attente de produits de qualité

Avec l’été et la réouverture des crêperies et des cafés notamment, la filière attend un rebond de la consommation de cidre et de jus de pomme. L’orientation future de la filière bretonne dépendra aussi de la confirmation de l’attrait du consommateur pour des produits de qualité, plus hauts de gamme, bio…

 

À la recherche de variétés rustiques

La recherche de variétés devra opérer une transition vers des variétés ciblées sur les critères de la rusticité, le profil aromatique, la date de récolte… Les variétés actuelles ont essentiellement été sélectionnées pour leur productivité. Pour répondre à la demande du consommateur, des variétés plus rustiques, moins dépendantes des produits phytosanitaires devront être sélectionnées à l’avenir.

vergers et produits cidricoles

La Bretagne, 1ère région cidricole française : carte d’identité

La Bretagne est la première région productrice de cidre en France. Elle représente 47 % du marché national, la Normandie 41 % et les Pays de Loire 7 %. En 2018, on compte 2 159 ha de vergers de pommes à cidre et 387 ha de vergers de pommes de table. Les ateliers de transformation cidricoles totalisent environ 500 ETP, sans compter les producteurs de pommes associés.
Les produits cidricoles bretons sont aujourd’hui labellisés par cinq signes distinctifs de qualité et d’origine. Les professionnels de la production de cidre se classent en trois catégories : les producteurs fermiers qui produisent sur leur exploitation 100 % des pommes qu’ils transforment, les producteurs artisanaux de moins de 10 salariés et les producteurs industriels qui achètent les pommes qu’ils transforment.
La Maison Cidricole de Bretagne est une association qui fédère les acteurs de la filière cidricole bretonne. Elle regroupe aujourd’hui 58 ateliers cidricoles (soit la quasi-totalité des cidreries de Bretagne), et plus de 200 producteurs de pommes associés.

 

"La principale problématique, c'est le réchauffement climatique"

vergers et produits cidricoles

Comment la crise du Covid 19 a-t-elle mise à mal la filière cidricole ?

Yves Maho. Avec la fermeture du marché de la RHD le 1er confinement en 2020 a vu une grande partie des cidreries perdre jusqu'à 75 % de leur activité. Les GMS ont joué leur rôle en assurant la distribution mais pour autant les ventes n'ont pas été au rendez-vous. On a obtenu une aide de destruction des volumes, mais qui est restée plafonnée. Avec le deuxième confinement, on a vécu plus de six mois de fermeture des marchés, avec du chômage partiel dans les cidreries. Aujourd'hui, on a une inquiétude sur l'état des stocks et même si on constate une légère reprise des ventes, cela reste timide.

En Bretagne, la filière semble dynamique sur l'installation, qu'en est il du renouvellement des vergers ?

Y.M. Sur le renouvellement des vergers, l'enjeu existe pour ceux qui s'installent ou reprennent un verger vieillissant. Soit ils peuvent repartir pour 10 ou 20 ans, soit il faut arracher. Aujourd'hui une des principales problématiques, c'est le réchauffement climatique, avec d'une part le manque d'eau qui se profile et l'apparition de nouveaux ravageurs. À l'image du scarabée japonais, que l'on commence à voir en Italie.

Variétés, développement de nouveaux produits... Comment la filière accompagne techniquement les producteurs ?

Y.M. Le verger cidricole comporte dans son ensemble des variétés rustiques, on constate un regain d’intérêt pour des variétés tombées dans l’oubli. L’accompagnement se fait selon soit auprès de la chambre d’agriculture, tant au niveau arboricole qu’œnologique, ou auprès de prestataires externes ou ressources internes à chaque atelier.

Propos recueillis par Arnaud Marlet

 

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