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"Agir en collectif" : le CRP Bretagne rappelle sa priorité

La signature par le ministre de l'Agriculture de la reconnaissance de l'AOP Porc Grand Ouest permet à la filière de franchir une nouvelle étape collective dans un contexte fragilisé par la hausse des charges, l'arrêt de la castration à vif, le repli de la Chine et les tensions au sein des organisations collectives.

"On avait besoin de l'aboutissement de l'AOP pour redonner du baume au coeur des jeunes", a déclaré le secrétaire du CRP, représentant de JA Bretagne, Thomas Guégan aux côtés de Michel Bloc'h (UGPVB). Étaient présents lors de la conférence de presse du CRP Bretagne (absents de la photo) : Philippe Bizien (président), Carole Joliff (FRSEA), Thierry Marchal (chambre d'agriculture).

Dans une conjoncture difficile pour le porc, les responsables du Comité régional porcin (CRP) de Bretagne se sont félicités de la signature par le ministre de l'Agriculture de l'arrêté de reconnaissance de l'AOP Porc Grand Ouest lors de sa venue au Space le 14 septembre dernier.  "Une des premières en Europe", remarque Philippe Bizien président du CRP. Annoncée en septembre 2018, l'Association d’Organisations de Producteurs (AOP) est née officiellement le 7 avril dernier à l’occasion de son assemblée générale constitutive en présence des 10 Organisations de Producteurs (OP) qui la composent(1). Soit l'équivalent de 11,5 millions de porcs commercialisés par an et la moitié de la production nationale. "C'est une vraie satisfaction dans l'intérêt des éleveurs. Cela va donner un cadre juridique sécurisé pour gérer des volumes et des prix et, retirer le meilleur prix du porc", rappelle Michel Bloc'h lors de la conférence de presse. Cette organisation, mieux armée pour négocier sur les marchés, devrait également agir à moyen terme, pour soutenir "le MPB fragilisé depuis 2015", capter des aides européennes mais surtout "travailler du mieux possible avec nos collègues abatteurs" avec l'ambition de parvenir à "une voix commune" chez les éleveurs.

CRP Bretagne

Mâle castré : mettre fin aux distorsions entre éleveurs

L'un des premiers dossiers de négociation n'est autre que la castration des mâles sous anesthésie. Le surcoût de l'acte et le surcoût alimentaire évalués à +12 €/porc par l'Ifip doit être répercuté sur l'aval jusqu'au consommateur, défend le CRP, qui demande une négociation collective globale pour éviter une distorsion de concurrence entre les éleveurs. "Il ne faut pas de différence de rentabilité entre éleveurs de mâles entiers et de mâles castrés. Dans notre esprit, il faut trouver des filières qui laissent les éleveurs libres de leur choix", conclut le président Philippe Bizien.
Autre sujet de travail : le renforcement du label Le Porc Français. La baisse des importations chinoises avec pour conséquence le reflux des pièces espagnoles à bas prix sur le marché européen inquiète. Le label Le Porc Français est en cours de réécriture pour se renforcer et protéger le marché français, par "un cahier des charges différent du cahier des charges européens, qui répond aux attentes du consommateur, avec de nouveaux items de bien-être", annonce Carole Joliff, vice-présidente du CRP.

(1) AOP Porc Grand Ouest composée d'Agrial, Eureden, Elpor, Evel’Up, GRPPO, Porcineo, Porelia, Syproporcs, Porveo, Porc Armor Evolution.

 

Arrêt de la castration à vif : encore trop d'inconnues

Dans un communiqué au lendemain du Space, les éleveurs de porcs de la FRSEA et les JA Bretagne et Pays de la Loire ont fait part de leur mécontentement. En attente d'annonces, ils reprochent au ministre de l'Agriculture venu le 14 septembre sur le salon de laisser les éleveurs de porcs dans l’inconnu à quelques mois de l'arrêt de la castration à vif des porcelets au 1er janvier 2022. "Aucun cadre de travail, aucun protocole affiché, aucune compensation financière annoncée", s'indignent les syndicats. "L’attente était forte de la part du maillon production qu’un courage politique vienne annoncer la fin d’une confrontation entre les éleveurs, qui subissent tous les inconvénients d’un arrêté pris début 2020, et les abatteurs qui ne sont pas enclins à payer le différentiel de prix sans pour autant vouloir davantage de mâles entiers dans leurs outils". La question de "qui paiera le surcoût du mâle encore castré" est sur toutes les lèvres. La reconnaissance de l’AOP Grand Ouest est "une très bonne chose mais très insuffisant".
Les syndicats demandent que les modalités d’application de l’arrêté du 24 février 2020, soient maintenant connues et précisées aux éleveurs dont "le surcoût lié à la castration sous anesthésie".

 

Cooperl : "une situation regrettable"

C'est sous le signe de l'incompréhension que le CRP Bretagne regrette le retrait de la coopérative Cooperl des instances collectives, dont l'UGPVB et le CRP. En effet, les dossiers de la fin de la castration à vif et de l’équarrissage mettent à mal le fondement de l'action collective pour tous les éleveurs de porcs. "On a tout fait pour les garder autour de la table, chacun a choisi son chemin, nous, nous avons décidé de renforcer le collectif CRP-UGPVB qui représente 75 % des porcs de la région. On ne comprend pas cette situation, on ne peut que la regretter", confiait Philippe Bizien lors de la conférence de presse. Cette situation de recul de l'action collective au profit des projets d'entreprise déconstruit l'édifice bâti. Une ère est en train de se tourner.

 

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