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Bien valoriser les engrais minéraux

La notion d’efficacité des engrais organiques est bien connue, seule une partie de l’azote total apporté est disponible pour la culture. Une autre notion, qui s’applique davantage aux engrais minéraux, est leur coefficient apparent d’utilisation. La connaissance de ce paramètre va guider l’utilisateur d’engrais minéraux à mieux les valoriser.

Une bonne connaissance de la granulométrie de l’engrais permet un réglage optimal de l’épandeur.

Les engrais minéraux contiennent des formes d’azote simple, rapidement valorisables par la plante à partir du moment où ils atteignent leur racines. Ces racines sont plongées dans le sol et dans l’eau qu’il contient. Si la plante est en capacité de prendre l’azote disponible, elle le fera. Sinon, d’autres sont là pour le prendre, il s’agit des micro-organismes, majoritairement des bactéries. Ces micro-organismes vont utiliser cet azote pour digérer les matières organiques du sol, sans forcément fournir de l’azote disponible en retour, ou en tout cas, pas à court terme. Les bactéries vont aussi pour certaines dégrader les formes simples d’azote pour en tirer l’énergie nécessaire à leur survie. Générant au passage l’émission d’un des gaz à effet de serre les plus puissants, le protoxyde d’azote (N2O).
Les matières organiques du sol sont variées, une partie d’entre elles se trouvent dans la rhizosphère, une zone particulière à proximité des racines sous influence du développement de la plante et de micro-organismes. Dans cette zone, l’azote disponible va être intégré dans la biomasse microbienne et ne sera rendu disponible que plus tard, cet azote ne sera donc pas mobilisable par la plante.
Ces phénomènes font que pour une unité d’azote apportée au sol sous forme simple (engrais minéral), seuls 50 à 90 % sera effectivement mobilisable par la plante. Il faut retenir que plus la plante est en phase de croissance active et plus elle est en mesure de prélever cet azote avant les bactéries du sol. Aussi, une plante déjà pleine d’azote sera plus "faignante" sur son absorption et laissera donc des restes disponibles aux bactéries.
C’est pour ces raisons que le fractionnement des apports est préconisé sur les céréales et les prairies.

Une plante en phase de croissance active prélèvera l'azote avant les bactéries du sol.

Comment avoir une efficacité de l'engrais maximale

Il s’agit d’épandre l’engrais au préalable d’une période active de pousse de la plante et sur une plante qui présente un statut azoté en deçà de son optimum de croissance. Bien sûr avant une pluie, de façon à ce que l'engrais se dilue dans la solution du sol.
Les apports précoces en sortie d’hiver, avant des périodes de froid sont donc à éviter car seule une partie de l’azote sera valorisée, les plantes ne poussent en effet pas au rythme de l’azote mais de la chaleur disponible.
En céréales, les apports en cours de montaison sont les plus efficaces (à partir du stade épi-1 cm), la plante doit être bien alimentée en azote jusqu’à la fin de son cycle afin de valoriser au mieux l’énergie solaire. N’oublions pas qu’une carence en azote se traduit d’abord par une moindre capacité à valoriser le rayonnement solaire (l’azote est mobilisé pour d’autres fonctions que la photosynthèse) et dans le même temps une baisse des taux de protéines liée à la moindre disponibilité d’azote total que la plante concentrera dans ses graines.
En prairie, les apports de printemps sont les mieux valorisés. À partir de juin, les fournitures du sol et les restitutions au pâturage fournissent assez d’azote pour soutenir la pousse de l’herbe et sa qualité.
Le réglage de l’épandeur d’engrais en prenant en compte les caractéristiques de l’engrais à épandre permettront enfin de le valoriser le mieux possible.
Le dernier point de vigilance concerne les engrais à base d’urée ou la solution azotée : une partie de l’engrais peut volatiliser si l’épandage n’est pas rapidement suivi d’une pluie conséquente.

 

Info : À lire la semaine prochaine dans Terra, un article sur les engrais organiques, une source d’azote à valoriser.

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