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Désherbage mécanique : se saisir du parc matériel renouvelé en Bretagne !

Depuis 2015, le Plan de Compétitivité et d’Adaptation des Exploitations Agricoles (PCAEA) et le plan Ecophyto ont financé plus de 700 matériels de désherbage mécanique en Bretagne. Comment déployer leur utilisation et pérenniser les usages ? C’est ce que les partenaires du projet Arpida se fixent comme objectif. Première action au champ le 10 juin prochain sur la commune du Pertre.

Carte de recensement des outils de désherbage mécanique.

PCAEA, Plan Ecophyto :  plus de 700 nouveaux matériels de désherbage mécanique en Bretagne

Depuis 2015, les deux programmes Ecophyto pilotés par l’agence de L’Eau Loire Bretagne et le PCAEA piloté par la Région ont respectivement financé 220 et 483 nouveaux matériels de désherbage mécanique en Bretagne. Pour le PCAEA, les bineuses représentent plus de 60 % des acquisitions. Viennent ensuite les herses étrilles (27 %) et les houes rotatives (10 %).
Côté Ecophyto, 20 % des acquisitions l’ont été par des ETA. Les zones légumières du Finistère et des Côtes d’Armor se sont particulièrement mobilisés sur ce programme. Les chambres d’Agriculture ont pour l’instant recensé 318 outils sur une carte mise à la disposition des agriculteurs : http ://www.chambres-agriculture-bretagne.fr/synagri/deshmeca-devenez-expert-du-desherbage-mecanique

 

Désherbage mécanique

Les structures techniques collaborent pour le déploiement des techniques de désherbage alternatif aux phyto

Le projet désherb’Innov des FRCuma Ouest et de ses partenaires a été lauréat du dernier appel à projet Arpida "Animation Régionale des Partenariats pour l’Innovation et le Développement Agricole".
Désherb’Innov développe plusieurs actions pour toucher de manière directe et dynamique un maximum d’agriculteurs (via les événements, réseaux sociaux, vidéos). Les partenaires de ce projet sont : La Fédération régionale des Cumade l’Ouest (chef de file), la chambre régionale d’agriculture de Bretagne, la Fédération régionale des agrobiologistes de Bretagne, la fédération des Ceta 35 et la fédération des Cuma Bretagne Ille Armor.

  
Désherb’Innov : Rendez-vous le 10 juin au Pertre

Une première manifestation tout public a lieu le 10 juin prochain au Pertre, en Ille-et-Vilaine. Au programme, des ateliers techniques, des démonstrations et des échanges. Un dizaine de constructeurs se sont associés à cette opération pour présenter leurs matériels.
Entrée gratuite sur inscription : https ://desherbinnov.com/

 

Témoignages

Désherbage mécanique

L’expérience de la Cuma "L’Alliance" à Maen Roch (35)
La Cuma "L’alliance" compte 70 adhérents dont une quinzaine en bio. Elle emploie 10 salariés. Les équipements de désherbage mécanique y sont présents depuis au moins 20 ans. Jean-Frédéric Sourdin, président de la Cuma et Pascal Vaslet, agriculteur bio nous expliquent leur stratégie d’investissement et d’accompagnement du désherbage mécanique sur le territoire du Coglais.

Saisir l’opportunité du PCAEA pour un effort financier qui reste très important
Comme de nombreuses Cuma, celle de Saint Brice a saisi l’opportunité des aides du PCAEA pour renouveler les outils de désherbage mécanique. Houe, bineuse et herse étrille ont toutes trois été renouvelées en deux ans. L’effort financier est malgré tout conséquent : les factures se montent à 125 000 € pour les trois matériels pour des aides PCAEA à la hauteur de 17 200 €.

Choix du matériel : l’expertise des bio et le compromis pour un usage partagé avec les conventionnels
Plusieurs adhérents se sont répartis le repérage et la sélection des matériels. Des compromis ont été trouvés au sein du bureau pour le choix final : les bio auraient plus facilement opté pour une bineuse six rangs pour conserver le semis en combiné. La bineuse 6/8 rangs a été finalement préférée. Elle pouvait être couplée au semoir huit rangs en fort développement chez les conventionnels.

Professionnaliser la prestation : un pari pour la réussite et la pérennité du désherbage mécanique
La Cuma a longtemps pratiqué la location des matériels de désherbage mécanique. Trop d’adhérents modifiaient les réglages, les écartements... Le suivi et l’entretien des machines étaient compliqués et cette option n’était plus tenable avec la technologie associée aux nouveaux matériels. Depuis deux ans, deux chauffeurs ont été spécialisés sur la bineuse. L’an passé, ils ont tous les  binésdeux 350 ha en se relayant sur deux créneaux de 4h30 à 23h30.

Trucs et astuces de François Gonnet, salarié de la Cuma
Nous avons rejoint François alors qu’il passait la houe en pré-levée du maïs. Pour ce passage à 16 km/h, François démarre par le tour extérieur du champ, ce qui lui permet de vérifier la qualité de l’intervention. Il passe ensuite la houe en longueur pour terminer par les tours de fourrière restants.
Spécialisé dans la conduite de la bineuse, François anticipe le binage dès le semis de la parcelle : il va moins près des talus et gère différemment les parcelles en pointe en les semant comme si il y avait deux parcelles. Il est aussi devenu plus sensible à la qualité de la préparation du sol : les tassements pénalisent l’efficacité des interventions en plein de la houe et de la herse étrille.

 

L’appui aux prestataires

Sur le bassin versant de l’Arguenon, dans l’est des Côtes d’Armor, la chambre d’&griculture de Bretagne accompagne les prestataires de désherbage mécanique (Cuma ou ETA) dans le cadre d’un marché passé avec le syndicat mixte Arguenon Penthièvre (SMAP).
Une soixantaine de structures (Cuma ou ETA) interviennent sur le territoire, dont la moitié propose une offre de désherbage mécanique. Cette offre s’est considérablement étoffée depuis trois ans puisque le nombre d’outils mis à disposition a augmenté de 33 % pour atteindre une centaine de machines.

Désherbage mécanique

David Bouvier, conseiller agro-machinisme : 
" Pour du désherbage mécanique en plein (herse étrille, roto-étrille ou houe rotative) nous apportons notre conseil au champ sur trois points :

1/ Le tracteur : pour un passage à l’aveugle, choisir un tracteur chaussé large, sans masses, dégonfler au maximum les pneumatiques pour faire le moins de traces de roues possibles. Pour les outils traînés (avec roues de jauge), mettre les bras de relevage en position flottante pour ne pas transmettre les contraintes du tracteur sur l'outil. L’utilisation d’un 3e point hydraulique peut apporter une précision de réglage appréciable pour les houes et les roto-étrilles.
2/ L’outil : Lors d’une 1re mise en route, les points de vigilance sont la prise de connaissance du fonctionnement du système de repliage, le positionnement des béquilles et la pression des roues de jauges. Il faut aussi éviter que ces dernières ne roulent sur un rang.
3/ La culture : pour le passage en aveugle, avant la levée du maïs, vérifier la profondeur de travail pour sortir les filaments blancs sans toucher les grains. Un jalon placé sur un rang avant le passage permet de retrouver rapidement les grains de maïs. Avec un maïs de à 2 à 5 feuilles, il s’agit d’augmenter la profondeur et la vitesse pour améliorer l’efficacité sur les adventices sans recouvrir entièrement les pieds de maïs". 

 

 

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