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Former 150 jeunes chaque année

Le groupe Lactalis investit dans l’apprentissage. Son centre de formation va ouvrir cette année. 150 jeunes y seraient formés chaque année.

Jean-Baptiste Vallée, directeur du développement pour les ressources humaines du Groupe Lactalis.
© DR

Le Groupe Lactalis se lance dans la création d’un centre de formation des apprentis. Comment est né ce projet ?

Jean-Baptiste Vallée. Nous allons effectivement créer un CFA qui sera dédié aux métiers de l’industrie laitière et de la transformation fromagère. Nous sommes dans un secteur, l’agroalimentaire, souvent méconnu du grand public, mais qui, pourtant, est vraiment une industrie à la pointe de l’innovation, offrant la possibilité de faire de belles carrières. La clé pour nous, c’est d’avoir les compétences requises pour nous permettre de porter cette innovation. Le point de départ est aussi lié à la loi de septembre 2018 sur la liberté de choisir son avenir professionnel. Dans cette loi, il y a une réforme assez profonde de l’apprentissage avec la possibilité, pour les entreprises, de créer leur propre centre d’apprentis. Cette loi est arrivée à point nommé par rapport à là où nous en étions dans le développement de la formation dans le groupe.

Vous travaillez déjà avec des centres de formation. Leurs offres ne sont-elles pas suffisantes ?

J.-B. V.  Trois écoles aujourd’hui préparent à ces spécialités de l’industrie laitière et de la transformation fromagère : le réseau des Écoles nationales de l’industrie laitière (Enil), l’Agrocampus de Rennes et l’Ensaia à Nancy. Dans le Groupe Lactalis, on a 15 stagiaires ou alternants qui viennent de l’une de ces différentes écoles, cela fait 45 jeunes par an. C’est important pour nous, car ces 45 personnes ont une excellente formation répondant complètement à nos besoins, mais cela ne correspondait pas à l’ensemble de nos besoins. Nous pourrions en prendre plus, s’il y en avait plus…

Votre CFA viendra donc en complément ?

J.-B. V. Oui, car, hormis ces trois écoles, un certain nombre de formations existent aujourd’hui en France. Mais on observe que ces formations sont de plus en plus généralistes. Pour quelles raisons  ? Dans les échanges que l’on a régulièrement avec les parents et les jeunes, ils souhaitent avoir des formations assez généralistes pour pouvoir commencer leur activité professionnelle dans plusieurs secteurs d’activité potentiellement. C’est une tendance que l’on observe. Il ne faut pas chercher à lutter contre, mais trouver des solutions et s’adapter à cette situation-là. Notre réponse, face à cela, c’est de continuer à soutenir l’ensemble des CFA qui proposent des formations avec des spécialisations en industrie laitière et transformation fromagère. Donc, pour pallier cela, on va proposer aux jeunes qui viennent d’autres écoles, avec des formations plus généralistes, de leur apporter cette spécialisation laitière et fromagère dont on a absolument besoin. En faisant cela, on répond à l’idée de nous engager pour l’employabilité des jeunes en créant un CFA dédié aux métiers de l’industrie laitière et de la transformation fromagère. Cela ne vient pas en concurrence des autres écoles, mais en complément. C’est une réponse additionnelle pour pérenniser cette spécialité laitière et fromagère.

Vers quels métiers allez-vous former vos futurs apprentis  ?

J.-B. V. Nous avons quelques métiers qui sont en tension : avant tout les métiers de la production et de la maintenance. Ce sont sur ces deux métiers en particulier que l’on souhaite créer ce CFA et proposer des formations à destination des jeunes pour les former aux spécificités de l’industrie laitière et de la transformation fromagère. La problématique de la maintenance industrielle est mondiale. On a tous des difficultés à avoir des personnels formés pour travailler dans ce secteur. Ce métier ne doit pas assez attirer. On espère que le fait de proposer, à la fois, une formation de qualité et un emploi nous permettra d’être plus attractifs dans ce secteur de la maintenance.

Quand ce CFA va-t-il ouvrir et avec quel nombre d’apprentis ?

J.-B. V. Ce projet a pour but de démarrer en septembre ou octobre de cette année. Ensuite, on va monter en puissance sur les trois prochaines années avec l’objectif, à terme de ces trois ans, de former 150 jeunes et de pouvoir maintenir ce seuil chaque année.

Ou sera situé ce centre ?

J.-B. V. Le lieu n’a pas encore été précisément choisi, mais on souhaite que ce CFA soit implanté dans le berceau historique et culturel du groupe Lactalis. Donc il sera à Laval et à proximité du siège historique de l’entreprise, car nous pensons que, au-delà de l’enseignement, c’est aussi permettre aux jeunes de s’immerger dans une culture d’entreprise et dans les valeurs de l’entreprise. En implantant ce CFA à proximité de notre siège, c’est la possibilité supplémentaire qui nous est offerte de diffuser cette culture et ces valeurs à ces jeunes qui nous rejoignent. Et puis, nous avons déjà un centre de formation interne avec un certain nombre de salles qui va nous permettre d’accueillir la première promotion.

Dans le détail, quelles formations vont pouvoir y être suivies ?

J.-B. V. Sur les métiers de la production, on va recruter des jeunes pour des formations post-bac pour les préparer à des métiers de type pilote de ligne, pilote d’installation. Seconde formation et second niveau d’études : on va recruter des jeunes en sortie de BTS ou de licence pour les préparer aux métiers de chef d’équipe en production. Troisième niveau d’études : des jeunes qui sortiront de formation d’ingénieur pour les préparer à des fonctions d’ingénieur de production et à des fonctions de responsable d’atelier ou responsable d’exploitation. Sur les métiers de la maintenance, on va recruter des jeunes en sortie de BTS ou de licence pour des métiers de technicien de maintenance chez nous.

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