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Baie de la Fresnaye : Saisir les opportunités pour construire un système autonome !

Un panel d’accompagnements techniques permettent aux exploitants de la baie de La Fresnaye de faire évoluer leurs systèmes vers plus d’autonomie et un moindre impact environnemental. L’occasion pour les associés du Gaec Le Couverlay qui en ont bénéficié, de faire un bilan du fonctionnement de leur exploitation et de réfléchir, avec les partenaires techniques, à d’éventuelles évolutions à court ou moyen terme.

Émilie Kermeur, aujourd’hui associée à sa mère, prochainement à son frère Lucien, en production laitière sur 72 hectares.

"Ces accompagnements nous permettent d’avancer dans nos objectifs pour évoluer vers un système plus herbager, être plus autonome sur l’alimentation du troupeau et les intrants sur les cultures, apprécie Lucien Kermeur, bientôt associé à sa sœur Emilie sur l'exploitation familiale. Nous souhaitons construire un projet encore plus respectueux de l’environnement… et viable économiquement comme humainement !".
Dans le cadre du programme d'actions du bassin versant et du plan de lutte contre les algues vertes, Dinan Agglomération et Lamballe Terre et Mer ont organisé le 2 juillet une porte ouverte au Gaec Le Couverlay à Saint-Denoual. Destinée aux agriculteurs, cette porte ouverte était proposée en partenariat avec la chambre d'Agriculture, le GAB, le Cedapa et Innoval. Cet article présente les différents types d'accompagnements et les résultats concrets obtenus.

Un projet encore plus respectueux de l’environnement… et viable économiquement comme humainement.

Accompagnements techniques et économiques

De multiples accompagnements techniques et économiques sont proposés aux agriculteurs dans le cadre du Plan de lutte contre les algues vertes sur la Baie de la Fresnaye.
Pris en charge financièrement à 100 %, ils sont réalisés par les techniciens des structures agricoles partenaires du plan. Gestion de l’azote, de l’herbe, évolution du système de production, désherbage mécanique peuvent être abordés sur simple demande auprès de l’organisme de conseil. Les techniciens bocage et milieux aquatiques de Dinan Agglomération sont aussi à la disposition des exploitants pour des plantations de haie, de talus ou de restauration de zones humides…

 

Contact : Pour plus d'informations sur les accompagnements proposés sur la Baie de la Fresnaye, contactez Anne-Cécile Verger Dinan Agglomération au 06 67 82 38 50.

 

Améliorer la conduite du pâturage et maintenir les performances technico économiques du troupeau laitier : une priorité

Avant l’accompagnement technique "gestion de l’herbe" (financé dans le cadre du plan de lutte contre les algues vertes) le rendement herbe était déjà satisfaisant :
- 4 mois de fermeture de silo (pour un système 28 ares/vache)
- 2,3 t de MS valorisées par vache
- 9,55 t/Ha de rendement herbe
Cependant, les résultats techniques et notamment le niveau de production tendaient à chuter au printemps/été lorsque les vaches étaient en ration 100 % pâturage (-1 000 kg de lait). Suite à ces constats et en observant la gestion du pâturage, plusieurs axes de travail ont été identifiés :
- Suivre la conduite du pâturage grâce à la prestation "gestion de l’herbe" (mesure herbomètre, suivi de la pousse…)
- Rehausser les hauteurs sorties (viser 4 à 5 cm herbomètre) afin de limiter le surpâturage pour favoriser la repousse et maintenir le niveau d’étable des vaches laitières.

À l’issue du suivi, le bilan de l’année 2020 est satisfaisant et le coût alimentaire se maintient à 53 € par 1 000 l : + 400 kg d’herbe pâturée par vache / + 0,6 t par ha de rendement herbe / + 327 l de lait livré par vache.

Contact : Célia Guegan – Innoval - 06.37.09.96.93

Un système d’exploitation évoluant vers plus d’herbe et économiquement performant !

AÀ travers la présentation des résultats technico-économiques du groupe de producteurs Saint-Brieuc-Baie de la Fresnaye, le Cedapa a pu démontrer, chiffres à l’appui, que le Gaec Le Couverlay évolue vers un système plus herbager tout en conservant de bons résultats économiques. En effet, entre 2018 et 2020, si d’un côté le nombre de vaches laitières a légèrement augmenté (de 59 à 63 VL pour une production de 6 300 l par VL), de l’autre côté, les concentrés ont diminué grâce à la fermeture du silo au printemps, et la part de pâturage a augmenté. Ces évolutions ont permis une diminution drastique du coût alimentaire de 22 €/1 000 l.
Si la marge brute est directement corrélée au prix du lait, les bons taux obtenus de manière constante permettent cependant à l’exploitation de dégager de bons résultats autour de 314 €/1 000 l, supérieurs à la moyenne du groupe. En 2020, les associés ont pu finalement dégager un revenu de 30 945 € par UTH sur les ateliers lait et porcs.

Contact : Morgane Coulombel – Cedapa  - 07.64.44.45.21

Réduire le coût et les phytos pour désherber le maïs, c’est possible

Cohérents avec la recherche d’autonomie sur l’élevage, les associés veulent aussi optimiser la conduite des cultures. Le coût du désherbage du maïs au-dessus de la moyenne est visé. Ils souhaitent aussi tirer profit des outils de désherbage mécanique disponibles auprès des Cuma locales partenaires (herse étrille, bineuse). L’accompagnement technique proposé par la chambre d’Agriculture sur le territoire pour mettre en œuvre le désherbage mécanique était l’occasion de se lancer ! Deux stratégies ont été déployées sur l’exploitation en 2021, ajustées selon le suivi de culture qui a permis de positionner un hersage avant la levée du maïs sur toute la surface. Sur 10 ha, un rattrapage chimique ciblé et à dose réduite a ensuite été adapté en raison des repousses de graminées difficiles à gérer en mécanique. Sur le maïs semé plus tard l’objectif était 100 % mécanique… Cette campagne difficile a malheureusement empêché le binage. Un traitement chimique limité au seul tour de parcelle a complété les 2 hersages.
Si le résultat final sera appréciable après l’ensilage, Emilie et Lucien sont plutôt satisfaits, même si le froid puis l'humidité ont compliqué cette 1re année test. Les prochaines devront conforter cette expérience, en individuel, ou pourquoi pas dans le cadre d’un groupe ?

Contact : Frédérique Canno - Chambre d'agriculture - 06 30 69 64 21

Conversion bio : opportunité qui valoriserait les évolutions en cours

La ferme présente de nombreux atouts pour une conversion bio de l’atelier laitier : 40 ha accessibles, très bonne conduite du pâturage, frais vétérinaires maîtrisés, bon potentiel agronomique des sols, expérimentation du désherbage mécanique sur maïs et situation financière saine. Pour aller en AB, les associés devront faire évoluer la ration hivernale vers deux tiers d’herbe afin de se passer de concentré, développer le pâturage pour atteindre 5 à 6 mois en plat unique, implanter des prairies de fauche sur les parcelles non accessibles afin de produire des stocks d’herbe pour l’hiver et allonger les rotations.
Une projection de l'assolement possible en AB a été réalisée (voir graphiques ci-dessous). Elle est basée sur un système fourrager 100 % autonome qui permettrait de livrer 350 000 à 385 000 l par an (5 000 à 5 500 l/VL sur la base de 70 VL présentes). Cela conforterait la viabilité économique de la ferme tout en limitant son impact sur le milieu dans le contexte de la Baie algues vertes de la Fresnaye.
Pour aller plus loin, les associés pourront solliciter une étude technique et économique approfondie sur leur projet de conversion bio.

Contact : Guillaume Michel - GAB 22 - 07 76 91 27 68

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