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Pour préserver l’abeille, des techniques agricoles simples

Cultivateur à Remungol (56), coopérateur, Bruno d’Hautefeuille témoigne* de l’évolution de ses pratiques. Objectif ? Offrir de meilleurs gîtes et couverts aux abeilles. À la clé, un gain de temps et d’argent : le duo gagnant pour voir se généraliser couverts intermédiaires, plantes compagnes, désherbage mécanique et traitements de précision...

Les cultures intermédiaires, une richesse de nourriture pour les abeilles à des périodes de "trou" alimentaire.

165 hectares dont 115 irrigables, un assolement diversifié de blé, maïs, colza, pois, épinard, haricot et des couverts, des bandes mellifères et 13 kilomètres de haie…, ce parcellaire destiné aux cultures et légumes que Bruno d’Hautefeuille conduit seul sur sa ferme, est encore bocager. L’administrateur d’Eureden, élu de la chambre d’agriculture, décrit l’évolution de ses pratiques profitables notamment aux abeilles. Un engagement pris voilà quatre ans au sein d’une charte passée avec sa coopérative. Il la traduit aussi par l’accueil sur ses cultures, de ruches, nourri d’échanges avec l’apiculteur, "pour être complémentaires". Aux bandes mellifères s’ajoutent désormais des couverts de phacélie, avoine, tournesol, sorgho…, mais pas que.

 

Compagnes à la campagne

Fini le semis de blé en novembre après la récolte de pois en fin juin-juillet. Place aux inter-cultures. "Entre, je sème des couverts que j’exporte immatures juste avant de semer mon blé en novembre. C’est une ressource alimentaire pour les abeilles à une période où elles en manquent", décrit-il, ravi d’un sol qui récupère de la biomasse, et la parcelle occupée reste propre. "Avant de semer mes céréales, je n’ai pas besoin de désherber", enchaîne l’homme pointu sur ses pratiques qui induisent une baisse d’utilisation des phytos. Idem avec l’implantation de plantes compagnes avec le colza associé "à du trèfle d’alexandrie et du trèfle blanc qui apparaît après récolte : ça occupe l’espace, nourrit les abeilles et on ne désherbe plus". Autre avantage ? "La présence du trèfle perturbe les altises et permet de supprimer un insecticide à l’automne", poursuit Bruno d’Hautefeuille. Pour contrer les attaques de mélighètes au printemps, toujours sur le colza, "on sème un mélange avec une variété plus précoce, qui va fleurir avant le colza et attirer ces petits coléoptères. Plus besoin de faire un insecticide".

abeille

Techniques simples, d'autres plus complexes

L’atout de ces solutions techniques qu’il pratique ? "Elles sont simples, faciles à mettre en œuvre et peu coûteuses", donc simples à généraliser. Côté désherbage mécanique et semoir, ce cultivateur s’intéresse à la technique de l’éco-mulch, en cours de mise au point. Alors, il utilise aussi la herse étrille mise à disposition par la coopérative à ses adhérents. "J’arrive à supprimer un désherbage (chimique) grâce à cela". Et de pointer aussi l’arrivée de nouveaux pulvérisateurs qui peuvent travailler uniquement sur le rang ou sur la plantule à traiter, issus des nouvelles technologies du numérique. "Ils vont nous aider à remplacer et diminuer l’utilisation de produits phytosanitaires. Il faut juste nous laisser un peu de temps pour que la technique soit éprouvée. Cela peut aller très vite", dit-il, encourageant, quand le monde apicole est aux abois (lire encadré ci-dessous)… Bruno d’Hautefeuille évoque aussi les procédés de biocontrôle qui font leur apparition sur son exploitation. "Le Contans est un champignon prédateur du Sclérotinia qui parasite le haricot".
Ces nouvelles techniques et ces matériels innovants sont des leviers à disposition des agriculteurs pour s’affranchir de l’utilisation des pesticides dont une baisse d'utilisation de 50 % est toujours attendue.

 

*Troisième et avant-dernier volet, des conférences en ligne consacrées ce mois d’octobre à une meilleure inter-connaissance entre apiculteurs et agriculteurs. Elle sont le résultat d’un partenariat en ADA Bretagne et la chambre d’agriculture de Bretagne autour du projet Survapi.

 

Ecophyto 1, 2...

La baisse des ventes des substances actives phytosanitaires de 13 % n’augurait pas du respect de l’objectif fixé à 50 % fin 2020 par le plan Ecophyto. Promesses non tenues même si l’emploi des substances actives les plus nocives a chuté de 28 %, en raison du retrait des molécules les plus préoccupantes. Dans le plan Ecophyto 2, les fongicides restent toujours dans le viseur et l’objectif de réduction demeure au même niveau : -50 %. À noter que parallèlement à la tendance baissière de vente des substances actives de produits phytos, on observe une hausse de 78 % des substances de biocontrôle.

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