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La pression phytosanitaire se maintient

1 230 produits phytosanitaires ont été vendus en Bretagne en 2019, soit 6 600 tonnes. Leur nombre mis sur le marché diminue de 5,8 % par rapport à 2015, année de référence*. Pour autant, les quantités distribuées progressent de 1,8 %. La montée en puissance des produits de bio-contrôles marque une évolution des pratiques. C’est ce que révèle l’observatoire de l’environnement en Bretagne (OEB).

1 230 produits phytosanitaires ont été vendus en Bretagne en 2019, soit 6 600 tonnes.

Mises à jour sur le site de l’Observatoire de l’environnement en Bretagne depuis respectivement les 9 et 18 novembre derniers, "l’évolution des ventes de produits phytosanitaires en Bretagne" et "l’analyse des ventes de produits et substances phytosanitaire" révèlent un fait. La pression phytosanitaire ne s’y allège pas même si le nombre de substances actives vendues régresse (-5,8 %), reflétant la diminution des solutions autorisées sur le marché depuis 2015. 71 % d’entre elles demeurent quant à leur classement (au titre de la redevance pour pollution diffuse) dangereuses pour l’environnement (51 %) et toxiques pour l’homme (20 %).

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Effet de stock de 2018

Après un bond des quantités achetées en 2018 (+27.4 % par rapport à 2015), la baisse de 19,6 % en 2019 (toujours par rapport à 2015) traduit un retour à la normale après l’effet de stock réalisé en prévention de l’augmentation de la redevance pollution diffuse au 1er janvier 2019 ou encore l’annonce du retrait de certaines substances actives et la fin de rabais commerciaux… "Si on gomme cet artefact en moyennant les données de vente sur 2018 et 2019, on n’observe pas de tendance significative depuis 2015", précise
l’auteure de ces publications (cf encadré Pratique), Élodie Bardon. Ainsi, les données mises en ligne sur le site de l’OEB, sous forme de data visualisation interactive proposant des analyses par territoires et/ou par substances depuis 2015, le confirment. "On ne peut pas vraiment parler de baisse", résume la cheffe de projet du pôle eau de l’OEB, organisme dont l’objectif est de faciliter l’accès à l’information environnementale.

Une transition notable, mais encore éloignée de l’objectif fixé par le plan écophyto II.

 

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Biocontrôle, recours en hausse

"Une tendance commence cependant à s’afficher sur les substances "naturelles" entrant dans la composition de produits phytosanitaires de bio-contrôles, pour la plupart autorisés en agriculture biologique et dans l’espace public", poursuit-elle. C’est notamment l’huile de vaseline utilisée par exemple comme insecticide sur la pomme de terre. Une huile (11,7 % des quantités de substances actives vendues en 2019) qui figure en deuxième place du "top ten" (2) des substances actives les plus utilisées en Bretagne, après le glyphosate, (14,8 % des quantités de substances active vendues en 2019). C’est aussi le cas du soufre, "un fongicide dont l’utilisation augmente ces dernières années de manière significative", note cette spécialiste. "Une analyse excluant ce type de substances montre une baisse plus nette des quantités vendues, synonyme d'un début de changement de pratiques, notamment dans des systèmes non AB cherchant à réduire leur usage de substances artificielles", indique Élodie Bardon. Une évolution de pratiques qui témoigne d’une transition notable, mais encore éloignée de l’objectif fixé par le plan écophyto II avec réduction de 50 % de l’utilisation des phytosanitaires d’ici 2025.

 

*Depuis 2009, suite à la mise en place de la redevance pour pollutions diffuses instaurée par la loi sur l'eau et les milieux aquatiques (Lema), les informations relatives aux ventes de produits phytosanitaires à usage agricoles (hors biocides), déclarées par les distributeurs de ces produits, sont bancarisées (BNV-d) Dans le cas des usages agricoles, ces données de ventes sont disponibles depuis 2015 à l’échelle du code postal des sièges d’exploitations. Sur la base d’un référentiel fournissant la composition des produits, les quantités de produits vendues sont converties en quantité de substances actives vendues.

 

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Pratique :
- 9 novembre : https ://bretagne-environnement.fr/evolution-ventes-produits-phytosanitaires-bretagne-datavisualisation
- 18 novembre : https ://bretagne-environnement.fr/analyse-pression-phytosanitaire-bretagne
- Dossier complet sur les pesticides en Bretagne : https ://bretagne-environnement.fr/pesticides-phytosanitaires-biocides-bretagne-dossier

 

Évolution des usages

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Depuis 2015, 77 % des quantités de produits vendus en Bretagne étaient à usages herbicide et fongicide. En 2019 cette part a diminué, passant à 63 % au profit des produits à usage insecticide qui atteignent 28 % des quantités vendues. Une hausse significative imputable en partie à l'interdiction de l'usage des néonicotinoïdes en traitements de semences, non comptabilisés, qui a donné lieu à un report sur des traitements par pulvérisation, et donc l'achat de produits spécifiques. La pression croissante de la pyrale ainsi que la lutte contre le taupin peuvent également expliquer la hausse des ventes d'insecticides. L'augmentation des quantités de produits vendus peut être attribuée à l’utilisation de phytosanitaires qui s’utilisent à des doses plus importantes à l’hectare par rapport aux produits auxquels ils se substituent, car moins efficaces, note la rapporteure de cette étude.

 

Réduire sur le modèle des fermes Dephy

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Réduire de 50 % les usages de pesticides d’ici 2030, c’est l’objectif de l’Union Européenne affirmé dans le Green Deal et sa stratégie "Farm to Fork", du champ à l’assiette. Priorité affichée dans les politiques agricoles partout en Europe, la mobilisation des agriculteurs est essentielle pour assurer ce changement de pratiques. Inspiré de l’expérience française du réseau de fermes Dephy, le projet européen H2020 IPMWorks a pour objectif de mettre en place un réseau d’agriculteurs à l’échelle européenne pour faire la démonstration de stratégies de Protection Intégrée des Cultures (IPM, pour Integrated Pest Management, en anglais) à faible usage de pesticides, et promouvoir l’adoption de ce type de stratégies en favorisant l’échange d’expériences et de connaissances entre agriculteurs. Coordonné par l'Inrae, et engageant 31 partenaires de 16 pays européens, dont Acta - les instituts techniques agricoles et l’APCA - Chambres d’agriculture France en France, IMPWorks est officiellement lancé cet automne 2020 pour une durée de quatre ans. / Agra

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