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Le chrysanthème, bien plus qu’une fleur de Toussaint !

Loin des grosses fleurs jaunes ou blanches d’il y a quelques dizaines d’années, le chrysanthème offre désormais une large palette de couleurs, de variétés et d’inflorescences. Et son riche patrimoine génétique offre un formidable terrain de jeux aux obtenteurs, qu’ils soient professionnels ou amateurs. Une passion que cultive Gwénolé Scordia depuis le lycée.

Passionné par le végétal, Gwénolé Scordia s’est lancé dans l’hybridation des chrysanthèmes il y a 3 ans.

Quatre variétés en 2019, autant en 2020 … En chrysanthème comme dans le reste du monde végétal, la création variétale est un travail de longue haleine. Et Gwénolé Scordia commence tout juste à récolter les premiers fruits de ses croisements, sachant qu’il lui faudra encore une année ou deux de tests avant de les valider définitivement.
Mais comment devient-on obtenteur quand on a à peine 20 ans ? Petit retour en arrière. "J’ai toujours suivi mes parents et mes grands-parents au jardin". Une passion qui, au moment de choisir ses études, le mènera tout naturellement vers un BEP puis un bac pro horticole, une filière qui englobe aussi le maraîchage, l’arboriculture, les pépinières…

chrysanthème

Passionné par le végétal

Au lycée de l’Aulne, à Châteaulin (29), son prof d’horticulture le met en contact avec le Cercle des amateurs de chrysanthèmes, une association à laquelle il adhère dès la classe de Première et une fleur qu’il côtoie depuis ses 14 ans et son premier job d’été aux serres de Runeven, à Briec. "C’est mon arrière-grand-père qui a fondé l’entreprise, aujourd’hui tenue par un cousin de mon père. Une entreprise où on a tout le temps cultivé du chrysanthème".
Et de fil en aiguille, la passion familiale le gagne aussi. "En Terminale, en partenariat avec le Cercle, l’école a proposé le fleurissement de l’ancienne abbaye de Landévennec, au moment de la Toussaint. Et je me suis occupé d’une bonne partie des chrysanthèmes, durant l’été".
En 2018, il part effectuer un stage de trois jours dans le Jura, au sein de l’association, pour apprendre l’hybridation. De quoi mêler sa passion du végétal et son goût pour "créer, fabriquer, inventer dans plusieurs domaines", indique ce féru de technique, toujours à l'affût de nouveautés.

La création variétale demande de la patience !

chrysanthème

Une floraison une semaine avant la Toussaint

De retour dans le Finistère, il se lance dans ses premières créations variétales. "Au fil du temps, les petites fleurs, ou pompons, ont remplacé les grosses fleurs", note l’obtenteur. Et si le jaune représente toujours la plus grosse part du marché, le blanc, le rouge/orangé ou le rose se développent aussi. "Les fleurs bicolores et les couleurs originales sont très en vogue. Ainsi que les fleurs vertes". Des indications qui vont aussi guider ses choix.
À partir, entre autres, de boutures fournies par le Cercle, il cultive de nombreuses variétés de chrysanthèmes. Mises à germer puis repiquées, les graines obtenues par hybridation seront notées au fil de la saison, selon différentes critères : feuillage, vitesse de croissance, développement, couleur... "Il faut que la variété soit suffisamment rustique pour passer l’hiver, avec une floraison et des boutons une semaine avant la Toussaint".

chrysanthème

Un travail de longue haleine

La création variétale demande de la patience ! "Sur 120 graines, je viens de repiquer 68 variétés. Et il ne m’en restera que deux d’ici deux ans". Mais depuis trois ans qu’il pratique l’hybridation, il a déjà repéré quelques variétés intéressantes, aux couleurs éclatantes, aux pétales multicolores... Et plusieurs solutions s’offriront à lui, une fois son choix validé : les vendre, toucher des royalties sur la multiplication des boutures ou les exploiter lui-même, une solution qui le tente. "J’aimerais bien m’installer à mon compte d’ici quelques années. J’aurais déjà ma propre base variétale". En attendant, c’est en amateur que le chef de culture d’une exploitation légumière bio de La Roche Maurice (29) mène ses recherches. "D’année en année, je cultive de plus en plus de chrysanthèmes. J'y consacre un budget de plus en plus important : pots, substrats, irrigation, matériel... A partir de cette année, je vais donc commencer à vendre une partie de ma production, pour essayer de compenser le coût de la recherche".

chrysanthème

Une association de passionnés

 

Le Cercle des amateurs de chrysanthèmes a été fondé en 2006 et avoisine désormais les 170 adhérents, répartis sur l’ensemble du territoire français. L’association se fixe pour objectifs de promouvoir le chrysanthème, de faire connaître son histoire, sa culture et de changer le regard sur cette fleur, afin de ne plus la cantonner aux seuls cimetières, au moment de la Toussaint.
Basée à Pointre, dans le Jura, où une grande partie de la collection variétale est conservée, elle souhaite perpétuer un savoir-faire français et propose des formations à l’hybridation. "Il n’y a pas si longtemps, il y avait de nombreux obtenteurs en France, indique Gwénolé Scordia. Il n’en reste plus que trois, les autres entreprises ayant été rachetées par des Allemands, des Hollandais…".
Disposant d’un site Internet, cercledesamateursdechrysanthemes.fr, l’association devrait d’ici peu être également présente sur les réseaux sociaux.

 

chrysanthème

 

Une fleur de cimetière depuis 1919

Symbole de longévité en Chine, fleur impériale au Japon, le chrysanthème est, en France, principalement utilisé pour honorer les morts. Originaire d’Asie, il arrive en Europe à la fin du 17e siècle et en France quelques années plus tard. Et ce n’est qu’en 1919 qu’il fait une première apparition dans les cimetières, Clémenceau ayant invité les citoyens à fleurir les tombes des soldats morts pour la France pour le premier anniversaire de l’Armistice, le 11 novembre. L’habitude est prise et peu à peu, les chrysanthèmes serviront aussi à la Toussaint et pour la fête des morts, le 2 novembre.

 

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