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Légumes, l’enjeu de la conservation

Alors que les dernières patates douces françaises font figure d'exception en cette saison sur les étals, comme le potimarron, comment lever les verrous du développement de leur production en France tandis que nos assiettes en raffolent ? L’un des nombreux sujets abordés par le CTIFL à la faveur du second volet de ses rencontres techniques.

Améliorer la conduite de la patate douce, un défi pour augmenter et prolonger l’offre française très concurrencée par l’importation.

"Profitez-en, ce sont mes dernières patates douces", prévient en cette mi-mars le maraîcher d’Etel présent sur le marché d’Auray (56). Elles y font figure d’exception. Car pour mettre au menu cette plante qui connaît un véritable engouement dans les assiettes françaises, c’est à l’importation, très présente déjà en pleine saison, qu’il faut souvent recourir dès septembre… "L’origine France ne couvre pas l’offre, c’est un produit demandé. 40 % de la patate douce est française en pleine saison sur deux mois, tout le reste, c’est de l’import", constate Maxime Davy, ingénieur d’essais plein champ du CTIFL. Dommage car la patate douce, c’est "la rencontre d’un potentiel technique et d’une opportunité de marché", affirme ce spécialiste qui planche sur sa conduite. Un mariage prometteur en somme pour un légume qui a le vent en poupe, "que les enfants adorent", mais dont le coût de production, "de 2 à 2,5 euros par m2", est important, déterminé par celui du plant. "Il est énorme, c’est 50 % des charges". Pour une bonne rentabilité, "il est impératif de s’intéresser à la production de plants à la ferme", cadre Maxime Davy. D’autant que cultiver la plante est risqué : elle est tropicale, raffole d’eau et de chaleur. "Elle est sensible au stress hydrique et ne survit pas à une température inférieure à 12 °C", et donc sa conservation, n’est pas aisée : entre 15 et 20 °C, les travaux se poursuivent car "c’est le défi à relever pour prolonger l’offre française".

La rencontre d'un potentiel technique et díune opportunité de marché.

Au bain !

Plongez-le dans l’eau ! Mais chaude, la comptine enfantine peut s’appliquer au potimarron pour allonger (sans transformation) sa conservation ! Tels sont les résultats des travaux de thermothérapie que Patricia Sanvicente, chargée de programme, a mené notamment sur cette courge pour garantir ses qualités post-récolte. La station expérimentale de Kerplouz (Auray), des chambres d’agriculture de Bretagne, travaille de son coté tant sur les choix variétaux que l’optimisation des dates de récoltes avec "des résultats très attendus". Car le potimarron est très apprécié des consommateurs et du coup, des maraîchers, leur permettant de diversifier leur production. Mais il est difficile à conserver au-delà de deux mois après récolte, "on voit apparaître la pourriture". Pour s’en prémunir et relever le challenge de sa conservation à bonne température, l’ingénieure du CTIFL a mené quatre série d’essais de thermothérapie en post récolte sur la variété Orange Summer. Les courges ont ainsi été immergées durant deux minutes à 58 ou 60 °C. "98 à 100 % de celles traitées ainsi étaient commercialisables, trois mois après la récolte, et de 73 % à 100 % suivant les lots cinq mois après récolte". Une voie pour allonger ainsi la période de commercialisation.

Légumes

Pour un plat de lentilles

Le marché des fruits et légumes en France représente 187 milliards d’euros, (dont 11 milliards pour le bio). Un marché qui pèse pour 17 % du secteur frais alimentaire (+ 10 % durant le premier confinement). En bio, les quantités achetées ont progressé de 20 % en 6 ans. Le trio carotte, tomate, courgette se taillent 60 % des achats des ménages en légumes, coté quantité. La Bretagne, la Nouvelle Aquitaine et l’Occitanie produisent 45 % des légumes français. L’appétence pour le légume ne cesse de croître en France, elle a été notamment multiplié par trois pour le légume frais bio en 10 ans quand elle était multipliée par huit sur le même laps de temps pour le légume sec : lentille et pois chiche qui connaissent un vrai engouement, notamment pour leur qualités nutritionnelles.

 

Emballage plastique, une fin programmée

Le premier janvier 2022, la vente au détail de fruits et légumes sous conditionnement plastique sera interdite (Loi Agec). Un contexte réglementaire qui pousse à trouver des solutions d’emballage autres, biosourcées : cellulose de bois ou de papier, carton, feuilles de palmier, pulpe de coton, de canne à sucre...

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