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Pin maritime, le résineux du futur

Avec 70 % des pins maritimes bretons implantés en Morbihan, ce résineux préoccupe tout autant qu’il intéresse. Mature entre 45 et 60 ans, déclinante, sa ressource est cependant primordiale pour le futur du bois d’œuvre breton, issu à 85 % de résineux. Essence tout terrain, adaptée au réchauffement climatique, l’objectif est de mobiliser pour la replanter.

Démonstration d’une sylviculture dynamique sur pin maritime à Noyal- Muzillac, vendredi dernier à la faveur de l’assemblée générale de Fransylva Morbihan.

 

 

 

"Il n’est pas question de transformer la Bretagne sud en département des Landes et de planter du pin maritime comme on plante du maïs", cadre Eric de Jenlis, président de Fransylva Morbihan. L’association agrège les propriétaires de la forêt privée, 550 en Morbihan. Reste que l’essence intéresse, voire plus. En effet, les résineux offrent à la Bretagne 85 % de son bois d’œuvre. Mais au fil des ans, arrivée à maturité, la très abondante ressource en Epicéa de Sitka, "exploitée jusqu’à 450 000 m³ en 2014-2015", situe Pascal Favrel, technicien forêt de la DDTM, s’est amenuisée. Et le transfert d’intérêt s’est reporté vers le pin maritime, "100 000 m³ par an depuis 2016 et la récolte progresse", tout comme le besoin. Reste qu’il faut 45 à 60 ans, avec une sylviculture dynamique et bien menée, pour que l’essence offre à son terme, "450 à 500 m³ par ha au lieu des 220 m³ sur des peuplements délaissés", poursuit Xavier Grenié du Centre Régional de la Propriété Forestière.

Transport, emballage, construction, bois díúuvre...
Primordiaux pour l’économie du bois en Bretagne, notamment en matière d’emballage et le transport, les résineux sont donc une ressource convoitée. "On pourrait élargir son utilisation au bois d’œuvre et à la construction", ambitionnent les promoteurs du Pin maritime. Pour pallier le déficit des autres essences, c’est donc vers cet arbre planté à partir du 19e siècle que les regards convergent. Une essence prête au bout de 50 ans de soins ! Une pousse plutôt rapide dans le domaine des bois. Mais voilà, "on observe des coupes rases de pin maritime, conséquence de la baisse de ressource en résineux", constatent ces spécialistes de la forêt qui pointent l’enjeu du renouvellement en peuplement "productif, c’est capital pour la filière forêt-bois bretonne", cadre Eric de Jenlis. Alors pour que cette espèce pionnière, exigeante en lumière mais pas en terre ni humidité, s’épanouisse en volume et rectitude, une sylviculture dynamique est recommandée. Et face au morcellement des parcelles, à faible productivité, générant donc de faibles revenus, sans plan de gestion durable, le syndicat propose son plan d’actions.

Mobiliser et se regrouper
Après ces coupes claires, la mobilisation sera donc de mise entre DDTM et CNPF pour identifier les propriétaires, les mobiliser "et impliquer les élus avec des réunions en mairie". Outre l’aspect réglementaire, c’est tout l’aspect économique et le recours au programme Breizh forêt qu’il s’agit de mobiliser. À Saint-Martin-sur-Oust où sur 406 ha, près de 15 % de la surface forestière est à reconstituer ou bien sur le massif des landes Pinieux à Sérent, des actions de regroupement ont permis reboisement et entretien. "Avec moins d’un hectare par propriétaire, le coût de revient par propriétaire est de 3 250 euros". Levier ? L’ ASL de gestion forestière, une Association Libre Syndicale où chacun des adhérents reste propriétaire de sa parcelle mais où les travaux sont réalisés en commun et mutualisés, jusqu’à la vente du bois avec des moyens d’animation du CNPF. En somme,"pour assurer une sylviculture dynamique qui garantisse un approvisionnement régulier en bois de qualité, il faut mobiliser autour des propriétaires", résume Eric de Jenlis.

 

Repères

Originaire des Landes de Gascogne, le pin maritime occupe 25 000 ha en Bretagne, première essence résineuse de la région. En Morbihan, département le plus boisé de Bretagne avec un taux de boisement de 18 %, la forêt compte 2/3 de feuillus pour 1/3 de résineux. Dans ce paysage, le pin maritime occupe un peu moins de 20 % de la surface forestière totale et compte pour 60 % des résineux du département. Ce département accueille 70 % des peuplements de pin maritime de Bretagne

 

Châtaignier, clap de fin

Le changement climatique pourrait bien faire une victime de plus, le châtaignier, malade de "l’encre". Un arbre qui aura sauvé bon nombre de la famine. Mais le voilà menacé, au rang des espèces "condamnées, dont on connaît la cause.  À terme, cela va poser problème. Quand on doit renouveler un peuplement, votre souci de propriétaire, c’est de produire un bois de qualité. Ce n’est pas avec du châtaignier que vous le réaliserez demain", a mis en garde Xavier Grenié, ingénieur du centre régional de la propriété forestière.

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