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Plant de pomme de terre : une bonne année mais des producteurs inquiets

Si la campagne 2018-2019 de plants de pomme de terre s'est déroulée de manière satisfaisante, les producteurs bretons pointent un contexte difficile, avec des aléas climatiques plus fréquents et une réduction drastique des molécules à leur disposition pour protéger efficacement leurs cultures.

Dans les années à venir, la recherche variétale devra répondre au double défi de la résistance aux bioagresseurs et aux aléas climatiques, chaleur et sécheresse.

5 996 ha en 2018, 6 280 ha en 2019 : année après année, le plant de pomme de terre poursuit sa progression en Bretagne, tout comme le nombre de planteurs, 269 en 2018, pour une surface moyenne de 22,3 ha par exploitation. Avec 5 867 ha acceptés au contrôle, la région représente désormais 27 % des surfaces de plant français, loin derrière le Nord et ses 14 686 ha, pour un total national à 21 580 ha.

54 pays sont désormais destinataires du plant breton.

Une bonne année

L'assemblée générale de Bretagne plants, le 9 janvier dernier à Landivisiau (29) a d'abord été l'occasion de faire le point sur la campagne 2018-2019. "Le déficit de plants dans le reste de l'Europe a très largement profité à la Bretagne", analyse Jean-Yves Abgrall, son directeur. Ainsi, 62 000 t de plants ont été vendus sur le marché français, + 4 000 t en un an, et 110 940 t à l'export, soit une progression de pratiquement 10 000 t.

54 pays sont désormais destinataires du plant breton, dont 19 pour plus de 1 000 t. Et les principaux clients restent l'Égypte, 18 370 t, l'Algérie, 14 155 t, et la Tunisie, 13 150 t, loin devant le Sénégal, 6 140 t ou l'Espagne, 5 430 t. Si les variétés protégées représentent 45 % de la surface bretonne de plants, Spunta caracole toujours en tête, avec 47 506 t, loin devant Synergy, 9 100 t ou Universa, 8 398 t. Et la marge spécifique, la marge brute à laquelle on a retiré les frais de main d'œuvre occasionnelle, s'établit à 7 020 €/ha, en très nette progression par rapport aux quatre années précédentes.

Avec un rendement moyen dans la moyenne quinquennale, la campagne en cours s'annonce équilibrée, avec des prix en repli sur les marchés français et export. Et après des volumes record en 2018-2019, les expéditions continuent à croître vers l'Afrique de l'Ouest ou le Proche Orient, mais marquent le pas vers l'Algérie ou la Tunisie.

 

Bretagne plants

Un contexte compliqué

"Nous travaillons dans un contexte en plein bouleversement", affirme Dominique Morvan, le président de Bretagne plants. Du côté du climat, "les périodes de forte chaleur et de sécheresse semblent plus fréquentes". Une donnée dont devront tenir compte les obtenteurs, pour proposer des variétés plus résilientes.

"Et les pluies abondantes de cet automne ont compliqué les arrachages qui se sont exceptionnellement poursuivis sur novembre et décembre", pointe Jean-Yves Abgrall. Des conditions qui ont alourdi le travail des collecteurs bretons. "Les expéditions ont dû être décalées, relate Michel Cam, leur président. Et nous avons de réelles inquiétudes quant à la qualité des lots arrachés tard". Au 15 décembre dernier, plus d'une centaine d'hectares n'étaient toujours pas récoltés.

La baisse du nombre d'homologations de produits phytosanitaires interroge aussi les producteurs. "Ils sont indispensables à la production de plants de qualité, estime Dominique Morvan. Plusieurs molécules vont à nouveau être supprimées dans les années à venir, nous privant de solutions pour la protection des cultures". Depuis plusieurs années, la profession s'est attelée à la recherche de méthodes de lutte contre taupins et virus. "Nous devons proposer des solutions concrètes aux producteurs, y compris basées sur le biocontrôle, les auxiliaires, les plantes compagnes...". Sans oublier l'innovation variétale qui, là encore, aura un rôle à jouer, en proposant des pommes de terre plus résistantes aux bio-agresseurs.

 

Le plant bio en forte progression

Si le plant breton de pomme de terre connaît une croissance de l'ordre de 3 % par an, le plant bio, désormais cultivé par 33 producteurs, a progressé de 26 % en 2018. Avec 205 ha et 46 variétés, la Bretagne produit désormais 65 % du plant bio français. 
Initié en 2000, un programme spécifique d'expérimentation se poursuit sous la forme d'un partenariat entre Bretagne plants innovation et Aval douar beo, l'association qui regroupe des producteurs de plant et de consommation biologique de Bretagne. Si les essais portent principalement sur la lutte contre le mildiou, le rhizoctone, la gale argentée et la dartrose, ils abordent aussi la maîtrise des populations de taupins et la définition de programmes de fertilisation. "Le climat océanique et tempéré de la Bretagne est propice à l'obtention d'un bon état sanitaire pour les virus, rappelle Dominique Morvan. Et offre des conditions idéales pour le développement de la production biologique".

 

 

 

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