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Porc : la FNP dénonce le décalage du prix français avec ses voisins

La FNP dénonce une nouvelle fois le décrochage du prix du porc français et accuse les opérateurs de l'aval de faire pression sur le prix.

Par communiqués interposés, la FNP et Culture Viande ont entamé une bataille de chiffres.
© Archives D. Poilvet

Le décrochage de prix entre la France et les pays, Allemagne, Espagne, Danemark (prix payé aux éleveurs) - publié par le Marché du porc breton (MPB) - est net depuis la fin de l'année 2019 et s'accentue depuis le début de l'année 2020. Dans son communiqué du 14 avril, la Fédération nationale porcine (FNP) a dénoncé cet écart de prix français du porc, pointant un écart "de 15 centimes avec l’Espagne et l’Allemagne, et de 30 avec le Danemark". La FNP qui dénonce fréquemment ce décalage, reproche une moindre orientation française à l'export. Les trois pays cités "affichent des hausses moyennes de ventes vers les pays tiers de 30 % quand la France présente une baisse de 3 %". "La crise sanitaire ne doit pas être un prétexte", lance la FNP. Selon elle, le marché du porc est "propice", ce qui n'empêche pas "une baisse de l’abattage en France, contribuant à une sous-optimisation de la filière. Certains opérateurs en profiteraient-ils pour garder un prix à minima en leur faveur ?", accuse la FNP.

Une bataille de chiffres
La réponse de Culture Viande (syndicat des industriels) ne s'est pas faite attendre via un communiqué du 23 avril. "Un porc sur trois, équivalent viande, produit en France est aujourd’hui vendu en dehors de nos frontières", assure Culture Viande, qui rappelle l'augmentation des volumes exportés en janvier 2020 (+5 % vers toutes les destinations, +40 % vers la Chine). S'appuyant sur l'indicateur allemand des prix à la production (ISN), Culture Viande reconnaît que "sur les premiers mois de cette année 2020, le prix français est légèrement inférieur au prix allemand". Mais, "c’est sur une année complète qu’il conviendra de faire la comparaison", et avance que depuis deux ans, "le prix moyen du porc français a été supérieur à celui de l’Allemagne". S'agissant de cette dernière affirmation, le président de la FNP, l'éleveur morbihannais François Valy, s'insurge. "Je le dénonce ouvertement, c'est faux. Il y a un prix allemand calculé au MPB avec les gens de l'Ifip. Le mode de calcul est valide. Maintenant, eux ont leurs arguments chiffrés que nous allons étudier", indique le président, qui pourrait répondre au syndicat par un nouveau communiqué.

 

Le porc américain met le prix UE sous tension

Jeudi 23 avril, le cours du porc français a enregistré une baisse de 3,4 centimes à 1,478 €. "L’entrée dans la période des fériés qui nécessitera moins de porcs pour les abattoirs, associée à une demande impactée par la pandémie du Covid-19 a entraîné cette baisse du prix", indique le MPB dans sa note officielle. Une baisse qui "fait suite à la chute de 9 ct de la référence officielle allemande dans un contexte de demande en viande de porc très perturbée". Parallèlement les cours américains s'effondrent. D’après l’Ifip, le prix du porc a perdu outre-Atlantique 35 centimes de dollars (soit 32 centimes d’euros) "entre la dernière semaine de mars et la seconde du mois d’avril", conséquence d'un ralentissement brutal de l’activité des abattoirs, pénalisés par un absentéisme important dû à l’épidémie de Covid-19.
Alors que la demande de la Chine reste élevée, celle-ci profite de la situation pour faire pression sur l'Europe pour baisser les tarifs en faisant jouer la concurrence américaine. "Les Européens pourraient en faire les frais", car, "l’écart de prix entre les produits européens et américains est important", conclut l'Ifip.

 

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