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Queues longues : des solutions émergent sur paille et caillebotis

Afin d’accompagner les éleveurs vers l’arrêt de la coupe des queues, la recherche se mobilise pour trouver des alternatives fiables. Tour d’horizon des avancées avec Nicolas Villain de la chambre d’agriculture de Bretagne.  

La recherche poursuit ses efforts pour relever le challenge de l’arrêt de la coupe des queues dans les élevages. Nicolas Villain, chargé d’études bien-être animal à la chambre d’agriculture de Bretagne, a présenté plusieurs essais menés dans les stations expérimentales de Guernévez et de Crécom. Mêmes s’ils ne donnent pas encore toutes les clés, les résultats font état d’une équation certes difficilement maîtrisable, mais pas impossible.
Une première étude avait pour objectif d’évaluer la faisabilité d’élever des porcs à queue entière dans les conditions d’élevage françaises actuelles sur caillebotis, de la naissance à l’abattage. Les résultats ont montré que c’était possible, avec notamment 81 % des porcs qui ont conservé leur queue longue jusqu’en fin d’engraissement. Cependant, une large majorité des animaux a présenté des lésions d’intensité variable au cours de l’élevage. Le post-sevrage, stade associé à de nombreux stress, a été identifié comme la phase la plus à risque. Aussi, l’arrêt de la caudectomie n’a pas pénalisé les performances des animaux. Autre point à retenir : les matériaux manipulables distribués lors de l’essai (chaîne, corde, bois, paille en engraissement) n’ont pas permis d’éviter le déclenchement d’épisodes de caudophagie. " Cette étude confirme la nécessité de prendre en compte l’ensemble des facteurs de risque de caudophagie, et ce, dès le post-sevrage. De plus, à lui seul, l’enrichissement du milieu ne permet pas de sécuriser l’élevage de porcs à queue entière, sans caudophagie", a conclu Nicolas Villain.

Une maîtrise du risque plus facile sur paille
Dans la continuité de ces travaux, une deuxième étude sur des porcs logés sur caillebotis a débuté à la station expérimentale de Crécom. " Celle-ci doit permettre d’identifier plus précisément les facteurs de réussite de l’élevage de porcs à queue longue, mais aussi d’évaluer ses conséquences sur les résultats technico-économique et sur les conditions de travail", précise Nicolas Villain. Affaire à suivre. Entre temps, l’élevage sur paille n’a pas été oublié. Une étude conduite à Crécom sur des porcs logés sur litière accumulée a montré des résultats encourageants. Ces derniers seront présentés plus en détails à l’occasion des Journées de la Recherche Porcine 2021. Petit indice, depuis cette étude, les queues des porcs élevés sur litière à la station expérimentale de Crécom ne sont désormais plus coupées…
 

Bien-être animal : des besoins à mettre au premier plan

Hier, les animaux devaient s’adapter aux bâtiments. Aujourd’hui, c’est l’inverse. L’objectif est de les dessiner en fonction des besoins physiologiques et comportementaux des porcs. "Il ne s’agit plus seulement de considérer la santé animale ou de supprimer certaines émotions négatives comme le stress ou la peur, relate Yannick Ramonet, chargé d’étude bien-être animal à la chambre d’agriculture de Bretagne. Mais bien de prendre en compte les émotions positives chez l’animal au travers des relations sociales et du comportement de jeu par exemple". Par ses pratiques, l’éleveur participe fortement à la création et au renforcement de ces situations. Surface de logement, différenciation des zones de vie, maîtrise de l’ambiance, disponibilité des matériaux de manipulation… Ces paramètres impactent directement la qualité de vie des animaux et donc la prise en compte de leur bien-être.

Petit rappel réglementaire

La réglementation (directive 2008/120/CE) demande que tous les porcs aient un accès permanent à une quantité suffisante de matériaux permettant des activités de recherche et de manipulation. L’arrêté ministériel du 24/02/2020 précise le nombre et la qualité des matériaux manipulables en fonction de l’effectif de porcs dans les cases et du type d’animaux. Les matériaux sont répartis en trois catégories :
- Matériaux optimaux : matériaux organique sous forme de litière ;
- Matériaux sous optimaux : matériaux organique à base de produits naturel, bois, paille, cordes… ;
- Matériaux d’intérêt minime : jouet plastique, chaîne.

 

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