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1 500 km pour se former !

Julien Guénard, éleveur de porcs dans le sud-ouest n’a pas hésité à se déplacer en Bretagne pour participer à une formation organisée par la chambre d’agriculture ! Il nous explique pourquoi.

Julien Guénard, éleveur de porcs dans le sud-ouest.

Pouvez-vous décrire votre élevage ?

Julien Guénard. Nous nous situons au cœur du pays basque (60 km de l’océan et 3 km de la frontière espagnole) sur la commune de Lasse tout près de Saint-Jean-Pied-De-Port. Avec ma mère, nous avons un élevage de 400 truies naisseur engraisseur. Sur le site principal, 400 truies et 1 000 places de PS. Toutes les autres places en post-sevrage et en engraissement sont du façonnage sur 26 sites situés sur tout le pays basque. La taille des sites varie de 50 porcs lourds en plein air à 1 400 places d’engraissement sur paille rentrant dans un cahier des charges spécifique, et le restant étant sur caillebotis. La grande majorité de nos porcs sont abattus à 130 kg et un label à 160 kg de carcasse.
Je n’ai pas de magasin pour la vente des porcs. Les porcs sont abattus dans un abattoir municipal à Saint Jean Pied de Port et nous commercialisons environ 90 % de notre production directement avec des bouchers charcutiers situés sur le pays basque. Nous avons un camion frigo (un salarié effectue tous les jours les livraisons) et une bétaillère pour les mises en place de porcelets à 8 et 25 kg et pour les transferts de porcelets d’un site post-sevrage vers un engraissement puis à l’abattoir.

Comment organisez- vous la répartition des tâches ?

J.G. Elle est effectivement importante pour le fonctionnement de l’exploitation : Ma mère est à la comptabilité et au secrétariat. Nous sommes neuf à travailler dans l’entreprise dont sept salariés et deux associés, cinq d’entre nous ont été formés pour la conduite du camion qui effectue le transfert des animaux. Tous les salariés ont également reçu une formation sur la conduite en élevage porcin. Cinq salariés travaillent en maternité. Cela peut paraître beaucoup mais comme on valorise bien les porcs on peut se le permettre. Du coup on ne travaille qu’un week-end sur cinq et les résultats GTTT sont très bons (14 porcelets sevrés/truie et un taux de mise-bas à 90 %).

Pourquoi avoir participé à une formation en Bretagne ?

J.G. Pour nous, la formation a toujours tenu une place importante. Elle permet d’ouvrir les yeux sur d’autres horizons, de reprendre confiance dans certains domaines et surtout d’essayer de perfectionner au mieux nos pratiques. En Bretagne, il existe beaucoup de formations dans différentes productions ce qui n’est pas le cas dans toutes les régions.
Votre formation était pour nous l’opportunité de participer à une intervention d’une vétérinaire spécialisée en homéopathie pour la production porcine. Nous avions tenté d’organiser une formation similaire sur notre région mais elle n’a pas eu lieu faute d’un nombre suffisant de participants. Ma cheffe d’élevage a toujours été intéressée par l’homéopathie, les plantes et les huiles essentielles. Après une formation il y cinq à six ans sur l’aromathérapie en bovins, elle a mis en place plusieurs traitements d’aromathérapies et homéopathiques qui marchent très bien. Depuis nous ne réalisons plus aucun traitement antibiotique aux truies en cure annuelle et seulement sept truies sont piquées par an après mise bas ! Nous réglons via les médecines alternatives les problèmes urinaires, les diarrhées sous la mère et en PS, le déroulement des mises bas, les boiteries (sauf sur pattes avant, plus compliquées à résoudre), la grippe, l’agressivité des truies à la mise bas... Pour l’homéopathie nous réalisons nous-même nos préparations et selon les résultats et les observations sur les animaux nous modifions les solutions. Par exemple, la solution que nous utilisons pour les mises-bas fonctionne très bien pour le déroulement de la mise-bas, les contractions utérines et la vidange des truies, par conséquent nous n’utilisons plus d’hormones.
Normalement, c’est ma cheffe d’élevage qui aurait dû venir mais par rapport aux organismes financeurs cela n’était pas possible, du coup c’est moi qui suis venu.. Et tant mieux car cette formation m’a vraiment apporté beaucoup de confiance pour préparer mes solutions homéopathiques.
Pour l’organisation de cette journée comme tous les salariés sont polyvalents, je n’ai pas eu trop de difficulté pour venir. J’ai pris la route le jeudi midi, vendredi formation et le samedi pour 15 h j’étais chez moi. Quand on veut se former pour un sujet qui nous intéresse on trouve toujours des solutions !

 

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