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Antibiotiques : des objectifs largement atteints, une vigilance à maintenir

Les animaux sont de moins en moins exposés aux antibiotiques et l’évolution de la résistance aux antibiotiques suit cette tendance à la baisse, ce qui est très encourageant. Ces résultats ont été dévoilés par l’Anses, le 18 novembre, journée mondiale de lutte contre l’antibiorésistance, en même temps qu’un rapport sur les risques environnementaux, plutôt rassurant, même s’il faut rester vigilant.

Les animaux sont de moins en moins exposés aux antibiotiques : l’exposition a encore baissé de 10,5 % en 2019 par rapport à 2018 et la baisse atteint 45,3 % depuis 2011. Ces évolutions varient selon les espèces, comme l’indique le graphique issu du suivi des ventes de médicaments vétérinaires contenant des antibiotiques en France en 2019 publié par l’Anses le 18 novembre. Toutes les formes d’utilisation des antibiotiques sont concernées et en particulier les utilisations par voie orale. L’exposition aux antibiotiques via les prémélanges médicamenteux a diminué de 74 % depuis 2011, de 51 % pour les poudres et solutions orales, avec près de 17 % sur la seule dernière année et de 15 % pour les injectables. Enfin, le nombre de traitements intramammaires a baissé de 31,4 % par rapport à 2011 et de 15,4 % par rapport à 2018, année qui avait connu un rebond. Le niveau d’exposition des animaux en France est inférieur de plus d’un tiers au niveau moyen d’exposition en Europe même si la France se situe en milieu de tableau des pays européens.

 

Antibiotiques critiques : usage très réduit

Si on se concentre sur les classes d’antibiotiques essentiels à préserver pour la médecine humaine, les baisses depuis 2013 sont de 94,1 % pour les céphalosporines de dernières générations et de 86 % pour les fluoroquinolones : l’usage vétérinaire de ces antibiotiques dits critiques est devenu très faible, mais il faut rester vigilant. L’exposition aux fluoroquinolones a légèrement augmenté la dernière année : + 0,7 %.  Avec une hausse pour les bovins, les carnivores domestiques et les chevaux, alors qu’elle a diminué pour les porcs et les volailles.

Le niveau d’exposition des animaux en France est inférieur de plus d’un tiers au niveau moyen d’exposition en Europe même si la France se situe en milieu de tableau des pays européens

Colistine : baisse de près des deux tiers en trois ans

Un objectif de baisse de 50 % de l’exposition en cinq ans avait été fixé en 2016 pour la colistine. L’exposition a diminué de 64 % et l’usage est aujourd’hui bien inférieur au seuil de 5mg/PCU recommandé : 1,4 mg/PCU.

 

Des signes encourageants de baisse de résistance

Sur le même pas de temps, on observe une augmentation de la proportion de souches de colibacilles sensibles à tous les antibiotiques. La résistance à la colistine des colibacilles en volailles a quasiment disparue. Preuve que les efforts de réduction ne sont pas vains. Il reste cependant des points d’inquiétudes, comme par exemple l’augmentation de la résistance à l’ampicilline ou au fluoroquinolones de colibacilles isolés sur des porcs à l’abattoir. Il subsiste aussi des souches multirésistantes dans les différentes espèces. Preuve que la vigilance reste de mise, et qu’il ne faut pas baisser la garde.

Antibiotiques

Quid de l’environnement ?

L’Anses a aussi profité de la journée mondiale de lutte contre l’antibiorésistance pour présenter un premier état des lieux des connaissances sur l’antibiorésistance et les antibiotiques dans l’environnement.
La contamination des milieux par les antibiotiques est liée aux activités humaines. Quel que soit le milieu, les concentrations en antibiotiques sont faibles en France. Les antibiotiques les plus fréquemment retrouvés dans l’environnement sont ceux qui se dégradent le moins, et pas forcément les plus consommés. Les principales sources de contamination de l’environnement par des antibiotiques sont liées aux activités humaines : rejets d’eaux usées traitées et épandages de boues des stations d’épuration et d’effluents d’élevage. Pour ce qui est de la contamination des sols, les données sont moins nombreuses et ne concernent que des zones d’épandage. Les antibiotiques et les concentrations retrouvés dépendent du type d’épandage.
De manière générale, il semble que les quantités d’antibiotiques retrouvées dans l’environnement en France sont trop faibles pour favoriser la survie des bactéries résistantes et la persistance des gènes de résistance.
Des interactions avec les antiseptiques ou les traces de métaux dans l’environnement peuvent cependant compliquer la donne. La vigilance reste de mise, et la poursuite des travaux est nécessaire.

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