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Bâtiment "gratuit", c'est sûr ?

Construire un bâtiment en milieu agricole est une réflexion qui engage sur le très long terme. En effet, du fait de la qualité des matériaux actuellement utilisés (béton armé, charpente bois ou métallique, tôles fibro-ciment ou acier), si la construction est réalisée dans les règles de l'art et bien entretenue, sa durée de vie sera supérieure à 50 ans.

L'agriculteur devra respecter un cahier des charges strict qui règlemente l'usage sous la toiture, sans quoi sa responsabilité sera engagée en cas de sinistre.

La construction d'un bâtiment agricole doit répondre à un besoin réel de loger des animaux, des fourrages, des légumes, ou du matériel agricole. Sa conception doit être définie et optimisée pour cette fonction première. Les règles d'urbanisme et la nécessité "d'économiser" le terrain agricole encadrent, à juste titre, chaque projet. Après avoir validé ces dernières, il est judicieux de réfléchir à pouvoir lui donner une fonction énergétique secondaire, rémunératrice pour toute sa durée de vie.
Des sociétés proposent des bâtiments soit disant "gratuits", mais est-ce vraiment le cas ?
La construction d'un bâtiment agricole demande à l'agriculteur du temps de ré-flexion et des démarches contraignantes (dossier d'urbanisme, plan de financement, consultation des entreprises, suivi de chantier…). Aussi, certains porteurs de projet, sont tentés de solliciter des entreprises qui proposent des solutions "clés en main" telle que celle du bail à construction. Cette dernière consiste à mettre en location pour une longue durée, généralement trente ans, une surface de terrain en propriété, à un tiers (preneur) qui y construira un "bâtiment photovoltaïque". L'agriculteur (bailleur) n'a pas à financer la charpente couverture et pourra utiliser, en respectant certaines conditions, le bâtiment pendant toute la durée du bail. À l'issue, il en deviendra propriétaire sans avoir perçu de rémunération de la vente d'électricité pendant le contrat.
Dans un premier temps, il est nécessaire de bien étudier les détails du contrat proposé car bien évidemment, il y a des contraintes et tout n'est pas gratuit. Dans bien des cas, l'agriculteur se verra proposer des bâtiments standardisés, optimisés pour la production solaire (type mono-pente) et devra prendre à sa charge :
- le terrassement (emprise construction et accès),
- le coût des bardages,
- l'évacuation des eaux pluviales,
- la tranchée pour le passage du câble électrique jusqu'au point de livraison, les frais de dossier de demande d'urbanisme,
- l'assurance liée à l'activité agricole (contenu et responsabilité civile professionnelle).

Le choix d'investir soi-même dans un bâtiment équipé d'une centrale solaire doit être considéré sur le long terme
en pensant à la génération suivante.

Un cahier des charges strict

D'autre part, l'agriculteur devra respecter un cahier des charges strict qui règlemente l'usage sous la toiture, sans quoi sa responsabilité sera engagée en cas de sinistre.
Dans un second temps, la réflexion doit mener à se poser la question suivante : pourquoi ne pas étudier la possibilité de bénéficier en personne de la valeur ajoutée liée à la vente de l'électricité produite ? En effet, les projets bien étudiés et menés par les agriculteurs qui investissent en propre, dégagent une rentabilité (Taux de Rentabilité Interne >5 %) supérieure aux placements financiers courants. Cette option énergétique du bâtiment est par ailleurs bien perçue par les organismes bancaires qui apprécient la sécurité de rentrées financières garanties pour 20 ans. Pour sécuriser votre projet, il est nécessaire de s'entourer de compétences locales et reconnues. Pour ce faire, les conseillers et les entreprises adhérents des Chartes Qualité Bâtiment et Photovoltaïque, l'Association des Agriculteurs Producteurs d'Electricité Photovoltaïque (Apepha) sauront vous accompagner. Vous éviterez ainsi de nombreux écueils.
Le choix d'investir soi-même dans un bâtiment équipé d'une centrale solaire doit être considéré sur le long terme en pensant à la génération suivante. Pour ce faire, les juristes et les notaires vous conseillent pour leurs transmissions. Les agriculteurs producteurs d'électricité photovoltaïque qui sont devenus des "énergiculteurs" mettent en avant la rentabilité de cette activité et le faible temps de travail nécessaire. Investir dans cette voie est aussi une opportunité d'être acteur reconnu de la transition énergétique et contribue à donner une image positive du bâtiment agricole et à celui qui y travaille. Cela mérite bien d'y consacrer un peu de temps et d'énergie !

 

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