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Comment réduire les rejets et améliorer la qualité de l’air ?

Il est possible de limiter les rejets issus des bâtiments d’élevage en agissant dès leur conception. Le choix d’itinéraires techniques peut aussi participer à améliorer la qualité de l’air et limiter les risques pour la santé de l’éleveur et des animaux.


Les particules sont principalement issues des aliments, de la litière, des animaux (30 %) et des effluents (15 %). Leur diamètre est très variable : plus le diamètre est petit, plus il est dangereux pour la santé en pénétrant jusque dans les bronches des travailleurs et des animaux. Améliorer la qualité de l’air en élevage requiert de mieux connaître l’origine de ces particules.

Itinéraires techniques
Le choix d’itinéraires techniques peut réduire la production de particules des bâtiments d’élevage. Une présentation de l’aliment en soupe produit 25 % de moins de particules que les granulés, eux-mêmes générant 20 à 30 % de moins que la farine. Concernant le type de litière, la paille est à préférer à la sciure mais un logement sur caillebotis reste encore la solution produisant le moins de particules.

laveur d'air

Systèmes de raclage
Le stockage des effluents en préfosse augmente de 30 à 40 % la production de particules par rapport à une gestion des effluents par raclage. Le raclage participe aussi à réduire les émissions d’ammoniac : d’environ 20 % par un raclage à plat et jusqu’à 50 % par un raclage en V.
De plus, dans un élevage équipé d’un racleur en V, les effluents peuvent être méthanisés et produire du biogaz à hauteur de 320-350 m3 de CH4/tonne de matière organique.

Utiliser un laveur d’air
Dans l’objectif de réduire les émissions d’azote ammoniacal, de plus en plus d’élevages s’équipent d’un laveur d’air. La partie centrale d’un laveur d’air est constituée d’un maillage dans lequel se développe un biofilm. L’ammoniac gazeux se solubilise dans l’eau arrosant le maillage. Les bactéries présentes dans le biofilm dégradent alors cet ammoniac en nitrites puis nitrates. L’efficacité du laveur diminue progressivement au fur et à mesure que l’eau se charge en azote. Les eaux de lavages doivent alors être évacuées et valorisées. L’outil TARA a été développé pour dimensionner et optimiser des laveurs d’air en se basant sur les données de l’élevage. Cet outil est actuellement disponible sur demande.
D’un point de vue financier, raisonner les bâtiments porcins dès leur conception facilite la prise en compte des coûts de maintenance et surtout limite les surcoûts engendrés par une adaptation parfois difficile sur des bâtiments déjà existants.

Acidifier le lisier
Cette pratique est développée depuis 30 ans au Danemark. Elle consiste à modifier le pH du lisier pour augmenter la concentration en NH4+ soluble et réduire la concentration en NH3 gazeux. Les émissions d’ammoniac sont alors réduites de 50-70 % par rapport à un stockage sous les animaux dans une fosse classique. De plus, un pH bas réduit l’activité des bactéries méthanogènes et donc réduit aussi les émissions de méthane.
L’acidification peut être réalisée directement dans l’élevage, lors de la vidange de la fosse ou lors de l’épandage. Ces deux dernières solutions peuvent être exécutées par un prestataire ou avec du matériel loué. Ceci réduit les coûts d’investissement et d’entretien pour l’éleveur.
 

Rejets et impacts des élevages de porcs :  incidence du bâtiment

Le bâtiment est un poste majeur pour les performances environnementales des élevages porcins. Il détermine la nature des effluents et l’importance des émissions.
Les pratiques d’élevage actuelles évoluent vers une évacuation de plus en plus fréquente des effluents. De plus, l’ouverture des bâtiments dans certaines productions (biologique, porc fermier Label Rouge) implique de prendre en compte la gestion des émissions gazeuses de manière globale à l’échelle de l’élevage lors des études environnementales.
Dans une analyse du cycle de vie, un bâtiment porcin consomme entre 10 et 25 % d’énergies non renouvelables par le biais de sa consommation générale en eau, énergie, aliments et animaux reproducteurs. Le reste est réparti entre les émissions de gaz à effet de serre (25-40 %) et d’ammoniac (40-60 %).
➜ Concevoir son bâtiment
La conception des bâtiments est essentielle pour limiter l’impact environnemental d’un élevage porcin. Ainsi, le traitement de l’air et la couverture des fosses extérieures participent à 10-20 % des émissions d’ammoniac. De plus, 20 à 30 % de ces émissions proviennent du type de sol (ex : sol plein avec apport de litière vs. caillebotis). La nature des effluents qui en découlent (fumier vs. lisier) influence l’importance (50 % vs. 25 % des rejets azotés) et la composition des émissions d’azote (NH3, N2O, N2 vs. NH3).
En bâtiment, les émissions sont "maîtrisables" et un traitement des effluents et de l’air peut être envisagé pour les réduire.

rejets et impacts

 

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