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De belles perspectives pour le porc français ?

Certes, le Brésil et la Russie veulent développer leur production porcine. Mais la Chine est à la peine, confrontée à un nouvel épisode sanitaire, et les USA ne développent plus leur élevage. De quoi laisser un peu de place à la production française ? Le point avec Jan Peter Van Ferneij, économiste à l’Ifip.

Lég Jan Peter Van Ferneij, ingénieur d'études à l'Ifip.

"Il manque de viande porcine dans le monde". Intervenant le 25 juin dernier à l’assemblée générale du groupement de producteurs Porélia, à Pleyben (29), Jan Peter Van Ferneij se veut raisonnablement optimiste. "Depuis l’apparition de la FPA, la fièvre porcine africaine en Chine, la production mondiale a diminué de 12 %, ce qui représente 13 millions de t de viande", calcule l’ingénieur d’études à l’Ifip. Représentant à elle seule la moitié de la production mondiale, la Chine a connu un effondrement de sa production et s’affiche désormais à 39 %, suivie de l’Union européenne à 28, 26 %, et des USA, 14 %.

Retour de la FPA en Chine
Mais la situation actuelle, avec une offre insuffisante par rapport à la demande, va-t-elle perdurer ? "La Chine a annoncé qu’elle allait nous surprendre et produire 95 voire 97 % de ses besoins", rappelle Jan Peter Van Ferneij. Remplaçant une production familiale, de grands groupes ont réalisé des investissements colossaux, peuplé leurs bâtiments en achetant de la génétique à l’étranger… "Mais on a constaté, début 2021, l’apparition de la DEP et du SDRP, et le retour de la FPA". Pour cette dernière, il est évoqué des vaccins non reconnus, diffusés illégalement, responsables d’un nouveau variant. "Et la Chine enregistrerait à nouveau une baisse de sa production de l’ordre de 10 à 15 % selon les provinces, même si nul ne sait réellement ce qui s’y passe…". Sans compter que les grandes constructions seraient sur le point de s’effondrer, au sens propre, le béton semblant, pour certaines d’entre elles, de qualité insuffisante pour supporter l’acidité du lisier, comme au sens figuré, avec une baisse du cours du porc et une flambée des coûts de production qui viennent fragiliser leur modèle économique.

Russie et Brésil en progression
Aux Etats-Unis, autre grand pays producteur de porcs, "la croissance est terminée, estime Jan Peter Van Ferneij. Et la production se dirige vers plus de signes de qualité". A contrario, la Russie a de fortes velléités de développement de sa production. En progression constante depuis 2005, celle-ci est désormais revenue au niveau des années 90. Et, les besoins de sa population désormais couverts, elle commence à exporter. Le Brésil, lui aussi, connaît une augmentation de ses exportations, des entreprises multi-espèces investissant désormais dans le porc.
En Europe, la situation est contrastée. Si aucun élevage allemand n’a été touché par la FPA, la présence de la maladie parmi les sangliers a entraîné une fermeture des marchés à l’export et une baisse du prix des porcs charcutiers et du volume des abattages, mais aussi du prix des porcelets. Si le Danemark a engraissé une partie de ceux qu’il livrait jusque-là à l’Allemagne, les Pays-Bas, autre fournisseur, a vu sa production se réduire de 10 %. "Via les crédits carbone, le pays privilégie l’habitat ou la croissance des aéroports, au détriment de la production porcine".
L’Espagne, elle, poursuit sa croissance. "Il manque encore de truies pour faire tourner les abattoirs, souligne Jan Peter Van Ferneij. Et le pays a profité des porcelets à bon marché du Nord de l’Europe pour en importer". Si les investissements se poursuivent, notamment dans les outils industriels, l’opposition à la production est aujourd’hui une réalité, et s’organise.

Une place pour la France ?
"Je suis confiant", résume l’économiste de l’Ifip. L’évolution du pouvoir d’achat, un peu partout dans le monde, fait que la production n’arrivera pas à suivre. Et d’ici quelques années, grâce au train, l’Europe pourra livrer de la viande fraîche en Chine, ce qui sera un atout de taille par rapport au Brésil, au Canada ou aux USA. "Ici, il y a de la place pour produire".
 

Après 12 ans à la tête de Porélia, François Pot passe la main

 François Pot

"Il faut savoir passer la main". Après 12 ans à la tête de son groupement, 3 ans à Porfimad puis 9 ans à Porélia, François Pot, producteur de porcs à Plounevez-Lochrist (29) a profité de l’assemblée générale, le 25 juin dernier, pour annoncer qu’il mettait fin à son mandat de président, tout en continuant à siéger au conseil d’administration. "Pas inquiet pour l’avenir du groupement", il a exhorté les producteurs à continuer à "s’engager pour le collectif" et les plus jeunes à prendre des responsabilités. "D’abord dans le syndicalisme", excellente école de formation, avant de "rentrer dans les structures économiques". Son successeur sera connu en début de semaine prochaine, le conseil électif devant se tenir le lundi 5 juillet.

 

 

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