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Des chemins en bon état pour accéder à l’herbe

L’herbe pâturée reste le fourrage le moins cher. Pour la valoriser au mieux, il faut des clôtures capables de garder les animaux (voir Terra 767) mais aussi des chemins en bon état et bien calibrés, pour faciliter la circulation des animaux et éviter les pertes de temps. Le point avec Sébastien Guiocheau, conseiller bâtiment à la chambre d’agriculture.

Pour éviter que le troupeau ne s’étire, il faut prévoir des chemins suffisamment larges. "4 à 5 m en sortie de bâtiment et un peu moins sur le réseau secondaire", conseille Sébastien Guiocheau.

Copeaux

"Des chemins de bonne qualité vont accélérer le déplacement des laitières, rappelle Sébastien Guiocheau. Et elles seront plus propres en salle de traite". Pour y parvenir, les éleveurs disposent de plusieurs solutions. "Les copeaux de bois ? On a testé à la ferme expérimentale de Trévarez, indique le conseiller bâtiment à la chambre d’agriculture. C’est pas terrible : ils se tassent, la cuvette se charge en eau et en bouse… Et le chemin ne tient pas dans le temps. À éviter !"

 

Caillebotis

Située à proximité de la station expérimentale porcine de Guernevez, la ferme de Trévarez a aussi essayé les caillebotis de porcherie de récupération. "Il faut une surface plane, prévient Sébastien Guiocheau. Dans l’idéal, il faut décaper la terre végétale et mettre une bonne couche de 0-30 avant de les poser". Une mise en œuvre parfois compliquée, tant les caillebotis pèsent lourd. "Et ils n’avaient pas tous la même taille, ce qui a compliqué la pose", se souvient Denis Solliec, technicien d’élevage à Trévarez. Néanmoins, une fois que les herbes ont commencé à les coloniser, les vaches ne glissent plus et apprécient de s’y déplacer. "C’est un chemin facilement démontable, et qui va tenir dans le temps. Mais l’intérêt reste limité s’il faut les acheter d’occasion", complète Sébastien Guiocheau.

Sébastien Guiocheau

Cailloux

Pour un chemin à moindre coût, certains agriculteurs pourront aussi récupérer des cailloux sur l’exploitation. "Comme pour le caillebotis, il faut commencer par décaper la terre végétale, et mettre une bonne couche de cailloux, aux alentours de 30 cm, 50 si les tracteurs doivent aussi y passer". Pour éviter de blesser les animaux, il convient ensuite d’apporter 10 cm de 0-20. "La fine va prendre en masse". Au décapage de la terre végétale et à l’empierrement, aux alentours de 4 à 5 €/m², il faut ajouter l’achat en carrière, pour arriver à 8-10 €/m². "Un tarif très variable en fonction du linéaire, de la distance à la carrière…".
Pour évacuer l’eau, le chemin devra être plus haut que les parcelles avoisinantes et comporter une pente, simple ou double. "L’eau stagnante est l’ennemie du chemin". Il faut aussi éviter l’eau en provenance de la cour, d’un champ, d’un autre chemin... "Sinon, le chemin va rapidement se raviner".

 

Béton

Le chemin d’accès au pâturage peut aussi être en béton. "Il peut être assez fin, 15-20 cm de cailloux et 7 cm de béton, s’il n’est fréquenté que par les animaux, estime Sébastien Guiocheau. Pour éviter qu’il ne fissure, le béton peut être fibré. "La facture passera alors de 105 à 135 €/m³". Facile à mettre en œuvre, le béton ne devra pas être trop lisse. "Un simple balayage va griffer la surface et permettre une bonne tenue dans le temps".

 

Abreuvement

Pour inciter au pâturage, des aides à la réalisation de chemins sont octroyées par les conseils départementaux du Finistère et d’Ille et Vilaine ainsi que par le PCAEA et certains bassins versants.
Et tant qu’à aménager des chemins, pourquoi ne pas en profiter pour prévoir un réseau d’eau, pour un abreuvement au champ ? Une saignée au milieu du chemin permettra d’y poser un tuyau, dont il faudra calculer le diamètre en fonction de la distance de la parcelle, du dénivelé, des pertes de charge… "Une vache est capable de boire 15 l/minute", indique Sébastien Guiocheau, pour avoir une idée des débits à prévoir. "Et il faut prévoir une gaine de protection si le chemin doit supporter des passages d’engins".

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