Aller au contenu principal

Des plantes compagnes plutôt que le glyphosate ?

1er février, Bignan. Ils sont dix du groupe 30 000 Agronomie de Res’Agri du Pays de Pontivy à s’être donné rendez-vous à la station expérimentale de la chambre régionale d’agriculture, à Kerguehennec, sur une plateforme d’essais couverts végétaux.Objectif ? Quels leviers pour se passer du glyphosate en non-labour ? Réponse aussi dans les plantes compagnes, en faisant jouer la concurrence !

17 modalités de couverts végétaux et plantes compagnes en essai à la station de recherche appliquée de Kerguehennec découvertes par le groupe 30 000 Agronomie de Res’agri du Pays de Pontivy.

Constat : "Ce qu’on ne fait pas en mécanique, on le fait avec des phytos !", pointe David, chef de culture de la station et membre du groupe… Or avec la réduction des molécules autorisées, il s’agit "d’anticiper plutôt que de subir". Ou comment se passer du glyphosate si la législation devait y conduire alors qu’en non labour, il constitue un levier très efficace ?

 

17 modalités de couverts

Pour ces agriculteurs que l’agronomie agrège depuis 8 ans, et bientôt 3 autour de l’agriculture de conservation, la problématique de la suppression de cet herbicide interpelle, voire inquiète. Ils ne sont pas les seuls. La chambre régionale d’agriculture a lancé le programme Rasta pour "Recherches Alternatives et de Solutions Techniques en Agriculture de conservation des sols sans glyphosate", financé par la Région. Plusieurs volets à ces essais, dont celui consacré aux bénéfices, ou non, des couverts végétaux et plantes de services en couverts longs et courts. En cette journée, la météo ouvre au groupe une fenêtre sans pluie pour découvrir 17 modalités de couverts, dont 6 courts et méteil. Elles ont été implantées après blé moissonné le 27 juillet, en condition très sèche. L’état des couverts a été enregistré mi-novembre avec survol par drone. Il l’est et le sera régulièrement avant implantation d’un maïs… Tout n’est pas rose sur certaines modalités, victimes d’importants salissements en semis direct : "c’est bien de voir les essais ici", glisse l’un des participants.

 

Faire jouer la concurrence

"Faire jouer la concurrence des espèces et la diversité est intéressant", note Céline Bruzeau, de la chambre d'agriculture, qui anime le groupe. "Peut-être qu’en semis direct, il ne faut pas s’interdire parfois un petit travail du sol", estime Pierre-Yves Roussel. Il a recueilli pour le programme Rasta, les pratiques de 45 agriculteurs adeptes du semis direct. "70 % des cultures des enquêtés sont des cultures d’hiver contre 30 % de printemps, typées colza, blé, orge. Il y a sans doute une culture rentable de printemps qui doit pouvoir s’insérer dans la rotation", suggère-t-il, pilote de ce programme entamé en 2020. Et de pointer les leviers possibles à la suppression du glyphosate révélés par l’enquête : allonger les rotations, introduire de la diversité, travailler sur les techniques d’implantation, la durée et complémentarité des cycles des couverts, faucher, exporter, avoir des couverts permanents, un peu de travail du sol… "Le couvert est un levier important, il faut trouver la bonne composition, la bonne technique. On progresse sur des pratiques qui pourront être diffusées sans risque".

 

Le colza associé, plante trois en une

plantes de services

Les essais menés par Michael de Geloen, de Terre Innovia, ont consisté à semer de manière précoce et si possible simultanée, le colza et des légumineuses gélives (féverole, vesce de printemps, lentille, trèfle d’Alexandrie) utilisées comme couvert associé non récolté et choisies pour les bénéfices qu’elles apportent et leur capacité à cohabiter avec le colza. Le colza est sensible à la concurrence (eau et lumière), de la levée au stade B4, ensuite il est en croissance active et très compétitif.
Les essais menés montrent l’intérêt de cette association qui :
- améliore l’enracinement du colza
- améliore la nutrition des plantes (moins de faim d’azote) avec une meilleure reprise au printemps
- réduit l’impact des insectes d’automne sur le fonctionnement de la plante,
- réduit le nombre de larves de grosse altise et de charançon du bourgeon terminal par plante
Et ce à condition d’avoir une biomasse suffisante par plant : de 40 à 60 g.
Cerise sur le gâteau, outre l’effet protecteur face aux insectes de cette association, "on observe des rendements de colza de 3 à 4 qx supérieurs avec les plantes compagnes".

Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 9.90€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Terra
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Terra
Consultez les revues Terra au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière Terra
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Terra.

Les plus lus

"Sur les engrais azotés, je ne lâcherai pas"
Déçue sur les dossiers des néonicotinoïdes et du glyphosate, la députée finistérienne LREM Sandrine Le Feur se dit déterminée à…
"Notre région dispose de véritables atouts pour le développement de la méthanisation"
L'équipe du pôle nouvelles énergies du Crédit Agricole en Bretagne, voit chaque jour d'une part se diversifier les projets d'…
Des légumineuses bretonnes dans nos assiettes
Graines de pois chiche, haricot rouge, pois et lentille corail sont un bienfait pour l’alimentation humaine et constituent aussi…
La région prend position sur la future PAC
La crise Covid a remis sur le devant de la scène l’importance d’une production agricole locale, ainsi que l’apport de l’…
La méthanisation, bonne pour la planète ?
Eau, air sol…, quels services ou pas, leur sont rendus par la méthanisation agricole ? Vaste question que celle des aménités et…
Le photovoltaïque breton cherche à valoriser son potentiel
En décembre 2020 le gouvernement passait en force et imposait une révision rétroactive des tarifs de rachat d'électricité…
Publicité