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Elevage bio cherche repreneur

A l’occasion du cap symbolique des 1 000 fermes bio en Finistère, le Gab tire la sonnette d’alarme : en bio aussi, le renouvellement des générations pose problème ! D’ici 7 ans, 30 % des éleveurs partiront en retraite. Et les candidats à la reprise ne se pressent pas au portillon, notamment à cause d’un foncier qui, bien souvent, vient renchérir les transactions.  

De gauche à droite : Jean-François et Olivier Glinec, producteurs de lait bio à Saint Urbain, et Nolwenn Virot, président du Gab 29.
© Chantal Pape

"Nous y voilà, se félicite Nolwenn Virot, le président du Gab, le groupement des agriculteur bio du Finistère. Après plusieurs années de développement, nous venons de franchir le cap des 1 000 fermes bio". Ce qui permet au département de caracoler en tête d’une région qui en dénombre désormais 3 619.

Avec un nombre multiplié par 4 en 15 ans seulement, les fermes bio représentent 15,6 % des exploitations finistériennes, un chiffre plus élevé que la moyenne française, 11 %, et bretonne, 13,6 %. "Mais elles n’occupent que 8,3 % de la SAU. Il s’agit souvent de fermes de petite taille".

Davantage d’aides pour la bio

Dans le Finistère comme ailleurs, conversions et installation en bio se poursuivent à bon rythme, ce que Nolwenn Virot voit d’un bon œil. "La demande sociétale est de plus en plus forte pour une alimentation saine pour tous. Cette transition est indispensable vers une société plus humaine, plus juste, à l’économie plus équitable".

Et alors que se négocie la prochaine Pac, le président du Gab d’en profiter pour réclamer un changement radical dans l’octroi des aides. "Il faut favoriser l’emploi et l’agroécologie plutôt que les surfaces". Un avis que partage Valérie Lazennec, la présidente de la Mab, la maison de l’agriculture biologique. "Nous demandons à ce que le soutien à la bio soit multiplié par 5, et que l’objectif passe à 50 % de bio dans les cantines, contre 20 % aujourd’hui".

Un métier loin des préjugés

Mais comme l’agriculture conventionnelle, la bio est confrontée au défi du renouvellement des générations, notamment en élevage. "D’ici 7 ans, 30 % des éleveurs bio bretons partiront à la retraite, indique Nolwenn Virot. Et peu de jeunes sont intéressés : la rentabilité n’est pas toujours évidente. Et le foncier a un coût". Vient s’y rajouter un faible montant des retraites agricoles. "Le cédant essaie donc de valoriser sa ferme le mieux possible pour se constituer un complément de retraite. Et les agriculteurs en place ont les reins plus solides que des jeunes, pour qui ce n’est pas facile d’être financés". Si le Gab accompagne ces derniers tout au long de leur projet, il demande aussi à ce que les terres bio puissent le rester. Et, pour tordre le cou à certaines idées reçues, il vient, avec les autres Gab bretons, de lancer une campagne de communication intitulée éleveur bio, un métier loin des préjugés.

 

A Trévarn, une transition en douceur vers la bio

 

Installé en 1993 sur la ferme familiale, à Saint Urbain, Olivier Glinec est rejoint par son frère Jean-François trois ans plus tard. "A l’époque, nous étions intensifs, se souvient ce dernier. Mais économiquement peu performants". Ils décident peu à peu d’éliminer toutes les charges, achat de concentrés, contrôle laitier, insémination… Et arrêtent le maïs en 2010, pour ne consacrer qu’à l’herbe leurs 70 ha de SAU, auxquels se rajoutent 20 ha de prairies permanentes, mises à disposition par des voisins dans des zones urbanisées ou humides.

Ici, la salle de traite est fermée deux mois par an, durant l’hiver, "pour pouvoir partir en vacances", mais aussi pour caler la production laitière sur la pousse de l’herbe. Et la ferme a diversifié ses revenus, en vendant du bois bûche et des colis de viande de veau.

"Nous dégageons désormais 2 500 € de revenus chacun par mois, plus 20 000 € en fin d’année, que nous avons consacré, l’an passé, à installer une fromagerie". Et après Estelle, à qui les frères Glinec ont cédé 1,5 ha en 2013 pour lancer une ferme maraîchère puis Gwen, brasseur depuis 2015, Craig a pu s’installer à son tour, en louant les installations, et en valorisant une partie du lait produit par le Gaec, le reste étant vendu à Sodiaal.

Pendant ce temps, la conversion à la bio a peu à peu fait son chemin. "On utilisait encore un peu d’engrais azotés, souligne Olivier. On a pris notre temps". Ils franchissent le pas en 2019. "On a diminué le nombre de vaches, de 90 à 70, et le travail, pour conserver le même revenu". Et déjà un autre projet leur occupe l’esprit. "On réfléchit à un lieu convivial, où on pourrait boire un verre le vendredi soir et discuter".

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