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Élevage : l'UGPVB bataille sur tous les fronts

L'union des groupements de producteurs de viande de Bretagne (UGPVB) se structure pour répondre aux enjeux de l'élevage actuels et futurs. Qu'il s'agisse de la PAC 2023-2027 ou du sujet brûlant de la castration des porcs sans douleur, l'Union défend l'élevage contre vents et marées. Et la tâche est vaste.

Michel Bloc'h, président de l'UGPVB et Jacques Crolais, directeur.

Castration sans douleur des porcs, ovosexage des œufs, reconquête du secteur bovin, environnement, PAC, sanitaire... Lors de son assemblée générale le 4 décembre à Saint-Quay Portrieux (22), l'Union des groupements a passé en revue un grand nombre de ses actions. Mais s'il est un événement qui a marqué cette année 2021, c'est la concrétisation de l'AOP Porc Grand Ouest, reconnue au Space 2021. En effet, Michel Bloc'h, président de l'UGPVB, s'est félicité des maillons OP et AOP réaffirmant : "le meilleur échelon pour défendre les intérêts des éleveurs, ce sont les organisations de producteurs et associations d'organisations de producteurs. C'est le meilleur échelon pour pouvoir mettre en œuvre des programmes collectifs dans la PAC".

Le meilleur échelon pour défendre les intérêts des éleveurs, ce sont les organisations de producteurs.

OP/AOP, pour peser sur les budgets de la PAC

Un fait que Brigitte Misonne* de la direction générale de l’agriculture à la Commission européenne n'a pas démenti lors d'une visioconférence en direct de Bruxelles. Un des points essentiels de la nouvelle PAC est cette "architecture verte", pointe Brigitte Misonne, "pour que la société continue à adhérer au budget européen pour l'agriculture". Ainsi, au delà des aides de base du 1er pilier, s'ajoutent des aides supplémentaires comme les écorégimes (1er pilier) ou les MAEC (2e pilier) par exemple. L'écorégime (programme environnemantale et climatique), nouveauté de la PAC 2023-2027, n'est pas une compensation des coûts engagés, mais une majoration de l'aide directe, attribuée sur la base de la surface. À l'UGPVB, on s'interroge donc : "comment inscrire dans ce dispositif le hors-sol si l'aide est figée à la surface ?", demande Jacques Crolais, directeur de l'UGPVB. Fixés dans le marbre, les écorégimes ne seront plus modifiés d'ici 2027, prévient la cheffe d’unité "Marchés produits animaux" à la Commission européenne. Ni aides couplées, ni écorégime, pour le hors sol il faut donc s'orienter vers une autre entrée, à savoir l'aide sectorielle dans laquelle est logée le Programme Opérationnel (PO). En effet, les États-Membres peuvent réserver une enveloppe dédiée aux actions menées par les organisations de producteurs (OP), qui peut mobiliser jusqu’à 3 % du budget des aides directes. Dans le cadre du Plan statégique national (PSN), "il faut convaincre vos autorités publiques de retirer du budget vers les interventions sectorielles pour obtenir une partie de ce qui n'est pas disponible", conseille Brigitte Misonne. Porcs et volailles pourraient donc accéder à du financement via cette entrée selon la répartition choisie par la France.
Selon Michel Bloc'h, cette structuration en OP et AOP est adaptée aux dispositifs d'aides de la PAC. "La PAC est en train de muter progressivement vers une PAC de projet. Cela tombe bien, c'est notre ambition".

 

Une AOP pour négocier le surcoût du mâle castré

Autre mission de l'AOP Porc Grand Ouest, est de négocier avec l'aval le surcoût de la castration sans douleur des porcs, obligatoire à partir du 1er janvier 2022. Les négociations devront aboutir sur un accord début janvier. Dans la filière porcine, les attentes sont fortes. "La première mission de l'AOP est de tenter de négocier le mieux possible les surcoûts que l'on nous impose demain avec les mâles castrés sans douleur. On espère que l'aval va revenir à la table des négociations avec de bonnes intentions. On a un mois pour traiter le dossier sérieusement et ne rien lâcher. Une partie importante de l'aval va demander du cochon castré, il a un surcoût identifié par l'Ifip... C'est la loi, on entend négocier au bout", assure Michel Bloc'h.

 

*  Chef d’unité Marchés produits animaux et observatoire des marchés.

 

Ils ont dit : Stop au pouvoir des minorités

Philippe Bizien, président du CRP Bretagne / "On a l'impression que la Dréal est pilotée par Eaux et Rivières. Nous sommes prêts à investir, laissons ceux qui restent investir, sinon l'élevage va mourrir".

Michel Bloc'h, président de l'UGPVB / "On veut une vraie lisibilité pour les jeunes générations dans un cadre administratif qui ne peut pas changer en permanence. C'est dangereux de donner l'opinion à tout le monde. Nous nous ne donnons pas notre opinion sur le nucléaire..."

Patrick Fairier, président Breizh Europe / "Ne nous laissons pas gouverner par les minorités. Parce que 1 à 2 % sont anti-élevage, on met des freins à l'élevage. 40 % des œufs bio vont en casserie. Il y a des gens qui ne veulent pas manger bio mais bien manger".

 

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