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En Baie de Lancieux, la mer reprend sa place

Climat et agriculture En baie de lancieux (22), la mer reprend progressivement ses droits. Et les terres gagnées par poldérisation, notamment pour l’agriculture, retournent à la mer. Comment concilier enjeux patrimoniaux, environnementaux et usages des espaces naturels, c’est tout l’objet du programme Adapto du Conservatoire du littoral.

Réchauffement climatique, élévation du niveau de la mer… En baie de Lancieux, dans les Côtes d’Armor, les assauts de la mer brèchent des digues entraînant la submersion de terres utilisées par l’agriculture à la recherche de solutions pérennes.

Baie de Lancieux : ici, plus qu’ailleurs, le paysage a été modelé par la main de l’homme. C’est l’un des 10 sites pilotes en France du projet Adapto porté par le Conservatoire du littoral. Sa mission ? Protéger les espaces naturels littoraux.

 

Poldérisation menacée

"Au fil des siècles, la construction successive de digues, celle des Moines, de la Roche ou de Beaussais, et de canaux, ont permis de gagner des terres et de développer l’agriculture", raconte Gwenal Hervouet, directeur régional adjoint du Conservatoire du littoral, en charge des programmes d’accompagnements liés au changement climatique. "Le constat est qu’aujourd’hui, lors des grandes marées, la mer atteint le sommet des digues, le dépasse lors des tempêtes. En mars, la digue de Beaussais a brèché". L’eau s’est encore engouffrée, plus largement, dans les polders de Ploubalay et de Lancieux, classés zones naturelles et propriétés du Conservatoire du littoral. Ils constituent une zone de prés salés, pâturés et fauchés de mars à octobre, grâce à des conventions d’usage. Face à l’augmentation de fréquence du risque submersion, il a fallu s’adapter.

 

La nature reprend ses droits

Pour anticiper les effets irrémédiables sur la zone, reconnue vulnérable depuis 2015, c’est une stratégie "souple" qui est portée par le Conservatoire. "On ne va pas lutter contre des moulins à vent. La nature sera toujours plus forte", estiment les responsables du Conservatoire qui accompagnent les collectivités territoriales dans leur mission de protection des biens et des personnes. Le choix de laisser entrer l’eau salée, de manière maîtrisée, sur ces espaces classés naturels a été acté. "Ce sont 45 ha de prés salés puis 16 autres à venir qui seront rendus progressivement à la mer", détaille Tony Durosier en charge du programme Adapo. "On accompagne aussi les agriculteurs pour leur permettre de faire la transition, leur laisser le temps de s’adapter. On a quelques terres sur Lancieux et Beaussais, des parcelles de recul, libres. Mais ce ne sont pas des solutions pérennes, il va falloir travailler avec la chambre d’agriculture", espère Tony Durosier.

 

 

“Réorienter massivement les financements pour un modèle agricole plus durable et résilient"

L’objectif de neutralité carbone en 2050 définit une trajectoire impliquant des transformations énormes pour tous les secteurs économiques, dont l’agriculture. En mobilisant et réorientant quels flux financiers ? C’est toute la réflexion de Benoît Léguet directeur de l’I4CE et membre du Haut conseil pour le climat.

Climat et agriculture

Car si la perspective bouscule et interpelle, elle dessine une voie où l’agriculture a un rôle majeur à jouer. Il témoigne : Face aux défis du changement climatique, le Green Deal européen fixe un cadre ambitieux et nécessaire. L’objectif est clair : zéro émission nette en 2050. La feuille de route pour la chaîne alimentaire est tout aussi claire avec en tête une réduction du cheptel et une augmentation des surfaces en légumineuses, associées à une réduction des importations de soja et une modification profonde des régimes alimentaires. Les questions maintenant à se poser sont : combien coûte la transition agro-écologique  ? Qui finance  ? Quels seront les impacts en termes d’emplois  ? Et quelle réglementation pour rendre la transition possible et juste  ? Une transition agricole juste ne pourra se faire sans un alignement de la PAC avec le Green Deal et sa stratégie Farm to Fork. Mais la PAC, aussi structurante soit-elle, ne représente que 3 % des financements totaux fléchés vers la chaîne alimentaire, dépense alimentaire des ménages comprise. Elle ne pourra donc pas tout faire. Consommateurs et agro-industries, banques commerciales ou encore collectivités devront réorienter massivement leurs financements pour assurer la pérennité d’un modèle agricole plus durable et résilient.


Contact : herve.gorius@bretagne.chambagri.fr/replay à retrouver sur la chaîne YouTube des chambres d’agriculture de Bretagne https ://www.youtube.com/watch ?v=dnqRAzGjlgI&feature=youtu.be

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