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Entre blé et orge, des couverts courts pour limiter le salissement

Dans le cadre du plan Dephy Ecophyto, les essais de couverts courts entre deux céréales se poursuivent sur le plateau de Ploudiry (29). Les intérêts sont nombreux : s’ils permettent d’éviter le salissement des parcelles, et l’utilisation de glyphosate en semis direct, ils offrent aussi aux éleveurs de bovins un complément fourrager loin d’être négligeable.

Implantés le 10 août dans le cadre du dispositif Fermes 30 000 du plan Dephy Ecophyto, financé par l’agence de l’eau Loire Bretagne, les couverts courts étaient très développés, 10 semaines plus tard.

"Couvrir le sol entre deux céréales est une solution. La bonne ? Je ne sais pas encore...". Producteur de lait et de porcs à Ploudiry (29), Serge Donval est à la recherche d’une alternative au glyphosate entre ses cultures de blé et d’orge. Et c'est dans le cadre du groupe morlaisien du dispositif Fermes 30 000 du plan Dephy Ecophyto qu'en partenariat avec Even, il a implanté une plateforme d’essais de couverts courts l’an passé. Et engrangé, déjà, des résultats intéressants. "Six semaines après l’implantation, certains couverts ne sont pas suffisamment développés", note Cécile Goupille, conseillère agronomie grandes cultures à la chambre d’agriculture. À l’inverse, un mélange de colza fourrager et de trèfle incarnat a permis une production de 3,5 t de matière sèche à l'hectare, enrubanné fin septembre, "un complément fourrager appréciable".

Nourrir la vie du sol
À quelques kilomètres de là, et toujours dans le cadre du dispositif Fermes 30 000, c’est avec Triskalia qu’Eric Donval a implanté une seconde plateforme. Producteur de porcs, ses attentes ne sont pas tout à fait les mêmes que celles de son frère. "Je voulais limiter le salissement des parcelles. Mais aussi diversifier ma rotation maïs-blé-orge, tout en favorisant la vie du sol". Cette fois, les graminées ont été exclues des essais. Et les densités de semis revues à la hausse. "On a implanté du colza fourrager à 10 kg/ha contre 8 l’an passé, pour voir s’il serait plus étouffant", détaille Cécile Goupille.
Confronté à de nombreuses repous-ses de céréales l’an passé, Eric Donval prévoit de passer un coup de déchaumeur une dizaine de jours avant le semis du couvert. Mais la météo en décide autrement et il réalise finalement un passage de chisel trois jours avant. "Sauf sur une partie de la parcelle, ce qui nous a permis de constater qu’il n’y avait aucune différence : trois jours, ce n’est pas assez long pour un faux semis", constate la conseillère.
Semés en un seul passage, griffon à l’avant du tracteur, puis herse rotative et semoir, les couverts se sont, dans l’ensemble, montrés très étouffants, à l’image du colza fourrager, du mélange sarrasin-phacélie ou colza-sarrasin-trèfle d’Alexandrie, qui ont colonisé plus de 95 % du sol. "Par contre, le sarrasin seul et la moutarde brune seule n’ont pas été satisfaisants". Et les bandes-témoins, restées nues, ont enregistré un salissement de 30 à 40 % en sept semaines seulement.

Gérer autrement les vivaces
"Bien choisis, les couverts courts ont donc un vrai intérêt", mais ne conviennent pas à toutes les parcelles ! "Le chiendent, l’agrostis, les vivaces en général doivent se gérer autrement, traitement chimique ou déchaumage à l’inter-cultures", prévient Cécile Goupille. Et, pour être efficaces, les couverts doivent se développer rapidement. "Sinon, le pâturin, le séneçon ou le chénopode auront le temps d’effectuer un cycle complet. On obtiendra le résultat inverse, avec des adventices qui auront eu le temps de grainer et de salir la parcelle".

Semer tôt
Il faut donc semer le plus tôt possible après la récolte de la céréale. "Et passer le rouleau après semis, indique la conseillère. Il y aura un meilleur contact sol-graine et une levée plus homogène".L’humidité résiduelle du sol devrait suffire à la germination, sauf pour le ray-grass, plus sensible. "Pour choisir son couvert, il faut aussi vérifier la rémanence des désherbants utilisés sur céréales : certains d’entre eux peuvent avoir un effet sur le trèfle".

Rendement : aucun effet
Si les couverts courts permettent d’éviter le salissement entre deux céréales, ils n’ont, à court terme, aucun effet bénéfique sur le rendement de la culture suivante ni sur son salissement. "Par contre, à long terme, ils permettent de nourrir le sol et d’y ramener de la matière organique". Un "investissement" à ne pas oublier au moment de faire ses comptes. "Certes, selon les espèces choisies, le surcoût sera de 30 à 60 €/ha. Mais sans couvert court, il aurait fallu déchaumer plusieurs fois".
Une nouvelle technique qu’Eric Donval compte bien adopter à l’avenir. "Mais je pense que l’idéal serait d’implanter les couverts avant la récolte des céréales. Ils auraient ainsi plus de temps pour se développer". Maxicouv, drone… : des tests ont déjà eu lieu en exploitation. "Il faut arriver à une répartition homogène des graines".

 

PRATIQUE

A l’occasion du rendez-vous Bout de champ organisé par la chambre d’agriculture, une vidéo a été tournée. Vous pouvez la retrouver sur https://youtu.be/zoohdgZ8AoM

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