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Et sur le plan environnemental, quel système est le plus favorable ?

De nombreux travaux ont été réalisés afin de déterminer et d'améliorer l'efficience des ressources dans les élevages laitiers. À Trévarez, le suivi de deux systèmes laitiers contrastés a permis de réaliser une évaluation environnementale globale.

Des travaux ont démontré qu’augmenter la part de maïs ensilage dans la ration permettait de réduire l’excrétion d’azote par animal par rapport au pâturage car l’ensilage de maïs permet d’élaborer des rations moins riches en azote. Toutefois, à l’échelle de l’exploitation, le recours accru au maïs peut conduire à augmenter les entrées d’azote exogènes (concentrés
protéiques, engrais minéraux), à utiliser un peu plus de produits phytosanitaires, à maintenir plus longtemps les animaux en bâtiment et accroître ainsi les pertes d’azote, à réduire le potentiel de stockage de carbone ou encore à consommer plus de fioul.
Le suivi de ces deux systèmes laitiers contrastés, conduits sur la ferme expérimentale de Trévarez, a permis de réaliser l’évaluation environnementale globale, intégrant des indicateurs liés aux émissions de gaz à effet de serre, aux pertes potentielles d’azote par lessivage et par émissions gazeuses (ammoniac), aux consommations d’énergie et de produits phytosanitaires.
L’analyse a été réalisée pour les cinq années de suivi (2013 à 2017) à l’échelle de chaque système à l’aide de l’outil CAP’2ER® (Idele).

station expérimentale laitière de Trévarez

Moins de pertes par lessivage de l'azote dans le S2

Le bilan apparent de l’azote (voir Terra du 24 juillet 2020) traduit une quantité d’azote non valorisée sur l’exploitation, potentiellement perdue vers l’eau, l’air ou immobilisée dans le sol.
Le S1 présente des entrées d’azote plus importantes que le S2, expliquées par des achats plus importants de concentrés (+30 kg N/ha). Ces concentrés représentent plus de 40 % des intrants sur ce système (30 % pour le S2). A l’opposé, la fixation symbiotique permise par la présence de légumineuses dans les prairies est plus marquée dans le S2 (+14 kg N/ha).
Sur les deux systèmes, les sorties d’azote concernent principalement le lait vendu. Ces sorties sont un peu plus élevées pour le S1, qui vend plus de lait à l’ha SFP que le S2 (8 178 l vs 7 560 l/ha SFP).
Au final, l’excédent du bilan apparent de l’azote est plus fort dans le S1 (+23 kg N/ha) et génère un potentiel de lessivage 3,4 fois plus important que dans le S2, où la part de prairies plus importante favorise l’immobilisation de l’azote dans le sol. Les pertes gazeuses, et notamment ammoniacales, sont supérieures dans le S2, du fait d’une quantité plus importante d’azote sous forme organique produite par le système.

 

Des émissions de GES identiques

Les émissions brutes de GES (CH4, méthane, N20, protoxyde d’azote, CO2, dioxyde de carbone), ramenées au litre de lait, sont similaires dans les deux systèmes (0,96 et 0,94 kg eq CO2/l lait) et légèrement inférieures à la référence régionale 2017 issue du projet CarbonDairy  (1,01 kg eq CO2/l lait). Du fait de la surface en herbe plus élevée dans le S2, le stockage de carbone est favorisé (en lien avec l’immobilisation de l’azote évoqué précédemment). L’empreinte carbone nette du lait (émissions de GES – stockage de carbone) est de ce fait plus faible pour le S2, avec une valeur de 0,81 kg eq CO2/l, soit 0.05 point de moins que le S1. L’empreinte carbone moyenne observée dans le projet Carbon Dairy pour la Bretagne était de 0,93 kg eq CO2/l lait, soit un écart de + 0.07 et 0.12 kg eq CO2/l lait par rapport à S1 et S2.

Plus pâturant, S2 affiche un bilan plus favorable.

Au final, moins díintrants pour le S2

Le S2 apparaît plus autonome en protéines pour l’alimentation du troupeau (+13 points) que le S1,
qui achète davantage de correcteurs azotés pour équilibrer la ration à base de maïs. Il est également
moins consommateur d’énergie, et notamment de fioul (- 19 l/ha SAU). Enfin, l’utilisation de produits phytosanitaires, bien que très modérée, reste plus élevée dans le S1,
où la sole en cultures annuelles, et notamment en maïs, était plus importante.

station expérimentale laitière de Trévarez

Verdict ?

Le système S2, plus pâturant, affiche un bilan environnemental plus favorable que le S1, notamment du fait d’une moindre dépendance aux intrants et d’un meilleur recyclage de l’azote.

 

 

 

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