Aller au contenu principal

Even a plutôt bien résisté à la crise Covid

En répartissant les risques, ses activités diversifiées ont permis au groupe Even de plutôt bien passer la crise. Malgré un chiffre d’affaires en recul de 5 %, la coopérative laitière finistérienne reprend ses investissements. Et concrétise ses engagements RSE, responsabilité sociétale des entreprises.

De gauche à droite : Guy Le Bars, président du groupe Even, et Christian Griner, directeur général.

"La complémentarité de nos activités nous a permis de résister", affirme Christian Griner, directeur général du groupe Even, à l’issue des assemblées de section, tenues en présentiel courant juin. Ainsi, si le chiffre d’affaires global est en repli de 5,5 %, celui de Laïta croît de 3 %, tiré par une augmentation de l’activité des GMS durant la crise Covid.
A l’inverse, celui du pôle distribution recule de 25 %. "Si les particuliers ont retrouvé un attrait pour le surgelé, permettant une augmentation de 20 % du chiffre d’affaires de ce secteur, la restauration commerciale a été fermée durant de longs mois. Et nous avons dû mettre au chômage partiel une partie de nos salariés". Le Covid n’ayant pas entraîné de perturbations majeures dans le fonctionnement des exploitations agricoles, le pôle Amont n’a que peu été perturbé. "Et au final, nous passons la crise sans avoir supprimé d’emplois", se félicite Christian Griner.

Aider les jeunes à s’installer
"Le résultat de la coopérative, stable à 19 millions d'euros, devrait permettre un retour vers les adhérents de 7,3 millions d’euros, l’équivalent de 17,44 €/1 000 l, une fois la décision validée par l’assemblée générale du 24 septembre prochain", rajoute Guy Le Bars, le président. Si 10 €/1 000 l leur seront versés directement, ils pourront également prétendre à 4 € supplémentaires via le fonds RSE, créé l’an passé. "Il pourra servir à améliorer la sécurité ou les conditions de travail des éleveurs, favoriser le bien-être animal, réduire l’empreinte environnementale des exploitations…".
Comme tous les ans, la coopérative va aussi accompagner les jeunes installés, 18 en 2020, en leur octroyant une aide de 7 500 € et un suivi technico-économique. "Pour le moment, on n’observe pas de déprise laitière sur notre zone : si nous avons moins de points de collecte, les volumes livrés par chacun d’eux s’accroissent. Mais nous restons vigilants sur le renouvellement des générations".

Réduire l’empreinte carbone
"D’ici 2030, Laïta va diminuer son empreinte carbone de 40 %". Pour parvenir à cet objectif ambitieux, Even veut faire feu de tout bois. "Nos adhérents sont déjà sous la barre des 0,9 kg équivalent CO2/l de lait". Les efforts vont aussi porter sur les emballages qui devront, à l’horizon 2025, être à 100 % recyclables, réutilisables ou compostables. "En 2020, nous avons déjà supprimé la cartonnette des fromages fouettés Mme Loïk. Et début 2021, nous avons lancé le premier beurrier en carton recyclable". Pour lutter contre le gaspillage alimentaire, Laïta valorise désormais ses déclassés et écarts de fabrication auprès de déstockeurs ou les offre à des associations caritatives. "Et moins de 0,02 % de nos produits de grande consommation ne partent pas vers l’alimentation humaine". Le groupe Even compte aussi sur le développement du numérique pour optimiser la logistique : préparation des commandes, livraisons... "La transformation digitale va aussi nous permettre d’améliorer le contact avec nos clients".

Augmenter le prix du lait
"La crise n’a pas ralenti notre développement". Après 55 millions d’euros investis en 2020, notamment à la fromagerie de Ploudaniel (29) ou au conditionnement à Lanfains (22), Even s’apprête à augmenter de 30 % la capacité de l’atelier de fabrication de Mme Loïk, à Créhen (22). Et le groupe poursuit sa croissance externe, en ayant acquis en février dernier Marathon food, une société londonienne spécialisée dans l’import de fromages méditerranéens. "Raisonnablement optimiste", la coopérative prévoit aussi une augmentation du prix du lait payé aux producteurs pour le second semestre, aux environs de 345-350 €/1 000 l. "Le prix de la poudre est revenu à un niveau normal. Et le marché à terme a l’air de se tenir". Une augmentation attendue par les producteurs. "Avec une hausse du prix des matières premières, l’effet ciseaux a été redoutable".

 

Even en quelques chiffres

- 670 exploitations laitières adhérentes
- 6 150 salariés
- 55 millions d’euros investis en 2020
- 2,1 milliards d’euros de chiffre d’affaires dont 64 % pour Laïta, 24 % pour Even distribution 11 % pour Even Amont et 1 % pour Even développement

 

Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 9.90€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Terra
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Terra
Consultez les revues Terra au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière Terra
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Terra.

Les plus lus

Une démarche RSE comme moteur du changement ?
Une démarche RSE peut elle être un moteur du changement ? C’est le pari que veut faire le Crédit Agricole des Côtes d’Armor qui a…
Forestiers : comment restaurer le dialogue avec la société ?
Si les citoyens apprécient la forêt, symbole de nature préservée, et le bois matériau, pour se chauffer ou se meubler, ils sont…
Des moissons compliquées par une météo pluvieuse
Depuis le 14 juillet le beau temps était reparti permettant aux moissons de démarrer enfin après un épisode pluvieux record. Sur…
La filière porcine en plein doute
Dans une lettre ouverte à Julien Denormandie, la première coopérative porcine de France explique son projet de quitter ATM (le…
Locus Solus, la petite maison d’édition qui monte...
Créée il y a maintenant neuf ans, Locus Solus se fait peu à peu sa place dans le monde de l’édition, à raison de 40 à 45 ouvrages…
Se lancer dans l’inconnu oui mais... avec des partenaires que l’on connaît bien !
Installés depuis quatre ans, Myriam et Vincent Labbé, ont repris deux élevages sur la commune de Plenée-Jugon (22). Leur objectif…
Publicité