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Une filière blé meunier biologique qui se relocalise

Aujourd’hui, les consommateurs demandent de plus en plus de transparence sur l’origine des produits qu’ils achètent. Les professionnels de la boulangerie viennoiserie biscuiterie n’échappent pas à cette tendance et pour eux, les questions d’approvisionnement en farines issues de céréales locales sont un enjeu fort. Cette demande est renforcée par la loi EGAlim qui incite à plus de produits biologiques, d’une part, et les politiques locales de restauration collective à plus d’approvisionnements locaux, d’autre part.

Afin donc de mobiliser les producteurs finistériens à produire du blé meunier biologique, un GIEE émergence, porté par Rés’Agri 29, a été mis en place.

Ces deux dernières années, des échanges avec plusieurs boulangers et meuniers du territoire finistérien ont permis de mettre en évidence cette attente d’une production de céréales et plus particulièrement d’un blé bio qui puisse être tracé sur son origine locale. A titre d’exemple, l’un de ces acteurs est aujourd’hui contraint de combiner trois apports répartis entre la Normandie, la Vendée et la Nouvelle Aquitaine pour satisfaire ses exigences de volume, de qualité et de durée d’engagement contractuel. C’est aussi une volonté de ces acteurs de se rapprocher des producteurs, localement, pour établir de nouvelles relations commerciales plus directes. Mais la sécurisation de leurs volumes d’achat et la régularité de qualité demeure une priorité. Si certains contrats en direct avec des producteurs existent déjà, ils restent marginaux et ne répondent pas de manière efficace au besoin de "faire" du local de qualité constante et en volumes suffisants.

Intégrer directement les attentes qualités aux échanges.

Un GIEE émergence pour mobiliser les producteurs

Afin donc de mobiliser les producteurs finistériens à produire du blé meunier biologique, un GIEE émergence, porté par Rés’Agri 29, a été mis en place. Ce groupement d’intérêt économique et environnemental a permis, dans son format "émergence", de lancer un plan d’actions de 12 mois afin d’aborder l’ensemble des enjeux, des problématiques et des clés de réussite de la culture. L’objectif est aussi de fédérer un groupe de producteurs qui puissent s’organiser et proposer une offre aux acheteurs locaux.
Le plan d’action repose sur trois grands principes que sont les journées techniques, les diagnostics agro-écologiques et les échanges de filière. Les journées techniques ont commencé en septembre 2020 autour de la question des variétés adaptées aux attentes de qualité des meuniers, mais aussi au contexte particulier de l’ouest de la Bretagne. C’est ensuite autour du semis et des conditions d’implantation que les producteurs se sont réunis, afin notamment d’observer la mise en place de bandes d’essais qui permettront de juger des variétés adaptées au terroir. En fin d’hiver 2021, les producteurs se sont à nouveau réunis pour appréhender les techniques de désherbage et la fumure azotée du blé en bio, toujours en suivant de près l’avancement des essais mis en place. Un dernier rendez-vous technique se tiendra courant Juin sur la dernière phase clé dans la réussite de la culture, à savoir la récolte et les conditions de stockage. Le blé meunier étant une céréale à destination de l’alimentation humaine, il est important d’observer des conditions de stockages appropriées.

De la production à la vente, des partenariats se construisent

Les producteurs présents aux rendez-vous ont pour un tiers déjà du blé meunier en place. Pour les deux tiers restants, c’est une découverte de la culture, ce qui démontre l’intérêt porté aujourd’hui à la diversification de son assolement et la valorisation en local de sa production.
Parmi les producteurs ayant une récolte à vendre dès 2021, certains ont déjà noué des partenariats avec les meuniers locaux, approvisionnement qui permettra à ces derniers d’intégrer progressivement des céréales locales dans sa mouture.
Enfin, le troisième grand principe de ce groupe repose sur les échanges entre pairs mais aussi avec les autres professionnels de la filière. Des meuniers ont été présents à chacune des journées techniques permettant de donner une perspective filière et débouchés aux producteurs. Cela permet d’intégrer directement les attentes qualités aux échanges et de soulever également les problématiques liées au stockage et à la logistique.

 

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