Les protéines végétales bretonnes bientôt dans nos assiettes
Plutôt que d’opposer protéines animales versus protéines végétales, l’association LEGGO (pour légumineuses du grand ouest) milite pour soutenir les deux et relocaliser les filières légumineuses. Objectif ? Techniquement et commercialement, remettre ces protéines produites ici dans nos assiettes. À découvrir le 23 juin prochain à Bignan.

Monter un projet collectif pour la filière..."Le risque était d’aller trop vite avec ce "vous allez proposer un repas végétarien", on risquait d’ouvrir en grand l’aspirateur à protéines végétales étrangères", et de cela, Jean-René Menier, cultivateur de la région de Ploermel (56), syndicaliste, élu chambre et président de LEGGO, ne voulait pas. Quand ce couperet tombe en avril 2019, "après le travail sur le Bien manger français et les PAT, il était urgent de se structurer", raconte-t-il.
S’unir pour s’organiser
Alors pour défendre l’idée du projet collectif, la Bretagne va agréger les Pays de Loire, puis la Normandie et le Centre val de Loire. Tous vont se mettre autour de la table pour créer une même structure "LEGGO, vraiment représentative du grand-ouest, et on a essaimé ailleurs en France. En ayant cinq à six associations, on couvre la France et on est cohérent pour parler d’offres de proximité à la cantine". Si l’objectif de l’association est bien d’organiser en amont la filière, il n’est pas question de produire des légumineuses pour l’alimentation humaine "aux coûts du Canada ou de l’Inde. Nous allons devoir valoriser notre savoir faire", ambitionne l’élu. Car les études menées par l’association auprès des consommateurs montrent leur "consentement à payer un peu plus pour un produit de proximité", consentement qui s’évalue en centimes par kilo.
Structurer et produire
Reste à mettre en ordre de marche les conditions économiques pour y parvenir, et notamment avec la contractualisation, "pour faire du stock et amortir les variations de rendements", pointe Bernadette Loisel en charge du dossier à la chambre d’agriculture. 42 adhérents, agriculteurs mais aussi collectivités, semenciers, transformateurs, distributeurs et restauration collective, toutes ces familles de la filière se sont engagées sur trois ans, et siègent autour de la table de LEGGO. "Notre objectif n’est pas d’opposer les protéines animales aux végétales, ce sont nos deux piliers de la gastronomie française, on veut encourager tout le monde", et enclencher la production qui se teste en Bretagne et dont les portes-ouvertes Innovaction du 23 juin prochain apporteront le contenu technique.
Les légumineuses à graines, tête d'affiche sur Kerguéhennec
La production de protéines en Bretagne est un axe de travail prioritaire sur la station. Une plateforme d’essais a été mise en place au printemps et pourra être visitée le 23 juin après-midi dans le cadre des journées Innov’action. Depuis 2015, la station teste l’association des protéagineux avec des céréales, en agriculture conventionnelle et biologique, dans l’objectif de diminuer les variations de rendements et d’en améliorer la rentabilité. Ainsi, féveroles, pois et lupins au service de l’alimentation animale ont été associés à différentes céréales.
L’innovation passe aussi par l’adaptation de nouvelles espèces à nos systèmes de cultures (soja, lentille, pois chiche) et le développement de filières pour l’alimentation humaine. Cette année, toutes ces cultures font l’objet d’essais afin de trouver les modalités techniques les plus adaptées à notre contexte breton. / Yvon Lambert - Responsable de la Station de Kerguéhennec






