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INDUSTRIE AGROALIMENTAIRE / Gérer l’urgence

Dans le contexte de développement de la pandémie, la réorganisation des entreprises agroalimentaires (IAA), restées entièrement mobilisées, s’est imposée. Dans l’urgence, il leur a fallu assurer la production et répondre à la demande des consommateurs. Réorganisation industrielle et sociale immédiate pour certaines, recherche de nouveaux débouchés pour d’autres habituellement tournées vers la restauration hors domicile alors au point mort. Une part importante des décisions d’investissement ont donc été remises à plus tard.

4,38 md d’euros de ventes agricoles et agroalimentaires à l’export en 2020

Les IAA bretonnes ont tenu le cap en termes de chiffre d’affaires, malgré le coup de frein des exportations. Pour 2020, l’agroalimentaire breton voit son chiffre d’affaires se développer de 2,8 %, une valeur d’ailleurs très proche des prévisions émises un an plus tôt par les chefs d’entreprises enquêtés par la Banque de France. Un gain obtenu dans un contexte de débouchés très perturbés et alors que les ventes à l’export accusent une baisse de 5 % cette année, d’après les Douanes. Le rythme de croissance du chiffre d’affaires du secteur qui a prévalu en 2020 devrait se prolonger en 2021 (+ 2,4 % sur un an). Les IAA bretonnes profiteraient d’un rebond (+ 6 %) de la demande internationale qui a fait défaut en 2020, d’après la Banque de France.

Les chiffres de l'agriculture

 

- 2 233 ETP intérimaires entre février et avril 2020 dans les IAA bretonnes

L’intérim a joué son rôle de variable d’ajustement à la conjoncture en 2020. En décembre 2020, les effectifs intérimaires des IAA bretonnes ne sont pas revenus à leur niveau d’avant Covid (- 700 ETP sur un an). Après sa chute en mars et avril, l’intérim dans les IAA s’étoffe à nouveau dépassant même les 12 000 ETP en septembre. Ces effectifs intérimaires ont prêté main forte aux emplois salariés dans les IAA bretonnes qui ont atteint plus de 71 600 emplois au 3e trimestre 2020. C’est presque 400 emplois de moins par rapport au 3e trimestre 2019. En repli dès le premier trimestre, les effectifs salariés dans les IAA bretonnes évoluent de manière moins marquée à la hausse comme à la baisse par rapport au secteur national. Les entreprises ont fait le choix de maintenir autant que possible leurs effectifs, tant les difficultés de recrutement sont fortes.

 

Actualités de la filière

À RETENIR DE 2020

Pour les industries agroalimentaires, la fin d’année 2020 n’offre pas un complet retour à la normale. Le quotidien des industriels de l’agroalimentaire et de leurs équipes a été chahuté notamment dans la gestion des moyens humains disponibles (cas-contacts ou clusters). Face au comportement très inhabituel des consommateurs, notamment lors du premier confinement, avec la forte accélération de la demande des consommateurs en grande surface, les entreprises ont dû s’adapter aussi bien sur le marché intérieur que pour l’export. Cette crise massive de l’offre et de la demande a provoqué de la sur-activité pour certaines ou de la sous-activité notamment pour celles tournées vers le débouché de la restauration hors domicile (en chute), se soldant parfois par la fermeture temporaire de site. Face au problème de disponibilité de la main d’œuvre, le "prêt" de salariés entre entreprises a été activé rapidement grâce à l’expérience acquise dans le cadre du dispositif Agil’Agro, testé depuis octobre 2019 en Bretagne.

LES ENJEUX DE LA FILIÈRE POUR 2021 ET LES ANNÉES SUIVANTES

Après la consolidation des débouchés, l’adaptation de l’organisation industrielle aux contraintes sanitaires, la gestion sociale à très court terme, c’est le maintien des investissements, retardés en 2020 pour une grande part, qui est dorénavant la priorité avec pour cap celui de la souveraineté alimentaire. Selon la Banque de France, c’est une reprise des investissements de 7,7 % en 2021 qui est attendue dans les IAA bretonnes (contre 9 % en valeur sur un an au niveau national, après - 6 % en 2020), dans l’hypothèse où, comme espéré par les industriels, les contraintes sanitaires s’estomperaient. Le plan gouvernemental de relance a fléché l’agroalimentaire comme secteur stratégique. Les entreprises des secteurs concernés peuvent donc bénéficier d’aides à l’investissement pour répondre aux transitions que ce soit dans le cadre de la modernisation des abattoirs (enveloppe disponible de 23,45 M€ en Bretagne) ou d’investissements dans le cadre de la structuration de filières. L’occasion est ainsi donnée aux entreprises de réfléchir à leur avenir et à leurs adaptations à plus long terme. Selon l’Ania, une des conditions de réussite réside néanmoins en la levée du tabou de ‘l’inflation alimentaire raisonnable dans un contexte de hausse de coûts des intrants et du transport ou encore de surcoûts de nature réglementaire qui s’imposeront aux entreprises alimentaires dès 2021 sur la question des emballages notamment.

 

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