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La FDSEA s’oppose à la transition "idéologique"

Réunie en assemblée générale le 2 avril dernier, la FDSEA a dénoncé une transition"idéologique", basée sur l’injonction des politiques et associations quand le consommateur, lui, n’est pas toujours au rendez-vous d’une montée en gamme nécessitant de payer plus.  

De gauche à droite : Jean-Alain Divanac’h, président de la FDSEA, Hervé Le Saint, trésorier, et Thierry Marchal, secrétaire général.
© Chantal Pape

"L’injonction de la transition nous fait mal". Une injonction que les agriculteurs ressentent comme une remise en cause de leur métier, de leurs façons de faire. "C’est oublier tout le travail qui a déjà été fait, affirme Jean-Alain Divanac’h, le président de la FDSEA. Nos métiers sont en perpétuelle évolution". "Agroécologie, biodiversité, bien être animal, protection de l’eau et des sols…, on en a besoin tous les jours, rajoute Hervé Le Saint, trésorier. On n’a aucun intérêt à détruire notre outil de travail". "Ces dernières années, on a diminué l’usage des phyto dans les champs, diminué les traitements antibiotiques en élevage, amélioré le logement de nos animaux, énumère Thierry Marchal. La montée en gamme est permanente".

Répondre à toutes les demandes

Pour autant, pas question pour la FDSEA d’inciter les agriculteurs à partir massivement vers le bio ou les circuits courts. "On défend la diversité de l’agriculture, la diversité de nos modes de production, plaide son secrétaire général. C’est ce qui nous permet de répondre à toute les demandes".

Car si le citoyen a un avis bien arrêté sur ce qu’il veut dans son assiette, le consentement à payer du consommateur le contraint à revoir ses choix au moment d’effectuer ses achats. "Nous ne voulons pas tous aller dans ce qui se révèlerait être une souricière, faute de débouchés pour tous les agriculteurs : en tant qu’entrepreneur, il est de notre responsabilité de produire ce qui se vend. Sinon, le risque est grand de nourrir demain le consommateur de produits importés". Sans compter qu’au niveau local, l’équilibre est souvent fragile. "Il n’y a pas de place pour tout le monde dans les circuits courts, prévient Jean-Alain Divanac’h. Mais, bien que vendues en circuit long, les crêpes Even, les tomates Saveol ou Prince de Bretagne sont quand même locales".

Des injonctions contradictoires

Alors que de nombreuses échéances électorales se profilent, les élus ne cachent pas leur inquiétude. "Plutôt que de parler des principaux problèmes auxquels est confronté notre pays, les campagnes se focalisent sur l’environnement et l’alimentation", constate Hervé Le Saint, qui craint "une course à l’échalote de celui qui demandera le plus". "Elus politiques, associations environnementales, welfaristes… : leurs injonctions sont souvent contradictoires, ce qui fait la difficulté de notre métier, rajoute Jean-Alain Divanac’h, en citant le cas du glyphosate. "Il faut savoir que son arrêt entraînera plus de carbone et plus d’érosion. Où est la logique ?"

Rester maître des évolutions

"Nous voulons rester à l’abri des dogmes et des idéologies, ne pas être à la merci de politiques très changeantes, résume Jean-Alain Divanac’h. Et garder la main sur nos évolutions : l’agriculture nécessite un temps long, qui n’est pas le temps des politiques".

 

Une assemblée générale dématérialisée

"C’est la deuxième année consécutive que nous devons organiser notre assemblée générale en mode dématérialisé". Contre mauvaise fortune, Jean-Alain Divanach, le président de la FDSEA, n’a d’autre choix que de faire bon coeur. "L’an passé, elle était initialement prévue le 19 mars, en plein confinement. Nous l’avons finalement tenue en juin, en visioconférence. Et c’est encore ce que nous avons fait cette année après avoir espéré, un temps, pouvoir l’organiser en présentiel". Si les échanges lors de ce temps fort qu’est l’assemblée générale départementale manquent aux adhérents comme aux membres du conseil d’administration, la FDSEA se félicite tout de même d’avoir pu maintenir ses assemblées locales, pour la plupart en présentiel et sur des exploitations agricoles. "Il y avait moins de monde que les années précédentes. Mais le lien avec les adhérents a pu être maintenu".

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