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L’agriculture bretonne au cœur d’activités diverses et complémentaires

Les filières agricoles et agroalimentaires bretonnes totalisent 142 290 emplois directs. Plus de la moitié (53 %) se situe dans les industries en amont et en aval de la production agricole. Quant au travail réalisé sur les exploitations agricoles, il représente 37 % des emplois. Les 10 % restant concernent les services directs et organismes divers qui sont en appui du secteur agricole. Ces 142 290 emplois représentent 10 % de l’emploi total en Bretagne.

Si l’agriculture bretonne représente 53 000 emplois en production, il faut y ajouter ceux de l’amont, de l’aval et des services qu’elle utilise au quotidien pour mesurer son impact réel sur l’économie régionale.
© Claire Le Clève

L’agriculture est un secteur majeur pour la Bretagne. Il représente de l’ordre de 53 000 emplois, soit 4 % des emplois de la région. Cela peut paraître peu, mais c’est deux fois plus qu’au niveau national. Autour de la production agricole, gravitent de nombreuses activités.
En premier lieu et de manière évidente, on pense au secteur de l’industrie agroalimentaire avec ses quelques 64 000 salariés, auxquels il faut ajouter l’appui des intérimaires, soit plus de 11 000 salariés en équivalents temps plein. Mais l’agriculture génère également de nombreux emplois dans d’autres activités : d’un côté les services marchands comme les entreprises de travaux agricoles, les centres de gestion, les groupements de producteurs…, et d’un autre côté, les organismes en appui aux agriculteurs comme les organisations professionnelles, les organismes de recherche, les instituts techniques ou l’enseignement agricole pour n’en citer que quelques-uns. Chiffrer l’ensemble de ces emplois permet de montrer que l’activité agricole a un impact en termes d’emplois sur l’économie régionale, bien au-delà de ceux des exploitations.
Par ailleurs, d’une filière à l’autre, le nombre d’emplois et leur répartition selon les différents maillons (production, industrie agro-alimentaire, services et organismes divers) peut varier considérablement. Il est donc intéressant de regarder l’emploi généré par chaque filière de production. Une telle approche permet de montrer comment une variation significative de l’activité agricole dans une production peut impacter l’emploi dans les autres maillons de la filière.
Ce sont ces différentes approches chiffrées qui ont été réalisées par le service économie emploi de la chambre d’agriculture de Bretagne en 2020. Ce travail avait déjà été mené en 2013. Des analyses en termes d’évolution ont donc être pu être réalisées.

L’agriculture bretonne

142 290 emplois en Bretagne

Ainsi, la Bretagne agricole génère plus de 142 000 emplois en 2020. Par rapport à 2013, on constate une légère augmentation, de l’ordre de 2 %. Elle est liée au développement des emplois dans les industries agro-alimentaires amont et aval, tandis que les autres maillons (production, services et organismes divers) perdent des emplois.
Avec un peu plus de 38 000 emplois, soit 27 % du total, c’est la filière laitière qui emploie le plus en Bretagne. Dans cette filière, plus de la moitié (55 %) des emplois se trouve dans les exploitations agricoles. Au contraire, dans la filière avicole et surtout porcine, la majorité des emplois se situe dans les IAA aval : 47 % en aviculture et 61 % en porc.
Au total, les filières lait et porc cumulent quasiment la moitié (47 %) des emplois régionaux. Viennent ensuite les filières avicoles (12 %), légumières (10 %), viande bovine (7 %), grandes cultures (4 %, stable). Les "autres filières" représentent 20 % des emplois, notamment parce qu’elles cumulent de nombreuses activités dans la partie IAA aval (boulangerie-pâtisserie-crêperie-biscuiterie, produits de la mer, plats cuisinés, boissons…), activités en développement pour la plupart. Dans le maillon production, les "autres filières" comprennent en particulier l’horticulture-pépinière, les élevages ovins et caprins viande, la filière équine, ainsi que les temps consacrés sur les exploitations aux activités d’accueil, de vente directe ou de transformation.
Par rapport à 2013, les emplois progressent dans les filières lait, légumes et autres filières, alors qu’ils diminuent en viande bovine, porc, aviculture et grandes cultures.

L’agriculture bretonne

Des emplois assez bien répartis entre départements

Même si le Morbihan (22 %) est en léger retrait, les emplois sont relativement bien répartis sur le territoire breton. Les écarts se réduisent puisqu’en 2014, le Morbihan n’en possédait que 21 %, et que le Finistère se détachait avec 29 % des emplois régionaux (contre 26 % aujourd’hui). En outre, la répartition des emplois par filière est très différente d’un département à l’autre. Le lait domine en Ille et Vilaine avec 40 % des emplois du département. Par ailleurs, 43 % des emplois en viande bovine se situent dans ce département. Dans les Côtes d’Armor, la filière porcine occupe 29 % des emplois du département, suivie par le lait (24 %). Dans le Finistère, ce sont les "autres filières" qui arrivent en première place (25 % des emplois du département, notamment grâce aux activités industrielles dans les produits de la mer et de la boulangerie-pâtisserie-crêperie-biscuiterie), suivies de près par la filière lait (24 %). Les emplois régionaux de fabrication industrielle de produits de la mer se concentrent à 60 % dans le Finistère. Ce département est en tête dans la filière légumes, avec 44 % des emplois régionaux de cette filière. Dans le Morbihan, la filière avicole et les "autres filières" dominent avec pour chacune 23 % des emplois départementaux.
Avec 142 290 emplois en 2020, on peut dire qu’une exploitation agricole génère 6 emplois directs, dont plus de la moitié dans les industries de l’amont et de l’aval. C’est plus qu’en 2013 où on arrivait à 4,9 emplois pour une exploitation. Cette hausse s’explique du fait de la diminution du nombre d’exploitations agricoles (-14 % par rapport à la précédente étude) et de l’augmentation des emplois dans les IAA amont et aval. Les emplois de ces maillons se sont renforcés, passant de 2,4 en 2013 à 3,2 emplois aujourd’hui.

 

Contact : anne.bertagnolio@bretagne.chambagri.fr - nathalie.ledrezen@bretagne.chambagri.fr

L’agriculture bretonne

 

Précisions sur la méthodologie et le périmètre de l’étude

- Méthodes de calcul
Différentes méthodes ont été utilisées pour comptabiliser les emplois. Pour la production, les emplois ont été calculés sur la base des volumes de production et de ratio de temps de travail nécessaire pour réaliser ces volumes. Pour les entreprises agroalimentaires, les chiffres proviennent des bases de données du service économie emploi. Ils ont été complétés par les données de l’intérim, disponibles via la Dares. Pour les services directs et organismes divers, les données ont été obtenues essentiellement par des enquêtes directes auprès des structures.
Le maillon production comprend les activités de cultures et d’élevage, ainsi que les activités de diversification réalisées sur les exploitations (transformation, accueil, vente directe). Est également comptabilisé dans le maillon production le travail réalisé sur les exploitations par les ETA, Cuma et services de remplacement.
Le maillon IAA (industrie agroalimentaire) amont comprend le secteur de la fabrication animale (aliments et minéraux), ainsi que les couvoirs pour la filière avicole. Ne sont donc pas prises en compte les activités comme l’agrofourniture, la production d’engrais et de produits phytosanitaires, l’agroéquipement, les autres équipementiers et les entreprises du bâtiment pour la construction de bâtiments agricoles.
Le maillon IAA (industrie agroalimentaire) aval concerne les activités d’abattage-découpe-transformation des viandes,
la collecte et la transformation du lait, la transformation des légumes, la collecte et la transformation des céréales. Ne sont pas prises en compte les activités de stockage (hors grandes cultures), ni le commerce de gros de produits agricoles et agroalimentaires.
Le maillon services directs comprend les prestataires de travaux agricoles, les services sanitaires, les centres de gestion, les services de remplacement et groupements d’employeurs départementaux (emplois administratifs), l’insémination artificielle et les organismes de sélection, le contrôle des performances, le conseil technique, les organismes certificateurs, les laboratoires d'analyses et de recherche vétérinaire et sol, les vétérinaires, les prestataires de services avicoles, les groupements de producteurs, les organismes et unions de producteurs, la presse agricole, les banques et assurances. Ne sont pas pris en compte les prestataires de services auprès des IAA (nettoyage de locaux, maintenance des équipements…) ni les activités de transport de denrées agricoles et agroalimentaires.
Les organismes divers pris en compte sont les administrations d'Etat et collectivités territoriales, les organisations professionnelles agricoles, les syndicats agricoles, les associations, les groupes de développement et unions professionnelles, les organismes de recherche et instituts techniques, l’enseignement agricole (de la Seconde pro au BTSA). L’enseignement supérieur (universités, IUT, école d’agro) n’est donc pas comptabilisé.

- La localisation des emplois
Les emplois comptabilisés seront ceux localisés sur le territoire breton. L’analyse a été déclinée par département.

 

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