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L’agroécologie commence à porter ses fruits

La filière fruits et légumes s’engage, et porte de plus en plus les enjeux de l’agroécologie. Mais comment valoriser ces produits, plus chers à produire, auprès des consommateurs, encore aujourd’hui peu réceptifs ? Pour en parler le CTIFL* a organisé une table ronde mardi 17 novembre avec de nombreux acteurs de la filière.

L’acte d’achat de produits frais est poussé par quatre grands principes : le goût, la santé, l’origine (avec une forte nationalisation et l’essor du "Made in France") et la saisonnalité.

Aujourd’hui, 50 % des fruits et légumes (F&L) actuellement consommés en France ne contiennent aucun résidu de pesticide détectable. Des progrès restent à faire, mais ils sont atteignables en raison des processus déjà engagés. En effet, les acteurs de la filières s’engagent, de la production à la distribution. Différentes démarches existent et tendent à se développer, ZRP, sans pesticide de synthèse, HVE, Global Gap. C’est le cas, de Carrefour qui s’est fixé comme objectif d’avoir 100 % de ses filières qualité engagées dans une agriculture durable, et ainsi supprimer tout ou une partie des pesticides chimiques de synthèse dans la production des fruits et légumes. Après des fruits comme le kiwi, Carrefour lance en octobre la pomme de terre française cultivée sans pesticides de synthèse dès la levée (apparition des 1ères feuilles) et sans traitement chimique après récolte. L’association "Demain la Terre" produisant 200 000 tonnes de fruits et légumes par an, a mené des travaux de recherche qui leur a permis de réduire de 30 % les produits phytosanitaires. L’association "Nouveau Champ", quant à elle, a labellisé une quarantaine d’espèces. De nombreuses démarches émergent, la filière s’engage petit à petit dans la "troisième voix de l’agriculture", proposant des produits sains et durable, à mi-chemin entre les filières conventionnelles et bio. Mais quels débouchés pour ces produits ?

 

Embarquer le consommateur

Les tendances de consommation évoluent. L’acte d’achat de produits frais est poussé par quatre grands principes : le goût, la santé, l’origine (avec une forte nationalisation et l’essor du "Made in France") et la saisonnalité. C’est la fin des étalages de fraises en hiver. Ainsi, le mode de production arrive seulement en cinquième position dans le choix des produits végétaux. Par ailleurs, 50 % des Français ne savent pas ce qu’est l’agroécologie. Il faut donc embarquer le consommateur dans cette transition et trouver le bon modèle qui répondra aux promesses d’un produit plus écologique sans dépasser le seuil d’acceptation. Néanmoins, des études sociologiques menées par le CTIFL montrent que seule une minorité de consommateurs est prête à payer un prix 20 % supérieur, surcoût moyen estimé lié aux évolutions technico-économiques.
Tous les participants autour de la table souhaitent rappeler que la filière F&L est l’une des plus vertueuses. Mais cette dernière doit communiquer sur les engagements pris, user de pédagogie et revaloriser les produits frais aux yeux des consommateurs, modifier la présentation des stands de F&L, embaucher des primeurs dans les GMS ou encore réduire les emballages plastiques.

* Centre technique interprofessionnel des fruits et légumes

 

F&L : une filière qui síengage

De nombreuses démarches sont en cours, l’Inrae, le CTIFL et les partenaires de la filière mènent des travaux de recherche pour faire évoluer les pratiques techniques. Voici les principaux engagements issus du plan filière fruits et légumes :
HVE (Haute Valeur Environnementale) : Objectif d’engagement des producteurs de fruits et légumes dans le dispositif de certification environnementale : 50 % (en valeur) des fruits et légumes commercialisés d’ici cinq ans.
SIQO (Signes d’Identification de la Qualité et de l’Origine) : Objectif commun avec le bio : 25 % (en valeur) des fruits et légumes commercialisés sous SIQO (dont bio) d’ici cinq ans.
Approvisionnement de la restauration collective : 50 % de produits issus de "l’alimentation durable" (SIQO, Bio, local, de saison, HVE…) d’ici 5 ans.
Pesticides : Optimisation des intrants en fonction des risques sanitaires et environnementaux : de 20 à 50 % de réduction d’ici 2030, si possible, selon les espèces, les itinéraires techniques, les évolutions variétales et l’accompagnement financier pour la recherche et le développement.

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