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Le chauffage bois, atout pour l’élevage avicole ? L’exemple de l’EARL de Saint-Yves

En 2020, Valérie et André Le Biavant ont choisi d’installer des aérothermes à eau chaude alimentés par une chaudière bois pour chauffer leurs trois poulaillers de 4 000 m2 en poulet lourd.

Un chantier de broyage avec un prestataire.

L’EARL de Saint-Yves a connu un important incendie, avec deux bâtiments partis en fumée. Les deux bâtiments sont reconstruits en 2020. Se pose alors la question du chauffage des bâtiments, auparavant chauffés avec des canons à gaz. Encouragés par les retours d’éleveurs voisins, Valérie et André Le Biavant décident d’installer des aérothermes à eau chaude dans chacun de leurs trois poulaillers.
Une chaudière bois est choisie pour produire la chaleur. Les éleveurs optent pour une chaudière ETA Hack de 350 kW, épaulée en cas de besoin par deux chaudières propane de 220 kW. Ce système combinant bois et propane a l’avantage de réduire le coût d’investissement, améliorer le rendement de la chaudière bois qui est plus sollicitée, et fournir un système de secours en cas de panne.

La chaufferie, aménagée dans un coin de hangar.

Moins de renouvellement de litière

Un des impacts du nouveau système de chauffage a été la réduction des quantités de litière utilisée par lot. La litière restant sèche beaucoup plus longtemps, les éleveurs ne doivent plus repailler en cours de lot. Un gain de temps et de confort de travail considérables, ainsi qu’une économie sur l’achat de litière.
Les aérothermes (1), placés à raison de 3 ou 4 unités par bâtiment, ont plusieurs fonctions :
- distribuer la chaleur dans les bâtiments pour le confort animal,
- envoyer un flux d’air chaud sur la litière pour la sécher,
- destratifier l’air dans les bâtiments, en recyclant l’air qui s’accumule sous le faîtage.

Fonctionnement d'un aérotherme.

Pour un élevage de 4 000 m2 qui consomme annuellement 40 tonnes de propane, l’économie atteint 13 000 € par an.

Un meilleur comportement des poulets

Outre la meilleure tenue de la litière, les aérothermes envoient un flux d’air chaud au niveau des poulets qui garantit le confort des animaux quel que soit leur âge. La distribution de la chaleur étant homogène, les poulets utilisent tout l’espace à leur disposition. Il n’y a plus de zone froide ou humide où le confort est limité.
De plus, l’absence de canons à gaz à combustion directe facilite grandement le respect de l’arrêté ministériel du 28 juin 2010 qui fixe la limite de 3 000 ppm de dioxyde de carbone (CO2) dans l’air à hauteur des animaux et sur toute la durée du lot.
Le résultat est que les animaux sont beaucoup plus actifs et consomment moins d’aliment.

La chaudière ETA et le ballon tampon.

Une maîtrise des coûts de chauffage

Avec le prix de l’énergie qui explose en 2021, la maîtrise des coûts de chauffage devient un enjeu considérable. Ressource locale, le bois est beaucoup moins affecté par des variations de prix en comparaison avec le fioul ou le propane. Le coût de plaquettes de bois achetées à une entreprise se situe actuellement entre 2 et 3 c€/kilowattheure, contre près de 6 centimes pour le propane et 8 centimes pour le fioul. Pour un élevage de 4 000 m2 qui consomme annuellement 40 tonnes de propane, l’économie atteint 13 000 € par an.
Lorsqu’on dispose de bois, que ce soit sous forme de forêt ou haies, le coût du combustible atteint généralement 2 000 à 3 000 € par an (coupe et broyage par un prestataire externe), sans compter le transport et stockage. Pour l’élevage de 4 000 m2, on atteint des économies annuelles d’environ 25 000 €.
Signalons enfin qu’outre l’économie sur le combustible, le chauffage à combustion indirecte des bâtiments permet de diminuer la prime d’assurance des bâtiments d’élevage.

 

L’exploitation en images : Cette vidéo tournée à l’EARL de Saint-Yves est consacrée au système de chauffage à eau chaude alimentée par la chaudière bois.

L’exploitation en images.

 

 

Accompagnement et subventions

Le chauffage bois permet de réduire les émissions de CO2 fossile. À l’EARL de Saint-Yves, la réduction d’émissions atteint 140 tonnes par an.
En Bretagne, le Plan bois-énergie Bretagne et le Fonds chaleur de l’Ademe proposent des subventions pour l’installation de chaudières bois et la mise en place de réseaux de chaleur alimentant les bâtiments d’élevage. L’équipement des bâtiments est éligible quant à lui à la mesure 412 du PCAEA.
La chambre d’agriculture vous informe et accompagne dans vos projets de modernisation, y compris pour la mise en place de chaufferies bois en élevage, et vous guide dans vos démarches de demande de subventions (Plan bois-énergie Bretagne, Fonds chaleur, PCAEA).

Informations : Laurent Somer, 07 87 88 70 83

 

Un tas de bois en train de sécher dans un hangar.

Chauffage bois : des portes ouvertes en décembre

La chambre d’agriculture, soutenue par l’Ademe, dans le cadre du Plan bois-énergie Bretagne, vous convie à deux portes ouvertes dans des élevages équipés de chaudière bois.
Volaille de chair et veau de boucherie : le 10 décembre, de 14h à 17h, SCEA Angervol, Les Brégeons Ossé à Chateaugiron (35).
Informations : Hervé Guillemot 06 30 69 36 47
Porc : le 14 décembre, de 14h à 16h30, EARL de Treviguet à Lizio (56). Informations : Sophie Beausire 06 30 99 93 31

 

 

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