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Le financement participatif : en agriculture aussi

Le financement participatif encore appelé "crowdfunding" a aujourd’hui toute sa place dans les projets d’installation en agriculture. Il s’agit d’un mode de collecte de fonds. Les sommes sont recueillies via une plateforme internet qui permet à différents contributeurs de choisir de financer directement un ou plusieurs projets identifiés. Le gros avantage de la plateforme est qu’elle met en lumière un certain nombre de projets qui seront soutenus collectivement par plusieurs individus.

Depuis quelques années maintenant des plateformes sont identifiées comme spécialisées en agriculture telle que "Miimosa" ou encore "GwenneG". L’idée de base : un créateur ou un repreneur d’exploitation agricole, qui n’a pas à sa disposition suffisamment de fonds pour lancer son activité, fait appel à des individus pour financer son projet via la plateforme. Cette action n’a pas vocation à couvrir la totalité des besoins financiers du projet. Le financement participatif vient bien souvent en complément d’un emprunt bancaire.

Ce qui séduit le plus les contributeurs, c'est l'histoire racontée et les valeurs qui en émergent.

Le collectif est la force de ce financement

La plateforme permet la rencontre entre le créateur ou repreneur d’entreprise et les potentiels financeurs. Elle donne une visibilité au projet. Concrètement, le repreneur ou créateur présente son projet sous la forme d’un descriptif écrit, de photos et/ou vidéos. Les financeurs choisissent de contribuer à un ou plusieurs projets à la hauteur qu’ils souhaitent. Les projets agricoles présentés à ce jour concernent majoritairement des productions telles que le maraîchage, l’élevage de brebis, les plantes aromatiques, l’apiculture… avec un atelier de transformation à l’appui et vente directe. Les financeurs sont de tous profils et de tous milieux. Pas besoin d’être "rentier" pour devenir contributeur. En témoigne, cet étudiant à l’Université Bretagne Ouest venu s’exprimer aux "rencontres du financement participatif". Il donne environ 15 euros aux projets qu’il veut accompagner. Ce qui séduit le plus les contributeurs, c’est véritablement l’histoire racontée par les créateurs ou repreneurs et les valeurs qui en émergent. Le collectif est la force de ce type de modèle de financement. Le fonctionnement est simple, transparent tant pour le créateur que pour le financeur. La contrepartie au financement n’est pas systématique. Certains financeurs donnent une somme sans demander de retour. Selon les projets, le créateur ou repreneur peut proposer des produits, la visite de l’exploitation, la prise de participation aux fonds propres de la société créée ou encore le prêt.

Les projets agricoles présentés à ce jour concernent majoritairement des productions telles que le maraîchage, l’élevage de brebis, les plantes aromatiques, l’apiculture… avec un atelier de transformation à l’appui et vente directe.

Une visibilité à grande échelle

Qu’on se le dise, passer par le financement participatif pour un porteur de projet, c’est démarrer sa campagne de communication et ce à grande échelle ! Cela permet de tester la valeur de la communication sur son projet. Une bonne communication engendra une campagne de crowdfunding réussie. Elle permet de fédérer une communauté autour d’un projet et de le faire connaître au-delà des cercles proches (famille et amis). Pour le porteur de projet, il convient, dans un premier temps, d’évaluer sa capacité de mobilisation en construisant et en étoffant ses réseaux. Les dons moyens sont de l’ordre de 50 euros. Il faut ensuite établir le calendrier. Exemple : atteindre en 45 jours 4 500 euros de dons. Puis, vient le choix de la contrepartie au don ou non. Un projet en financement participatif bascule en "réussi" chez Miimosa lorsque la part des fonds collectés atteint 70 % de la somme à collecter. Si cette part n’est pas acquise, les contributeurs se voient réattribuer leurs mises. En agriculture, les sommes demandées sous la forme de dons par les créateurs ou repreneurs  oscillent en moyenne entre 5 000 et 10 000 euros.

 

 

Quelques chiffres

Le financement participatif en France connait un essor sans précédent avec plus de 400 millions de collectés en 2019 contre 167 millions en 2015.
Le don : en moyenne, 4 700 euros de dons par projet.
Le prêt : il s’agit d’un réel intérêt pour les entreprises pour faire des opérations de financement, des opérations de communication. En moyenne, environ 500 000 euros de prêt par projet.
L’investissement : les contributeurs détiennent des parts sociales (SCI) et touchent des dividendes. En moyenne, environ 400 000 euros en investissement par projet qui varie selon le contexte fiscal plus ou moins favorable à ce type d’opération.
Les types porteurs de projets : 65 % de TPE/PME et ETI, 14 % économie sociale et solidaire, 12 % Start Up, 6 % particuliers, 3 % autres (collectivités).
La répartition par secteur : 42 % immobilier, 22 % commerces et services, 12 % environnement, 8 % technologie et numérique, 8 % industrie, 5 % santé et recherche, 3 % agriculture.

 

Christelle L’Hostis, Miimosa pour financer son magasin

installation

BTSA technologie végétale en poche, Christelle s’est installée en octobre 2018 en maraîchage bio diversifié. Elle a créé sa propre structure après l’achat d’un corps de ferme et exploite à ce jour 1,70 ha.

J’ai découvert le financement participatif lors d’une formation pôle emploi. J’ai de suite été séduite par l’idée. J’ai décidé de faire financer une partie de mon magasin par cette voie là. Il existe plusieurs plateformes. Il est important de bien la choisir. J’ai opté pour Miimosa, spécialisée dans l’agriculture et qui a un partenariat avec "Bienvenue à la ferme". Son gros intérêt : lorsque la cagnotte atteint 70 %, le projet est réussi. Le créateur perçoit au moins 70 % de la somme demandée. J’ai demandé 5 000 euros. J’ai reçu 3 500 euros. En contrepartie des dons qui allaient de 30 à 100 euros, j’ai proposé un week-end dans mon gîte, des cours de cuisine ou une journée découverte à la ferme. Avant de mettre mon projet sur la plateforme, j’ai communiqué sur les réseaux sociaux, auprès de mes futurs clients, des amis et de ma famille. Lorsque le projet était sur la plateforme, j’ai appelé les journaux, Ouest-France et le Télégramme, pour faire paraître des articles sur mon projet. Aujourd’hui, je commercialise mes produits à la ferme (magasin en cours de création) et sur le marché de Landivisiau. S’engager dans le financement participatif représente un investissement en temps. J’ai commencé à travailler sur la communication 3 à 4 mois avant de lancer le projet sur Miimosa. C’est du temps passé mais cela est tout bénéfice.

 

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