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Les ravageurs d'automne

Depuis plusieurs années, Terres Inovia et ses partenaires réalisent un monitoring pour suivre l’évolution des résistances au sein des populations de coléoptères ravageurs du colza, et notamment de la grosse altise.

© Terres Inovia

Les grosses altises font de la résistance

Depuis la campagne 2018, ce monitoring a mis en évidence chez quelques populations de grosses altises des mutations conférant un haut niveau de résistance aux pyréthrinoïdes (mutation Super-KDR), en région Bretagne et Pays de la Loire. Les analyses réalisées en 2020 confirment que ces mutations sont, pour l’instant, présentes en faible proportion dans les populations où elles ont été détectées (moins de 10 % des individus porteurs).
Plusieurs mécanismes de résistance sont identifiés pouvant induire une baisse d’efficacité des pyréthrinoïdes sur la grosse altise (adultes et larves) et notamment la résistance par mutation de cible. Appelée KDR, elle est généralisée sur l’ensemble du territoire et confère un niveau de résistance variable, faible à moyen, aux pyréthrinoïdes. Il existe une autre résistance, appelée super-KDR, qui confère, elle, un haut niveau de résistance aux individus (efficacité nulle des pyréthrinoïdes).
Du fait du caractère héréditaire de ces résistances, la présence d’individus résistants dans une population peut rapidement conduire à une généralisation des phénomènes de résistance, dans un contexte où les pyréthrinoïdes sont principalement utilisés pour lutter contre la grosse altise.

Présence avérée en Bretagne et Pays de la Loire

Depuis 2016, tous les échantillons analysés pour les régions Bretagne et Pays de la Loire montrent par population au moins 20 % des individus résistants par mutation de type KDR (20 % à 90 % d’individus résistants par population analysée). Une population, ce sont 20 individus prélevés dans une parcelle à une date donnée (tests réalisés sur larves). En Côte d’Armor, 5 populations ont été analysées en 2018 et 2019. Une population présente la mutation Super-KDR à l’état hétérozygote chez 5 % des individus. En Vendée, 11 populations ont été analysées depuis 2017. Chaque année depuis 2018, une population présente des mutations à l’état hétérozygote ou homozygote chez moins de 10 % des individus.

Les grosses altises arrivent autour du 20 septembre : soyons prêt !

En septembre, une course s’engage entre la croissance du colza et l’arrivée des altises. Pour éviter l’emploi d’insecticides contre les grosses altises adultes, il faut que le colza ait atteint le stade 4 feuilles avant l'arrivée des insectes ! Un traitement contre les altises adultes devient alors inutile car le colza est suffisamment robuste et développé pour supporter les prises alimentaires des insectes. Tous les ans, on constate que les grosses altises adultes sortent de leur gîte estival autour du 20 septembre (selon les conditions climatiques, cette date peut varier de plus ou moins 5 jours environ).

 Grosse altise adulte : après 4 feuilles tout traitement est inutile

- Viser une levée avant le 1er septembre pour avoir un colza à 4 feuilles quand les altises arrivent, fin septembre
- Surveiller l’arrivée des adultes du semis à 3 feuilles par la cuvette jaune en position enterrée et observer les morsures sur feuilles :
. À partir de 4 feuilles, le colza sera assez robuste et les traitements sont inutiles,
. Jusqu’au stade 3 feuilles, ne traiter contre les adultes qu’en cas de péril pour la culture. Seuil = 80 % de pieds touchés avec plus de 25 % de surface foliaire détruite.
Éviter tout traitement inutile qui augmente la sélection d’insectes résistants aux pyréthrinoïdes. Contre les altises adultes, privilégier Boravi WG (phosmet) aux pyréthrinoïdes : il présente une meilleure efficacité et diminue la pression de sélection. Traiter en début de soirée ou la nuit (période d'activité des adultes).

 

Les tenthrèdes parfois présentes

Bien que les attaques de tenthrèdes de la rave soient rares (très présentes à l’automne 2018) et localisées, il faut les surveiller. Si les adultes ne sont pas nuisibles, les larves sont très voraces (dégâts rapides et importants) et elles peuvent nécessiter une intervention pour les contrôler.
Les adultes, mouches orangées, s’observent dans la cuvette jaune. Les larves, fausses chenilles de couleur grise à noire avec une bande longitudinale plus claire, sont bien visibles sur le couvert. Le seuil d'intervention est atteint lorsque les dégâts représentent plus de 25 % de la surface foliaire, de la levée au stade 6 feuilles.

Réduire le risque limace

Des mesures préventives peuvent être mises en place pour limiter le développement des limaces avant et juste après le semis. L’objectif est de perturber leur activité par des méthodes agronomiques. Plusieurs techniques peuvent être adoptées :
- Le labour est un levier efficace mais, sur le terrain, on observe qu’un roulage réalisé entre le semis et la levée sur les sols s’avère le plus efficace.
- En situation de non-labour, le risque est plus élevé : il est recommandé de multiplier les déchaumages en interculture pour exposer les œufs de limaces au soleil et perturber les populations en place.
- Enfouir les résidus de culture sur l’horizon travaillé et surtout pas dans le lit de semence. Le semis doit être réalisé sur un lit de semence peu motteux, rappuyé et indemne de résidus pailleux et avec des conditions de température et d’humidité du lit de semences favorables à une germination rapide et à une levée vigoureuse.

Avant le semis et dès le démarrage de la culture, il faut vérifier s’il y a présence de limaces pour faire le choix d’un traitement ou non. Pour cela, on peut installer un piège type Inra (ne pas mettre de microgranulés) ou en confectionner un à partir d’un morceau de carton ondulé recouvert d’une feuille plastique. Pour une surveillance efficace, 4 pièges de 50 cm x 50 cm doivent être installés et espacés au minimum de 5 mètres. Une visite le matin avant la montée de température vous permettra d’évaluer la présence des limaces. Le démarrage du suivi peut être fait 15 jours à 3 semaines avant le semis pour anticiper une lutte préventive en interculture ou dès le semis.
En cas d’absence de limaces et de traces d’activité, la surveillance doit être maintenue et la décision peut être repoussée. Ce sont alors les conditions climatiques et la dynamique de pousse du colza qui seront déterminantes. Le risque se situe du semis (quelques limaces/m² suffisent) au stade 4 feuilles. Passé ce stade, la protection n’est plus nécessaire. En cas de risque fort et de présence avérée de limaces, utiliser plutôt des produits à base de phosphate ferrique (aussi utilisable en agriculture biologique).

 

 

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