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Ludovic Renaud à Elven "comme si je retrouvais le goût"

À 35 ans alors qu’il devenait père, 15 ans après son installation sur la ferme laitière que la famille Renaud conduit à Elven (56), Ludovic a entamé sa conversion à la bio. Une évolution technique sans à-coup et un regain de motivation : "c’est comme si j’avais retrouvé le goût".

Sans crainte, Ludovic Renaud a entamé la conversion de sa ferme au bio à 35 ans. MAE et pass bio lui ont été bien utiles pour franchir ce cap et "retrouver le goût".

"J’avais 21 ans quand je me suis installé. À 37 ans, je me plais toujours autant. Cette conversion, c’est comme si c’était une deuxième installation", raconte sans détour Ludovic Renaud qui, depuis sa conversion en 2019, dit même "avoir retrouvé le goût".
Ce goût à traire si précieux et remotivant. Installé seul en 2004, son frère le rejoindra pour former un temps un Gaec avec une référence de 540 000 l pour 60 laitières. Être de nouveau seul, confronté à une trop forte charge de travail, a motivé son passage en bio. Aujourd’hui, 320 000 l sont produits sur 79 ha par un troupeau réduit à 50 Prim’holstein donnant 7 600 kg de moyenne d’étable, avec une suite réduite, elle aussi. Moins de production par vache ne l’a pas dérangé.

 

Un Pass pour son passage

Le passage au bio ? "La marche n’était pas trop haute pour y arriver. Je m’étais engagé dans une MAE 28 en 2017 pour réduire la part de maïs et augmenter celle d’herbe. Quand je me suis retrouvé seul, je me suis posé la question : embaucher ou diminuer le nombre de bêtes, passer en bio avoir moins de boulot ?". Avant de se lancer, il opte pour le Pass'bio avec le contrôle laitier pour en évaluer l’impact. "C’est indispensable", juge-t-il. "J’avais la vision précise et exacte de ce qu’allait être mon EBE. C’est un très bon guide pour évaluer les choses. Car outre le fait d’être seul, j’avais à financer en plus le rachat des parts sociales de mon frère. Si l’étude économique avait conclu qu’il me fallait 80 vaches pour y arriver, ça n’allait pas", détaille-t-il.

J’ai été surpris qu’elles sachent autant pâturer l’herbe et donnent autant de lait.

Un futur bio averti

Conforté par le Pass'bio (coût pris en charge), il n’a pas redouté sa conversion. "Le marché est bon", analyse l’éleveur qui livre chez Sodiaal et dit ne pas avoir vécu la crainte du manque de stock en cas de sécheresse. "Ici, nous avons un bon parcellaire autour de la ferme et peu séchant". Une carte maîtresse pour conduire au mieux "l’herbe que je gère comme une culture". Il appuie également sur l’importance d’être bien accompagné. "J’ai été bien prévenu. La première année d’une conversion en 18 mois, tu produis la même chose et tu es payé avec la prime en plus. C’est un peu le jackpot ! Il faut être super prudent, ne pas investir. J’ai mis de côté pour la deuxième année, où tu produis bien moins et en condition bio…". Conséquences ? Chute de production et chute des taux... "Il faut gérer ça et ça se fait". Le plus difficile ? "Gérer le stock de maïs car il ne faut plus en avoir en année 2. Je le redoutais et ça s’est bien passé", résume Ludovic Renaud.

 

"Plus elles pâturent, plus elles savent pâturer"

Ce qui lui a permis de réussir ? "Le pâturage ! J’ai pu produire du lait peu cher. Si on veut faire du bio, il faut faire pâturer", estime-t-il ravi de voir ses vaches y prendre plus que goût. "Je ne savais pas qu’elles savaient aussi bien pâturer. Plus elles pâturent et plus elles savent pâturer. On a gaspillé pendant des années de l’aliment à l’auge", évoque-t-il, tout comme de constater la bien meilleure santé du troupeau. Pour que le pâturage fonctionne bien, "ce doit être accessible, j’ai refait des chemins, complété sur 700 m, goudronné", et "la surface doit être en suffisance. Je travaille au paddock et au fil avant", note-t-il. Ici, l’herbe est suivie comme une culture, "avec du fumier à l’automne", et des choix variétaux, "pour la fauche ray-grass, trèfle et luzerne et trèfle blanc et ray-grass pour les pâtures".

 

Organisation simplifiée

Côté bâtiment, rien n’a changé, les vaches sont plus à leur aise "et c’est plus rapide à la traite. Je ne fais qu’une traite le dimanche", décrit Ludovic d’un travail qu’il souhaite alléger encore. Avec un déprimage qui a débuté le 20 février l’an passé, ses bêtes ont pâturé jusqu’au 3 décembre. "À partir du printemps je ne distribue plus rien, j’apprécie ! ". Jusqu’à leur départ, les petits veaux mâles sont élevés sous la mère. "Je songe aux vaches nourrices pour mes petites femelles. Je réfléchis aussi à la monotraite, pourquoi pas", envisage pour l’avenir cet éleveur serein, qui apprécie un rythme allégé et la fin de ses premiers investissements… Un choix vers le bio qu’il encourage à faire, "c’est atteignable par tout le monde à condition d’avoir de bonnes bases, un parcellaire et une trésorerie adaptés". Et de conclure "je n’ai jamais été aussi bien que depuis que je fais du bio".

 

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