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Mais pourquoi tu t’installes ?

Cette question, nous l’avons tous entendu sur le terrain. Articles de presse, ambiance moribonde, conjoncture morose dans certaines productions…, font penser que le métier d’agriculteur ne séduit plus. Les cédants se mettent même à y croire. La réalité est tout autre. Le nombre d’installations tient un rythme soutenu depuis 4 ans avec 437 installations aidées en 2020 en Bretagne dont 44 % en lait. Pour répondre au plus près à la question "mais, pourquoi tu t’installes ?", nous avons donné la parole à cinq candidats à l’installation qui ont un projet. Témoignages.

Tanguy / 25 ans : s’installe en lait bio chez ses parents

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Je reprends l’exploitation de mes parents qui compte 70 vaches laitières en bio. J’ai un bac pro et un certificat de spécialisation en machinisme. Je m’associe avec ma mère suite au départ en retraite de mon père. Je m’installe tout d’abord pour reprendre l’exploitation des parents et grands-parents, pour faire perdurer la ferme familiale. C’est aussi une passion. J’aime ce métier. Il est très varié. Quand tu es éleveur laitier, tu fais un tas de tâches dans ta journée. Ce n’est pas répétitif. Ce qui me plait également, c’est de travailler la terre, suivre les animaux et bien sûr pouvoir être à l’extérieur.

 

 

François / 35 ans : se lance dans la volaille et la transformation

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J’ai un BTSA Acse et un certification de spécialisation en tourisme vert. Mon père était exploitant agricole. Après plus de 12 ans d’expérience professionnelle comme pépiniériste puis conducteur d’engin en ETA, je me décide à créer un atelier de volaille de chair label rouge avec transformation en bocaux et vente directe. Je souhaite reprendre le flambeau pour valoriser le capital que mon père a laissé, les terres et les bâtiments. Ce qui me tient également à cœur c’est d’être ancré dans le territoire et de proposer des produits différents. Je voulais également pouvoir créer ma propre structure et travailler pour moi. J’ai surtout un parcours d’étude dans le lait. Mais je n’aime pas les astreintes répétitives comme la traite. Cela m’a éloigné de cette production. Je suis un passionné de gastronomie. Je cuisine beaucoup. La volaille offre une quantité infinie de préparations. Ce projet me permet d’allier deux de mes passions, la cuisine et l’agriculture.

 

 

Guillaume / 27 ans : se réoriente en porc naisseur-engraisseur

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De par mon parcours, j’ai pu voir autre chose. J’ai travaillé en logistique dans l'industrie aéronautique et navale après des études d’ingénieur en génie industriel. J’ai pris conscience que ce que j’aime, c’est la proximité avec la nature et le travail avec le vivant. J’ai grandi dans ce milieu. Je connais le métier. Il est polyvalent avec une grande diversité de tâches, l’élevage des animaux, le suivi des cultures, l'entretien des bâtiments, la comptabilité, la partie administrative. Pas une journée ne ressemble à une autre. Être éleveur de porcs, c’est aussi être gestionnaire d’une entreprise. Il y a des responsabilités. Cela me plait. Avoir de l’autonomie dans le travail et dans l’emploi du temps, c’est également important pour moi. L’autre point qui me motive, c’est de pouvoir être acteur du monde rural et plus largement de l’économie nationale car l’agriculture est un pilier. Je m’installe aussi parce je reprends l’exploitation familiale. Je serai la quatrième génération. Mon arrière-grand-père et mon grand-père étaient éleveurs de chevaux de trait. Mon père a créé l’élevage de porcs. Ceci donne encore plus de sens à ce que je souhaite faire. C’est une chance !

 

Marine / 31 ans : va produire des céréales qu’elle va vendre

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Je m’installe en céréales que je vais transformer et vendre en direct. Je ne suis pas issue du milieu agricole mais j’ai toujours eu beaucoup d’intérêt pour l’agro-alimentaire, la consommation et la production locale. J’ai donc fait le choix de suivre des études en agriculture. J’ai travaillé pendant plus de sept ans dans des coopératives agricoles en Bretagne. En 2020, j’ai souhaité aller vers un projet professionnel qui soit aussi un projet de vie. L’objectif premier est de créer mon entreprise en appartenant à un réseau, celui du milieu agricole, mais également de développer des produits en maîtrisant tout le parcours, du champ à l’assiette du consommateur. La vente directe aura pour but de faire découvrir les produits fermiers en mettant l’accent sur l’origine du produit et en expliquant comment il a été fabriqué. Ce qui me motive dans ce projet c’est aussi de pouvoir articuler ma vie personnelle avec un métier passionnant. Avant de poser les bases de mon entreprise, je me suis posée la question de l'équilibre entre vie personnelle et professionnelle afin que les deux aillent dans le même sens.

 

Pierre-Yves / 30 ans : va travailler avec son frère en lait et pommes de terre

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J’ai un bac pro CGEA. Je m’installe parce que j’ai fait 10 ans en tant que salarié agricole en entreprise de travaux agricoles. C’était une belle expérience mais je ne pouvais pas prendre de décisions. Tu exécutes, un point c’est tout. Au fil du temps, cela me pesait de plus en plus. Je voulais être à mon compte. À ton compte, tu peux te libérer et puis je suis papa depuis quelques mois. J’ai discuté avec ma conjointe avant de décider. C’est important car être chef d’entreprise implique un investissement très important en temps, ce qui a forcément un impact sur la vie personnelle et familiale. Il faut être d’accord là-dessus. J’ai pensé reprendre une ETA mais le prix du matériel et la gestion des salariés, ce n’est pas toujours facile. Finalement, je vais m’installer sur l’exploitation parentale. Mon père part en retraite dans moins de deux ans. J’ai l’opportunité de rejoindre mon frère installé depuis sept ans. Je suis actuellement salarié sur la structure. Sylvain est plutôt animalier. Moi, j’aime l’atelier lait mais je suis plus attiré par les cultures. On se complète. On s’arrange bien. Le métier d’agriculteur, c’est aussi le plaisir d’implanter ta culture, de la voir pousser, la suivre. Au moment de la récolte, tu as le fruit de ton travail tout en sachant que le climat a aussi un impact sur la qualité et le rendement. Quand j’étais salarié en ETA, j’avais une vie plus cool car pendant environ six mois de l’année, je commençais à 8h30 pour finir à 18h. J’avais des périodes très intenses de 7h du matin à 22h le soir voir plus durant la moisson. J’aimais bien cette alternance. En élevage, nous avons moins de périodes intenses mais c’est 10h de travail minimum par jour toute l’année jusqu’à 13h en période de pointe. Nous avons prévu d’avoir un week-end de libre sur trois. Je ferai plus d’heures dans l’année en tant que chef d’exploitation mais je ne regrette pas du tout mon choix. J’avais vraiment un manque, celui de ne pas pouvoir décider. Ce qui va me plaire également, c’est que je vais pouvoir planifier la semaine avec mon frère. J’aime savoir ce que je vais faire la semaine suivante, les gros travaux, les rendez-vous pour pouvoir m’organiser.

 

bonnes raisons pour s'installer

- Un métier de passion, proche de la nature, en relation avec le vivant,
- Plusieurs métiers en un seul : une diversité des activités : élevage, culture, bâtiment et matériel, comptabilité, management et relations humaines...
- Un métier de chef(f)e d’entreprise, qui peut apporter autonomie et liberté
- Un métier qui a du sens : Nourrir les femmes et les hommes,
- Un métier encré sur son territoire, qui rend acteur et permet de relever des défis passionnants : maintien des savoirs-faires, défi du renouvellement et du maintien de territoires vivants, défi des transitions et de l’innovation… en fonction des approches personnelles de chacun.

 

 

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