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Méthanisation : vers des Cive d'été ?

Une centaine d'agriculteurs a participé à la journée d'échanges autour de la diversification des Cive, les cultures intermédiaires à vocation énergétique. L'occasion d'échanger sur les projets en cours, les tendances de fond économique et politique et de découvrir les nouveaux essais sur les Cive d'été de Jean-Marc Onno, pionnier de la méthanisation, à Moustoir-Remungol (56).

"L'idée d'implanter des Cive est de faire des cultures entre les cultures. Nous avons besoin de carbone pour la méthanisation, de sécuriser les approvisionnements", explique Jean-Marc Onno, méthaniseur et éleveur de porcs naisseur-engraisseur. Les effluents d'élevage ont des potentiels méthanogènes variables en fonction de leur qualité, les méthaniseurs souhaitent "faire avancer la recherche pour trouver des sources de carbone qui n'entrent pas en concurrence avec l'activité primaire de la Bretagne qui est l'élevage".

 

Sécuriser l'approvisionnement

Sur les parcelles de Jean-Marc Onno se côtoient différentes espèces, de différentes variétés et à différents stades. Une terre d'essais qui pour l'agriculteur n'a rien d'une première, ni du hasard... "L'essentiel est de ne pas mettre tous mes œufs dans le même panier. La règle chez moi c'est un tiers sous forme de maïs avec une très forte précocité, avec lequel on prend un risque financier assez important dû au coût d'implantation. En contrepartie duquel on recherche un potentiel de rendement à l'hectare et un potentiel méthanogène plus important. Sans compter l'effet "médicament" auprès du digesteur. Le deuxième tiers est fait à partir de Cive à bas coût comme le tournesol, le seigle forestier, récoltés après le 15 novembre". Les rendements oscillent entre 4,5 et 6 tonnes de matière sèche en fonction notamment de la pluviomètrie. Le troisième tiers est composé de Cive d'hiver comme du seigle implanté dès le 15 septembre pour être récolté avant le maïs. "L'intérêt des Cive d'hiver c'est qu'elles sont relativement stables d'un point de vue quantité de matière sèche à l'hectare. Le seul inconvénient est le risque de déficit d'eau du maïs qui suit", estime l'agriculteur.

Rester cohérent avec notre activité primaire qui est l'élevage.

Des cultures en concurrence avec l'élevage ?

La concurrence éventuelle entre les cultures en Cive et l'alimentation animale n'a pas lieu d'être pour Jean-Marc Onno. "La culture de maïs est l'exemple parfait d'une Cive. Malgré un indice de 170, le maïs n'arrivera pas à maturité. Je n'aurai pas la possibilité de l'utiliser pour mes porcs et il ne conviendra pas non plus pour les bovins". Les conditions pédo-climatiques de cette année ne permettant pas la maturité, les plantes produisent tout de même de la biomasse. Et pour les années où c'est possible ? "Lorsque les Cive peuvent arriver à maturité une année sur trois, sans certitude sur leurs qualités, on voient bien que ça ne fonctionne pas pour l'élevage. Nous ne sommes pas en concurrence avec l'élevage. L'objectif des méthaniseurs c'est d'être en complète transparence, de rester cohérent avec notre activité primaire qui est une activité d'éleveur et de ne pas mettre le péril pour nos collègues éleveurs", atteste Jean-Marc Onno. S'il reste ouvert à une nouvelle discussion sur la notion de date d'implantation qu'elle soit nationale ou régionale, l'agriculteur demande à "ne pas remettre en cause ce qui a été négocié", notamment la possibilité de passer en culture Cive lorsque que la culture n'a pas 100 % de chance de réussir lors de la période d'implantation.

 

Méthanisation

Des risques mesurés

Concernant l'implantation, le premier risque reste le semis. "Pour avoir les meilleures conditions possibles, il est essentiel de semer très tôt", estime l'agriculteur. Et de prévenir, "au niveau de la récolte, le problème c'est comme pour le maïs ensilage ou le maïs grain, c'est d'avoir de bonnes conditions pour pouvoir récolter". S'il signale les risques, Jean-Marc Onno ajoute que "la culture peut se faire sans traitement. Ici, la parcelle a été binée deux fois. C'est une des rares plantes qui permet une diminution de la pression vis-à-vis des produits phytosanitaires".

 

Préconisations variétales

Les résultats des essais sur la parcelle de Jean-Marc Onno fournissent des indications sur les variétés de maïs à destination de la méthanisation. Ces préconisations sont à relativiser en fonction des conditions pédo-climatiques de votre territoire.

"Le maïs de 140 à 150 d'indice arrivera à maturité et devrait être correct d'un point de vue méthanogène. Cependant, celui à 200 d'indice, cette année, n'arrivera pas à maturité. Il est essentiel de faire des choix sans jouer à la roulette russe. Par ailleurs, avec le binage, nous avons remarqué que les variétés avec un port de feuilles tombantes ont plus vite recouvert le sol et limitent l'apparition de mauvaises herbes".

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