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A Moëlan, le projet de reconquête des friches contesté par le SDPPR

A Moëlan sur Mer, la municipalité a commencé à rendre à l'agriculture une partie des 500 ha de friches que compte la commune, via une procédure collective de mise en valeur des terres incultes. Une procédure que contestent une partie des propriétaires, soutenus par le SDPPR, le syndicat départemental de la propriété privée rurale du Finistère.    

Délimités par des murets, les courtils servaient à produire les légumes de chaque famille.

C’est en 2014 que la municipalité de Moëlan sur Mer organise une première réunion, pour plancher sur le devenir de ses 500 ha de friches. Après étude, un périmètre de 120 ha est retenu, comprenant 1 251 parcelles cadastrales et plus de 1200 propriétaires ! Et sur un premier îlot, deux projets voient le jour : après avis de la CDOA, le Préfet signe les autorisations d’exploiter, valant bail, pour un maraîcher et une association d’insertion. Puis la démarche se poursuit sur un second îlot.

Trois autorisations d’exploiter suspendues

Dénonçant le manque de transparence de cette procédure collective, le SDPPR s’est opposé au projet, en saisissant le tribunal administratif de Rennes. Et après l’annulation de la délibération du conseil départemental, le 6 décembre 2019, le syndicat vient de remporter une seconde victoire le 26 mars dernier, avec la suspension de trois nouvelles autorisations d'exploiter délivrées par le Préfet, pour un éleveur de chevaux sur une vingtaine d’ha, une association d’insertion produisant des légumes bio sur 5 ha et un producteur de plantes aromatiques et médicinales bio sur quelques ha.

Des propriétaires inquiets

"Nous contestons le caractère autoritaire de cette procédure, explique Hélène Beau de Kerguern. Elle date des lois de Vichy, en 1942, et n’a jamais été utilisée depuis". La présidente du SDPPR conteste également les baux à ferme, imposés par l’administration. "Pour ces parcelles de moins de 1 ha, d’autres alternatives existent, qui donnent plus de liberté au propriétaire". Sans compter que les autorisations d’exploiter ont été délivrées à des sociétés. "Un agriculteur part en retraite, une société ne s’arrête jamais...".

De plus, ces parcelles en friches nécessitent, pour certaines d’entre elles, de lourds travaux de remise en culture ou d’accès. "L’amélioration du fonds loué donne lieu à indemnisation. Et rien n’a été prévu, ce qui inquiète les propriétaires".

Le syndicat dénonce aussi l’absence de toute étude d’impact environnemental avant la réalisation des travaux. "C’est un milieu à la biodiversité très riche avec, notamment, la présence d’escargots de Quimper. Et d’éléments paysagers remarquables, comme ces petits murets, emblématiques des courtils, les jardins nourriciers de chaque famille".

Une mosaïque de jardins

"Dans un contexte de pression foncière, de mutations agronomiques, économiques  et éthiques  qui s'accélèrent, la mise en valeur  inter-générationnelle de ces friches est au coeur de nos préoccupations, rajoute Hélène Beau de Kerguern. Sur le littoral, elles sont composées de landes et d'une mosaïque de petits courtils, leorzhoù en breton, comme en témoigne  Beg Ar Leorzhoù, le nom de la pointe à l’ouest du village de Kerdoalen". Des parcelles "de terre nourricière" que nombre de propriétaires entendent remettre en valeur eux-mêmes.

 

 

 

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