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Morgane Talidec de Miam Innov’ : "j’ai construit ma formation"

"La cuisine, je crois qu’on a ça dans le sang". Très tôt, Morgane Talidec a construit son parcours de formations suivant ses besoins. Elle vient de créer son entreprise Miam Innov’ de conseil en R et D pour les TPE, agriculteurs, entreprises ou artisans des métiers de bouche. Avec un bac + 6 en poche, aujourd’hui encore, elle se forme. Rencontre.

Chez les Talidec, il y a la cuisine, "je l’ai apprise de ma grand-mère, ma mère". Alors être à la tête d’un restaurant ? "Pas possible ! Je ne me voyais pas le soir ou le week-end, ne pas être là avec mes enfants", note-t-elle, forte de ses valeur familiales, confortée par la présence de ses deux enfants aujourd’hui.

 

"J’ai toujours regardé les étiquettes"

Alors c’est vers l’agro-alimentaire qu’elle se tourne au sortir de son bac en 2007, avec un DUT en génie biologique spécialisé sur les process alimentaires, puis une licence en recherche et développement à Guingamp. "Je voulais travailler en lien avec l’alimentation, personne ne nous présente ces domaines au lycée", déplore Morgane Talidec sensibilisée dès son plus jeune âge à la composition des aliments. Touchée par l’allergie, "ce qui était pénalisant, j’en ai fait une force", elle s’intéresse aux étiquettes de composition des produits. "Je ne me voyais pas faire une école d’ingénieur, je voulais faire du tout terrain dès le départ pour voir si ça allait me plaire". Et ce fut le cas. Un stage de licence 3 la confortera, lui donnant l’idée de l’entreprise qu’elle développe désormais.

 

Comment créer la valeur ajoutée

Il y a d’abord le contexte. "Nous n’étions que 10 dans ma promotion, moi en R et D, d’autres spécialisés sur la qualité ou le process. L’objectif de l’année était de réussir à développer un repas complet pour la banque alimentaire. On a réussi en s’appuyant sur des industriels, des fournisseurs". Concret et motivant, ce travail l’a ouverte à la complexité de l’agro-alimentaire. "J’ai voulu creuser le sujet et me suis lancée dans un master en innovations alimentaires à Angers. Trouver les outils pour innover", avec en arrière-plan la question de la création de la valeur ajoutée, "fondamentale". Là encore, "nous étions mélangés avec d’autres domaines d’innovations. Ce croisement de monde est riche. On peut appliquer des méthodes de l’automobile par exemple, ce sont des leviers d’innovation", illustre la jeune femme qui, avant de se lancer dans le monde professionnel, s’offre une année de cuisine. Mais pas n’importe laquelle.

 

De la gastronomie à l’industrie

En alternante. "Je me suis inscrite à l’école de cuisine Ferrandi à Paris en partenariat avec Agro Paris Tech. Je voulais travailler sur le transfert culinaire de la gastronomie à l’industrie". Et d’étudier les étapes de recettes concoctées par de grands chefs avec des produits qualitatifs puis leur transfert dans la version industrielle, très qualitative, "c’est possible et passionnant". Un parcours en alternance, "génial. Ce n’est pas facile à gérer, avec un rythme saccadé, un double budget mais ultra-formateur en termes d’expérience professionnelle", apprécie Morgane Talidec qui n’aura aucun mal à être embauchée. Amatrice de challenges, elle participera à la fin de l’aventure de l’abattoir GAD "sur la valorisation de pièces qui ne l’étaient pas du tout", juste avant le rachat par Intermarché. C’est ensuite à la pâtisserie industrielle (à Landévant) qu’elle se consacrera pour développer entremets, mille-feuilles et pâte à chou, durant près de 6 ans.

 

La R et D à la maison

Dernier challenge, "me reconnecter à mes aspirations personnelles", en créant son entreprise au 1er janvier dernier. L’objectif de Miam Innov’ ? "Aider les très petites entreprises, qui n’ont pas la ressource de se payer un département Recherche et Développement, à bénéficier de cette expertise". Un apport qui colle bien avec la lutte contre le gaspillage et la relocalisation de la consommation. Exemple avec le cageot de tomates restant en fin de marché. "J’apporte la recette et la possibilité de transformer, de manière domestique, ces tomates en un produit sain et réglementaire avec l’étiquetage, la date de consommation, le conditionnement conforme pour garantir la sécurité alimentaire et qui va permettre en plus au maraîcher de toucher une nouvelle clientèle", argumente-t-elle. Et des exigences pour lesquelles elle reste en alerte. "Je continue à m’informer et me former par le biais de revues spécialisées et la ressource Internet", détaille la jeune femme qui résume son parcours de formation ainsi ; "J’ai un cursus à tiroirs. J’ai ouvert ceux qui m’intéressaient en prenant ce dont j’avais besoin pour répondre aux manques que j’avais identifiés". Un parcours rationnel et construit.

 

Contacts : www.miaminnov.bzh

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