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Prince de Bretagne, premier groupement de producteurs de légumes bio

Producteur bio d'endives, échalotes, brocolis, potimarrons et légumes destinés à la surgélation, Georges Guézénoc, installé à Kerlouan (29), a succédé il y a un an à Jean-Jacques Le Bris à la tête de la section bio du Cerafel. Alors que la polémique sur le chauffage des serres enfle, il rappelle que voilà plus de vingt ans que Prince de Bretagne s'est lancé dans la bio et est aujourd'hui le premier groupement de producteurs de légumes bio français.

Georges Guézénoc, président de la section bio du Cerafel.
Georges Guézénoc, président de la section bio du Cerafel.
© Terra

La bio, chez Prince de Bretagne, c'est déjà de l'histoire ancienne...

Georges Guézénoc. En effet ! C'est en 1997, voilà plus de vingt ans, que Prince de Bretagne s'est lancé dans la bio. Aujourd'hui, avec près de 120 exploitations certifiées ou en conversion et une gamme de plus de 40 légumes frais vendus tout au long de l'année, nous avons commercialisé 20 000 tonnes en 2018, avec un prévisionnel de 25 000 tonnes cette année. Et nous sommes le premier groupement de producteurs de légumes bio français.

 

Quels sont les engagements des producteurs bio Prince de Bretagne ?

G.G. Nous nous engageons bien entendu à respecter le cahier des charges européen de la bio. Mais nous avons voulu aller encore plus loin en certifiant tous nos légumes bio Global Gap, ce qui nous impose de recycler tous les matériaux utilisés en culture, de respecter les normes sociales... Grâce à notre station expérimentale Terre d'essais, à Pleumeur Gautier (22), nous poursuivons nos travaux de recherche sur la bio. À l'OBS, à Plougoulm (29), nous produisons nos propres semences bio, adaptées aux conditions climatiques de notre région. Regrouper l'offre nous permet de défendre les prix et d'assurer une juste rémunération aux producteurs, tout en favorisant l'installation des jeunes.

Et nous refusons d'opposer la bio et le conventionnel : c'est en nous montrant solidaires les uns des autres que les producteurs Prince de Bretagne ont développé et développeront encore des pratiques toujours plus respectueuses de l'environnement. Et nous n'oublions pas que ce sont les producteurs conventionnels d'aujourd'hui qui constituent le vivier des légumiers bio de demain !

 

Ces dernières semaines, la polémique sur le chauffage des serres bio n'a cessé d'enfler. Prince de Bretagne produit déjà de la tomate bio ?

G.G. Cela fait plus de vingt ans que nous produisons de la tomate. Aujourd'hui, nous avoisinons les 2 500 tonnes. Et bien évidemment que les producteurs respectent l'obligation de rotation. C'est d'ailleurs l'une des clés de réussite de leurs cultures bio, quelles qu'elles soient. Et tous nos producteurs n'ont pas fait le choix de chauffer leurs serres.

 

Justement, à ce sujet, que répondez-vous à vos détracteurs ?

G.G. Il est important de rappeler que le chauffage des serres est autorisé par le cahier des charges bio européen ! Un cahier des charges que je considère comme une chance pour la bio, puisqu'il permet d'harmoniser les conditions de production d'un bout à l'autre de l'Europe, ce qui est loin d'être le cas en agriculture conventionnelle. Sur-interpréter le cahier des charges européen en France aura pour effet immédiat d'instaurer des distorsions de concurrence avec les autres pays, ce qui reviendra à se tirer une balle dans le pied. Quand on sait que, globalement, une tomate consommée en France sur deux vient déjà de l'étranger, inutile d'en rajouter...

Ceci étant dit, il est clair que, nous aussi, nous voulons respecter les cycles naturels et qu'il est hors de question d'aller planter de la tomate bio en novembre ou décembre ! Nous voulons simplement chauffer un peu au démarrage de la culture, pour arriver un peu plus tôt en production et proposer de la tomate française sur un marché dominé à ce moment-là par les tomates espagnoles ou marocaines. Si nous n'arrivons sur le marché qu'en juillet-août, nous aurons beaucoup plus de difficultés à nous faire référencer !

Sans compter que le chauffage permet aussi de régler une bonne partie des problèmes sanitaires. Et la lutte biologique se met en place plus aisément, les auxiliaires se développant mieux.

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