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Protection des cultures : des voies d’innovation

Dernier des webinaires dédiés à la protection des cultures par le CTIFL*, c’est d’innovations pour réduire l’utilisation des phytos dont il a été une nouvelle fois question. Quelles voies sont les plus prometteuses ? Tour d’horizon avec l’impact de la musique, les bienfaits de l’eau ozonée ou de l’imagerie hyper spectrale au service des cultures.

Musique, ozone, imagerie..., les alternatives à l’utilisation des produits phytosanitaires pour la protection des cultures commencent à poindre dans les laboratoires de recherches, avec des perspectives variables.

Les orientations politiques semblent claires,"la baisse de la dépendance aux produits phytosanitaires est une exigence qui n’est plus discutable", pour Bertrand Bourgoin, spécialiste en arboriculture fruitière à la DGAL/SDQSPV. Pour ce spécialiste du verger qui conclura ces journées, communiquer sur les efforts réalisés, sur l’évolution des pratiques, "partager la difficulté qu’on a à évoluer dans le laps de temps qui nous est imparti est peut-être le gage d’un partage de surcoût et une incitation à produire de manière plus responsable". Sur quelles voies et avec quelles difficultés dans ce contexte de retrait de substances actives et de demande sociétale accrue ? C’est tout l’objet de ces webinaires, dont le dernier, le plus prospectif, a permis de mettre en valeur les innovations pour une protection des cultures plus respectueuses de l’environnement par méthodes physiques, de biocontrôle et les nouvelles techniques d’applications alternatives.

 

Sensibles à la musique

Quel impact du son sur le vivant et le développement des végétaux ? Olivier Gallet de Cergy Paris Université travaille le sujet avec ses équipes et notamment sur la résistance des plantes à la sécheresse. Des plantules de petits pois sont soumises à des ondes sonores dont les fréquences (protéomimétiques) sont associées à la séquence d’acides aminés d’une protéine d’adaptation au stress hydrique. Stimulés, les petits pois frais ont un gain de poids contre les petits pois ayant subi une inhibition. "Il nous faut comprendre les mécanismes cellulaires qui sont en jeu lors de la diffusion d’ondes acoustiques comparables à un stress oxydatif", situe le directeur de l’unité de recherches.
"On rencontre sur nos vergers de plus en plus de problèmes avec la tavelure et des solutions sont peu efficaces", se désole Jimy Planche du Ceta de Cavaillon. Il a soumis ses vergers de poire Williams dans le Vaucluse à la génodic ou des séquences de protéodie (musique). "On cherche à stimuler les défenses de la plante ou inhiber la virulence de la tavelure". Les différences observées sont intéressantes en première année, au long cours les résultats ne sont guère concluants… mais suffisamment intéressants pour poursuivre les recherches.

La technologie devra offrir des solutions adaptées valables à l'échelle de l'exploitation.

L’eau ozonée, une alternative

L’ozone, 03, est une molécule à haut potentiel, un oxydant hyper puissant, plus que le chlore. Cet agent sanitaire est utilisé avec une efficacité à large spectre sur les bactéries, champignons, virus.... Dissoute dans l’eau ou sous forme gazeuse, l’ozone ne peut être ni stockée ni transportée et sa rémanence est très faible ainsi que son pouvoir traçant. "Ses qualités sont un atout pour le monde agricole", insiste Marielle Pages-Homs, enseignante chercheuse à l’école Pupan de Toulouse qui travaille sur la protection des cultures. À l’échelle du labo, la pulvérisation d’eau ozonée sur bois de vignes atteints de maladies ou dans des mini-serres de pommes inoculées à la tavelure, détruit spores et maladies. Mais voilà au verger, c’est autre chose : "dès le 1er cm pulvérisé, on a perdu 65 % de l’ozone"… Les défauts des qualités de cette hyper volatilité. Si les buses de pulvérisation actuellement disponibles ne sont pas adaptées à l’eau ozonée, les perspectives bactéricide et fongicide offertes par la molécule sont énormes, présentant "de vraies alternatives aux produits conventionnels", et la technologie devra s’y adapter.

 

L'imagerie spectrale et multi-spectrale

L’imagerie est entrée au service de l’agriculture avec ses voies d’innovations et techniques d’application pour la protection des cultures grâce aux interactions entre la lumière et la matière qui offrent de nombreuses informations sur les composants ou la structure moléculaire de la matière. Avec la résolution multispectrale et hyper spectrale, Maxime Ryckewaert de l’Inrae a cherché, à partir d’images au champ, de définir des modèles de prédiction. Il a séparé par mesures d’images hyper spectrales, les feuilles de blé des adventices, prédit les teneurs en azote de feuilles de betterave, détecté la cercosporiose sur feuille de bananier avant l’apparition de la maladie... "C’est intéressant pour les cas d’études mais encore trop coûteux", tempère ce jeune chercheur pour une généralisation professionnelle. Là encore, la technologie, qui se miniaturise, devra offrir des solutions adaptées, y compris financièrement, pour être valables à l’échelle de l’exploitation.

 

* CTIFL : centre technique interprofessionnel des fruits et légumes

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