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Rosambo: les sangliers prennent le dessus

Plus de soixante agriculteurs et habitants du canton de Plestin-les-Grèves ont manifesté aux portes du château de Rosambo la semaine dernière. Le monument est entouré d'une réserve de 180 hectares, notamment de bois, où les sangliers, non chassables, font d'importants dégâts sur les parcelles environnantes.

Agriculteurs et citoyens reprochent à la châtelaine du domaine de Rosambo de donner un refuge aux sangliers, qui se reproduisent rapidement, en ne permettant pas la chasse sur ses terres. La grogne ne date pas d'hier..., des réunions avec la municipalité de Lanvellec se sont tenues ces dernières années. "Nous avons essayé de trouver des terrains d'entente pour réguler la population de sangliers, que l'ont estime à 500 voir 700 têtes, mais ces rencontres ont toujours été tendues", explique François Prigent. Et de résumer : "cela tient à de l'idéologie. Il est donc difficile de discuter".

Des dégâts "inacceptables"

"Les dégâts sont de plus en plus importants sur nos maïs, nos légumes, nos céréales. C'est un vrai saccage. Nous ne sommes plus dans des volumes acceptables", gronde Jean-Marc Lohier, à l'initiative de la manifestation avec la FDSEA des Côtes d'Armor. Et d'ajouter : "c'est une porcherie à ciel ouvert, où le parc fournit le gîte et nous la nourriture quotidienne ! Ce n'est pas tenable pour nos exploitations". Fabienne Garel, présidente du syndicat majoritaire précise : "c'est bien plus qu'un impact économique. Ces pertes de rendements ont un impact direct sur l'alimentation de nos bovins, sans compter le risque sanitaire et les risques d'accidents pour les véhicules". Même son de cloche pour la municipalité qui comprend les déboires des agriculteurs et subit également des dégâts, notamment sur le bas côté des voiries. "Outre le coût pour la commune, les habitants se trouvent dans l'obligation de clôturer leur maison individuelle pour éviter le passage des sangliers dans les jardins".

Le risque sanitaire amplifié

Le sanglier peut se déplacer de 40 kilomètres en une nuit, avant de rentrer en sécurité dans la réserve du château. Ces longs déplacements, en plus de causer des dégâts dans un grand nombre d'exploitations, favorise la propagation de maladies. Carole Joliff, productrice de porcs et administratrice à la FNP, s'agace de ces "comportements individualistes". "Avec l'interprofession et l'État nous avons investi six millions d'euros pour ériger une clôture entre la Belgique et la France pour tenter de stopper la progression de la peste porcine sur notre territoire. Dans le même temps, des centaines de sanglier peuvent se promener à proximité de nos élevages. Notre demande est très claire : si la châtelaine souhaite accueillir des sangliers sans régulation, elle doit clôturer sa propriété". Pour Paul Auffray, éleveur porcin et élu à la chambre d'agriculture, il ne doit pas y avoir deux poids, deux mesures : "les agriculteurs ont l'obligation d'investir pour protéger leurs élevages, il doit en être de même pour la propriétaire. Certaines entreprises facturent une clôture efficace à 20 ou 30 euros le mètre..., ce serait un choix cohérent avec sa volonté de conserver la faune locale"

 

Un rendez-vous avec le sous-préfet

Attendu lors de la manifestation par les agriculteurs, le sous-préfet n'a pu se rendre disponible. Il a cependant donné rendez-vous aux syndicalistes dans une exploitation le 2 juillet prochain. L'occasion de se rendre compte des dégâts et d'échanger sur les actions potentiels à mettre en place.

 

 

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