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Sylvain Guillaume, engagé à la FDSEA pour "être utile aux paysans"

40 ans, 40 ha, 40 vaches laitières. La vie de Sylvain Guillaume, éleveur laitier installé seul à Saint-Martin-sur-Oust, est forgée par ses convictions pour la défense collective des paysans qu’il partage avec la FDSEA où il s’est engagé, "pour être utile". Une volonté, celle de "faire remonter les attentes du terrain", et des actes.

 

 

 

 

Il n’était pas là ce jour là, Sylvain Guillaume, retenu par l’exploitation après un jour d’absence pour repasser son certiphyto. "Quand ce n’est qu’une journée, j’arrive encore à m’organiser pour faire le travail avant et après, mais là, deux jours de suite, c’est difficile…", note cet homme qui se dérobe rarement aux conseils d’administration de la FDSEA, tous les mois, assidus, un devoir. "J’essaie d’y aller au maximum". Mais il ne fut donc pas possible pour lui de se libérer pour l’assemblée générale de la FDSEA, le 10 février dernier où son implication a pourtant été saluée depuis la tribune. "Pour ses remontées de terrain, les meilleures et plus nombreuses. Elles alimentent nos discussions et nos argumentaires", l’a félicité alors Franck Pellerin, secrétaire général du syndicat où tout naturellement, ce jeune éleveur s’est investi. "C’est un super vecteur, c’est tout cela que nous voulons mettre en avant en réaffirmant nos valeurs d’entraide et d’humanisme", poursuivait alors Franck Pellerin devant l’auditoire rassemblée à Lauzach, mais sans le principal intéressé. Une mise sous les projecteurs qui n’aurait pas mis à l’aise Sylvain Guillaume. Un homme au naturel réservé, célibataire, consacrant l’essentiel de son temps à "un métier que j’aime. J’ai l’impression d’être utile aux autres, j’ai une vraie fierté à nourrir les hommes", métier noble par excellence.

La valeur de l’exemple

Pourtant, quand il s’agit de défendre l’agriculture…, l’homme a su mettre au pas sa timidité, et sort de sa réserve, porté pour porter la voix des autres. "J’ai été élu, il faut que je serve à quelque chose, je veux être utile. Quand je défends le métier et les paysans, je n’hésite pas à monter au créneau", appuie-t-il sur le sens de son engagement. Dès son installation, c’est par son entrée au comice du canton, dont il prend la présidence dès 2002, qu’il commence à s’investir, puis tout naturellement avec la FDSEA, au niveau communal. Dès l’hiver 2002-2003, il en devient élu cantonal : "il n’y avait pas de JA. C’est un voisin, impliqué, Christophe Madouasse, qui est venu me chercher pour le comice et de fil en aiguille, j’ai pris ma cotisation. J’étais actif sans responsabilité, alors Jean-Pierre Vallais m’a demandé de devenir son suppléant. Mais j’avais aussi été à bonne école durant mes stages chez Paul-Gilles et Florence Chedaleux, ça a compté", rend-il hommage à des êtres dont l’engagement a eu valeur d’exemple.

Défendre l’intérêt collectif

18 ans à défendre le métier. Alors participer aux réunions "c’est un minimum". Rappeler les acquis syndicaux, aussi, comme une courroie de transmission. "Toujours à expliquer, c’est comme la carte moisson ! Les avantages, les gens estiment que c’est normal, ils veulent un retour sur leur adhésion mais ils ne se rendent pas compte du travail pour les acquérir. C’est du temps et de l’investissent que des responsables et l’équipe administrative donnent. Une bonne équipe, motivée". 18 ans à "passer du temps au téléphone, à motiver", rappeler ses troupes, 18 ans à écouter son terrain, ses collègues, aussi pour retransmettre à l’échelon départemental. "Dès que ça a un intérêt collectif, j’en parle" : problème d’approvisionnement en paille, conflit foncier, formation aux contrôles, risque de conflit de voisinage "avec la sortie des pulvés", insatisfaction sur les prix à la laiterie, "ce n’est pas assez"… Baromètre du terrain, il sait aussi qu’il sera écouté et entendu, car "pour Frank (Guéhennec), nos deux Franck (Guéhennec et Pellerin, ndlr) d’ailleurs et Marie-Andrée (Luherne), nous sommes tous des collaborateurs, des agriculteurs, et pas qu’un numéro d’élevage. Au CA (conseil d’administration), tout le monde s’exprime. C’est l’un des rares d’ailleurs d’où les idées partent de la base", apprécie-t-il, impliqué ailleurs localement.

Implication locale

Dans le bureau de la fête de son village pour entretenir la chapelle, dans la fête de la soupe de la Gacilly, "pour nous faire connaître et nos produits. On a présenté une soupe au lait et une soupe fermière". Investi également dans la randonnée pédestre pour proposer une halte sur son exploitation autour du thème Manger français. "Les organisateurs de la Randofoldingue étaient à la recherche de nouveauté. On s’est proposé. Pas grand monde y croyait. Or 600 personnes sont passées par l’exploitation et ça a beaucoup échangé. Les partenaires avaient été généreux", raconte-t-il, ravi, malgré la charge de travail pour les quatre agriculteurs bénévoles. "On a été invité à l’assemblée générale de l’association, ça a touchés du monde, un bon impact", apprécie Sylvain Guillaume. Être utile !

Claire Le Clève

 

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