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Synthèse de l’année 2020 : Une agriculture essentielle

La pandémie de Covid domine sans surprise l’actualité des filières agricoles et agroalimentaires bretonnes en 2020. À part certaines productions relativement minoritaires telles que les veaux de boucherie et les volailles festives, les filières régionales s’en sortent bien grâce à leurs capacités d’adaptation. Cette crise remet sur le devant de la scène la notion de souveraineté alimentaire et pose la question de sa conciliation avec des exigences environnementales et sociétales renforcées.

Le chiffre d’affaires de l’agroalimentaire breton croît de 2,8 % en 2020 alors que le PIB national perd 8,2 %. La raison de cette résilience est évidente : l’a-griculture et l’agroalimentaire n’ont pas cessé de fonctionner, même pendant les périodes de confinement.

Covid, Covid, Covid. Impossible pour n’importe quel Terrien vivant en 2020 d’échapper à ces 5 lettres et surtout aux conséquences de la crise que l’apparition du virus Sars Cov 2 a déclenché. L’agriculture et l’agroalimentaire bretons sont eux aussi affectés.

SouverainetÈ = sÈrÈnitÈ

Le chiffre d’affaires de l’agroalimentaire breton croît de 2,8 % en 2020 alors que le PIB national perd 8,2 %. La raison de cette résilience est évidente : l’agriculture et l’agroalimentaire n’ont pas cessé de fonctionner, même pendant les périodes de confinement. Les exploitations agricoles ont pu s’appuyer sur de la main d’œuvre familiale quand cela était nécessaire. Les entreprises agroalimentaires ont aussi dû faire preuve d’adaptation. Le secteur a tenu et les Français ont pu continuer à faire leurs courses sans crainte de pénuries durables. Cet épisode aura eu le mérite de pointer l’importance d’avoir une agriculture et un agroalimentaire forts qui assurent une souveraineté alimentaire au pays. Les filières se sont aussi adaptées à un chamboulement de leurs débouchés causé par la fermeture partielle de la restauration hors domicile (RHD) et des échanges commerciaux perturbés.

 

Une RHD hors service

La mise à l’arrêt quasiment totale de RHD lors du premier confinement illustre l’importance de ce secteur. La RHD représente 25 % de la consommation française en valeur. Parmi les perdants du mouvement de la RHD vers la GMS, les filières bretonnes de veaux de boucherie et de volailles festives sont celles qui ont laissé des plumes. Canards, pintades et veaux sont en effet surconsommés en restaurants. Parmi les gagnants, on retrouve les légumes transformés, plébiscités pour leur praticité et leur caractère stockable. Pour les filières d’élevage, le report de la consommation de la RHD vers les GMS n’a pas été total. Cependant, la consommation de produits français a été en hausse et les importations en baisse à l’image de la viande bovine et de la volaille. La RHD est en effet le segment le plus perméable aux importations.

 

Covid mais pas que

Du fait du Covid, la Bretagne voit ses exportations agricoles et agroalimentaires baisser de 4,7 % en 2020 pour s’établir à 4,4 milliards d’euros. Alors que les exportations bretonnes vers les autres pays de l’Union européenne baissent, celles vers les pays tiers se maintiennent en 2020. Comme un symbole, la Chine devient la première destination des produits régionaux. L’appétit du géant asiatique s’est porté en 2020 sur la viande porcine.
Le Covid n’a donc pas toujours été le principal moteur des marchés agricoles. Le secteur du lait est aussi relativement épargné par les secousses de la crise sanitaire. Les prix des grandes cultures sont en partie influencés par les conditions météorologiques ainsi que par la forte demande chinoise. Les cours sont en hausse marquée depuis l’été ce qui se répercute sur l’aliment et les coûts de production des éleveurs. Une inflation des charges qu’il n’est pas toujours aisé de répercuter sur l’aval d’autant que la situation économique à venir est sombre.

 

Plus de questions que de réponses

Au difficile exercice des prévisions de marchés s’ajoute cette année la dimension sanitaire : combien de temps perdureront les restrictions, en particulier celles pesant sur la RHD ? À plus long terme, cette crise ne peut que poser la question du futur pouvoir d’achat des Français. Et si les moyens financiers des Français diminuent à l’avenir, quelles conséquences pour l’agriculture ? La montée en gamme mise en avant ces dernières années est-elle menacée ? Le clivage entre l’économique et les aspirations environnementales/sociétales pourrait bien s’accentuer. La stratégie européenne "de la ferme à la table" privilégie clairement l’approche environnementale aux dépens de la production. À un moment où la notion de souveraineté revient en force, les luttes pour imposer ses priorités promettent d’être féroces.

 

Les chiffres clés

- 131 unités de méthanisation agricole en Bretagne en 2020,
- 507 millions d’euros de produits agricoles et agroalimentaires exportés bretons exportés vers la Chine en 2020,
- 142 290 emplois directs dans les filières agricoles et agroalimentaires en Bretagne,
- 1,2 milliards d’euros pour l’agriculture française budgétés dans le plan de relance,
- 3 347 fermes bretonnes engagées en bio en 2020,
- 25 % de hausse du coût de l’aliment pour les poules pondeuses sur un an.

 

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