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À Trévarez, une surface en biodiversité développée plus importante que la SAU !

La mosaïque paysagère présente sur la ferme expérimentale de Trévarez et son territoire favorisent la résilience des espèces.

Fosse pédologique dans une prairie de la station de Trévarez.


Un espace agricole est constitué de plusieurs catégories de couverts (cultures pérennes, surfaces toujours en herbe, maïs ensilage, céréales…). Pour déterminer la diversité de ces couverts, l’indice de Shannon est utilisé. Il permet de combiner le nombre de catégories d’occupation du sol et la répartition entre ces différentes catégories. Sa valeur varie de 0 (toute la superficie étudiée appartient à la même catégorie d’occupation du sol), à 3,17 (toutes les catégories d’occupation du sol sont présentes et réparties de façon égale). On considère qu’un indice inférieur à 1 est défavorable à la biodiversité (exemple d’un territoire occupé exclusivement par des céréales) et qu’une valeur supérieure à 1,8 est favorable à la résilience des espèces.
Le territoire de Châteaulin, petite région agricole où se situe Trévarez, présente un indice de Shannon de 2.05, exprimant un effet mosaïque positif (l’occupation de l’espace agricole est présentée dans le graphique 1). Le système laitier conventionnel de Trévarez présente un indice de Shannon de 2, contribuant à l’effet mosaïque de ce territoire. Le système laitier bio de Trévarez présente un indice de Shannon plus faible (1.63), qui tendrait à indiquer une diversité plus faible que la petite région agricole. C’est la part très dominante de prairies multi-espèces (63 % de la SAU) qui conduit à cette valeur. Pour autant, on considère que la diversité de cet espace prairial offre une réponse sur la biodiversité aussi bonne qu’une mosaïque de surfaces cultivées.

Un patron paysager très riche à Trévarez
Les infrastructures agro-écologiques (IAE) sont les principales composantes du patron paysager. Elles sont des espaces de refuge et de propagation pour les espèces et jouent un rôle essentiel sur la typicité paysagère des territoires. Que ce soit à l’échelle du territoire, ou à l’échelle des deux systèmes laitiers de Trévarez, la densité et la connectivité des infrastructures agro-écologiques sont optimales. Elles ont été déterminées à partir d’une analyse de photo aérienne du territoire sur laquelle a été superposée une grille couvrant environ 3 000 ha, composée de 484 carrés de 6 ha chacun. La méthode : dénombrer le nombre de carrés pourvus d’une IAE. Le premier regard de cette photo annonce la couleur… les haies et lisières sont présentes partout. La méthode est alors assez simple et plutôt que de compter le nombre de carrés ayant une IAE, il est beaucoup plus rapide de chercher les carrés en étant dépourvus… et il n’y en a pas !
L’hétérogénéité paysagère : la signature de la capacité d’accueil des espèces.
Dans le système conventionnel de Trévarez, les 17,89 km de haies et lisières, les 15 ha de bosquets, la trentaine d’arbres isolés et les 5,5 ha de prairies permanentes gérées de manière extensive représentent 201 ha de surface de biodiversité développée. Pour le système en agriculture biologique, les infrastructures agro-écologiques représentent 147 ha de surface développée en biodiversité. Les deux systèmes d’élevage affichent donc une contribution plus que positive. On considère que 1 ha utilisé par ces systèmes génère plus de 1,5 ha de surface d’accueil potentiel de biodiversité.

Des sols riches en matière organique
La formation du sol est issue d’un long processus d’altération et de remaniements des roches mères avec des apports de matière organique issue de débris végétaux et du cortège d’espèces faunistiques associées. Une multitude de niches écologiques assure des services de régulation, comme le stockage et la mise à disposition de nutriments nécessaires aux productions végétales. La matière organique des sols est un facteur essentiel de la vie des sols. Les apports de matière organique stimulent les micro-organismes du sol par la production de rhizodépôts favorables aux activités microbiennes. Par conséquent, l’équilibre entre les besoins en matière organique des sols cultivés et les fournitures en matière organique issues des activités d’élevage et des prairies temporaires dans la rotation avec les cultures garantit la fertilité du sol.
La teneur moyenne en matière organique dans les sols de Trévarez est de 6,5 %, reflétant des sols riches. Avec un objectif de maintien de cette teneur en matière organique, l’étude des bilans humiques indique que le système conventionnel de Trévarez stocke en moyenne 0,54 t de matière organique par ha et par an, du fait de la restitution des effluents et de la présence de prairies temporaires dans la rotation. Le système biologique stocke plus de 2 t de matière par ha chaque année !
Des travaux sont d’ailleurs en cours pour étudier l’activité biologique des sols de la station.

 Grille et image satellite Google Earth pour l'évaluation de la densité en IAE du territoire de Trévarez (parcelles en jaune).

La gestion des cultures est favorable à la biodiversité
Sur la station expérimentale de Trévarez, la gestion des sols et les rotations pratiquées limitent les risques de maladies cryptogamiques et virales sur les cultures, limitant les interventions chimiques sur le système conventionnel (seules 25 % des surfaces reçoivent un traitement chimique) et assurant une place aux auxiliaires des cultures. La diversité des espèces cultivées, la présence des cultures à fleurs, et notamment des légumineuses, et enfin la taille et la forme des parcelles cultivées sont également favorables à la biodiversité.

Le bilan
Cette évaluation de la biodiversité complète le suivi environnemental, technique et économique des systèmes laitiers conduits sur Trévarez et permet de proposer les pistes d’action pour améliorer les contributions positives de l’élevage. En lien avec la stratégie bas carbone de l’exploitation et ce diagnostic biodiversité, une réflexion portant sur les rotations est engagée, aussi bien pour favoriser le stockage de carbone que pour améliorer la fertilité des sols. De même, un plan de gestion des haies complétera toutes les interventions - et non-interventions- favorables à la biodiversité.

Occupation de l'espace agricole

 

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