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Une station expérimentale pour prendre les risques à la place des éleveurs

Implantée à l’Ouest de la Bretagne, la station expérimentale de Trévarez teste depuis 50 ans les techniques vertueuses permettant aux producteurs de lait de progresser. Atout majeur : elle est la seule station professionnelle à disposer à la fois d’un dispositif conventionnel et d’infrastructures dédiées à la production biologique.  

Le site conventionnel de Trévarez, situé à proximité du château, œuvre depuis 50 ans au service des producteurs de lait bretons.

Des moyens fonciers adaptés aux projets expérimentaux
La station de Trévarez est orientée depuis plusieurs décennies sur la recherche d’une production laitière performante économiquement, reposant une production fourragère abondante et de qualité. Afin de mettre en œuvre un programme ambitieux, elle dispose d’une assise foncière de 205 ha de SAU répartis en quatre sites fonciers. Avec 1 240 mm de pluviométrie annuelle associée à des hivers doux et des étés frais, ce contexte climatique permet d’asseoir une production fourragère régulière au fil des années. Les potentiels de rendement pour l’herbe et le maïs sont voisins. Avec des rendements moyens observés de 9 à 15 tonnes de MS récoltées, la température conditionne le rendement du maïs. Pour les parcelles de prairies temporaires assolées, le potentiel de production dépasse régulièrement 12 tonnes de MS/ha.

Deux modes de production en parallèle
Historiquement, la station de Trévarez expérimente les techniques de la production laitière conventionnelle. En 2013, les élus ont décidé de convertir 85 ha de terre en bio, en y associant un troupeau de 60 vaches afin de répondre aux enjeux d’une filière agrobiologique en croissance. Cet engagement s’est traduit par la construction d’un site laitier dédié, accueillant le troupeau et son renouvellement, le stockage des fourrages et des déjections afin de pouvoir y mener une expertise dédiée à ce système. En parallèle, le troupeau de 130 vaches conventionnelles a poursuivi sa route expérimentale sur le site historique de Trévarez.

  Un parcellaire de 205 ha de SAU est entièrement dédié aux expérimentations.

Un engagement vers le bas carbone depuis 2018
Le dispositif conventionnel de Trévarez a pour vocation d’étudier les itinéraires techniques vertueux afin de construire une faible empreinte carbone. Le système servant de support à cette expérimentation repose sur une part de pâturage modérée puisque les vaches disposent de 25 ares de surface en herbe chacune. Avec un objectif de production de 8 000 kg de lait par vache, la performance du troupeau s’obtient par l’équilibre strict de la ration permis par le tourteau de colza. L’absence de distribution de concentré de production aux vaches limite l’utilisation des céréales aux génisses de première année. L’agronomie est au cœur du dispositif, afin de permettre des rendements fourragers soutenus sans intrants, par des rotations culturales pertinentes.

 

 

Une équipe de neuf techniciens et une secrétaire œuvre chaque jour au service des expérimentations sur l’ensemble des sites.

Une ambition agrobiologique bretonne
Certifié en bio depuis 2015, ce dispositif est mené en autonomie fourragère des troupeaux. Il tend vers l’autonomie alimentaire totale via la production de l’essentiel des concentrés qui leur sont nécessaires. Avec plus de 50 % de l’alimentation annuelle des vaches laitières par du pâturage, le système fourrager est herbager et pâturant. Néanmoins, pour tenir compte de la réalité bretonne, l’assolement comporte du maïs et des mélanges céréaliers. Pour adapter le troupeau au système fourrager, un croisement de races innovant est expérimenté. Un croisement rotationnel trois voies a été mis en place associant la Normande et la Jersiaise au troupeau d’origine Prim’Holstein. Depuis maintenant neuf ans, la traite est assurée par le robot de traite mobile, permettant six mois de pâturage en plat unique.

 

 


En avance sur les techniques rentables et efficaces
De nombreuses thématiques expérimentées sont toujours d’actualité pour l’amélioration des conditions de production. La marque de fabrique de Trévarez est d’être au service d’une production laitière rentable et performante par un coût alimentaire maîtrisé, où règnent des fourrages de grande qualité produits à faible coût. Les techniques visant à l’amélioration des conditions de travail sont aussi une préoccupation permanente. La traite, poste majeur du travail d’astreinte, a été travaillée à Trévarez via la monotraite et la modulation des horaires de traite. Les travaux sur l’environnement ont permis des évolutions de la règlementation par l’autorisation des dispositifs de traitement des eaux peu chargées.

L’atout fourrage de Trévarez est symbolisé par le pâturage d’associations graminées-légumineuses assurant de bons niveaux de production à la faveur du coût alimentaire.
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