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Veaux sous la mère : des plus et des moins

Laisser les veaux téter leur mère apporte une meilleure croissance des veaux, plus d’interactions sociales, mais aussi plus de stress à la séparation pour la mère et le veau et une moindre production laitière. C’est ce qui ressort de trois années d’essai à la ferme Inrae de Marcenat.

Ces études aident à éclairer l’ensemble des acteurs sur toutes les facettes de cette question socialement vive : bien être des veaux, des mères mais aussi conditions de travail et revenu des éleveurs.

La séparation précoce des veaux en élevage laaitier fait débat dans la société. Pour pouvoir trancher, la ferme expérimentale Inrae de Marcenat teste depuis trois ans différentes conduites, leur pratique témoin étant un retrait du veau à la naissance, avec alimentation au lait entier.

Une période d’attachement
La première année d’essai a montré rapidement les limites d’une tétée "encadrée" par l’éleveur, avant mais surtout après la traite. Le lot "avant" a conduit à une perte importante du lait trait, due aux quantités importantes de lait bu. Il a fallu interrompre rapidement l’essai du lot qui tétait après la traite, les quantités de lait bues étant insuffisantes pour assurer la croissance des veaux. Le choix pour la deuxième année d’essai a été de laisser une période d’attachement mère-veau en parc individuel d’environ cinq jours, puis les veaux avaient libre accès aux mères entre la traite du matin et la traite du soir, tout en étant logés la nuit dans un parc spécifique.

      Autre avantage : un temps de travail réduit pour les éleveurs.

Croissances des veaux
Il n’y a pas eu d’impact sur les croissances des veaux par rapport aux témoins, pour lesquels le plan d’allaitement avait été revu à la hausse, afin de vérifier que les meilleures croissances observées la première année provenait d’une ingestion de lait plus importante. Par contre le volume de lait trait a été d’environ 45 % plus faible entre la naissance et le sevrage (à environ 100 kg), la traite du soir étant la plus impactée. Le stress au sevrage a aussi été plus marqué pour les mères et les veaux. Les interactions sociales ont été plus riches chez les veaux sous la mère que pour les veaux témoins. Autre avantage : un temps de travail réduit pour les éleveurs. Suite à ces résultats, Il a été décidé en 2019, de reconduire l’essai avec un 3e lot intermédiaire, avec des veaux qui ne restent que trois semaines avec leur mère et non jusqu’au sevrage. La perte de lait a été moindre par rapport au lot des mères qui allaitaient jusqu’au sevrage. Pour ce dernier, la perte représentait environ 6 % du lait annuel pour 14 vaches élevant 9 veaux jusqu’au sevrage. La croissance des veaux "intermédiaires" a été moins bonne que dans les autres lots, notamment parce qu’ils ont subi deux périodes de stress (à la séparation et au sevrage), même si les vocalisations ont été plus intenses pour le lot allaité intégralement par les mères, dont les veaux ont été sevrés et séparés en même temps.

Une meilleure valorisation du lait ?
Au final, si les croissances et les comportements sociaux des veaux sont favorisés par la présence des mères, leur stress et celui de leur mère est plus important que lors d’une séparation précoce. Pour encourager ce type de pratique, la perte de production laitière doit être compensée par une meilleure valorisation du lait. D’autres alternatives sont testées à Marcenat (sevrage progressif grâce à des palettes anti-tète anti-stress combiné à la monotraite)  ou ailleurs (pair-housing : élevages des veaux en groupe ou au moins par deux). Ces études aident à éclairer l’ensemble des acteurs sur toutes les facettes de cette question socialement vive : bien être des veaux, des mères mais aussi conditions de travail et revenu des éleveurs.

  

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