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Bale grazing, une autre façon de nourrir dehors les animaux en hiver

Inspiré de techniques néo-zélandaises, le bale grazing consiste à disposer de l’ensilage ou du foin dans une parcelle, qui accueillera des animaux durant l’hiver. Encore peu répandu en France, il est pratiqué depuis 4 ans déjà par Baptiste Coent, producteur de lait bio à Cléden Poher.  

"L’idée, je l’ai trouvée en Nouvelle Zélande. Là-bas, les élevages laitiers ont souvent deux sites de production. Et durant les deux mois de tarissement, les vaches sont nourries avec de l’ensilage, disposé sur la parcelle au moment de la récolte". Une idée que Baptiste Coent, producteur de lait bio, a transposée voilà quatre ans sur son élevage de Cléden Poher.

8 rounds tous les deux jours

Après avoir testé la formule, avec une dizaine de rounds d’ensilage à l’hectare, il est passé à la vitesse supérieure, en disposant 60 rounds/ha, sur 6,5 ha. Et durant tout l’hiver, un fil avant va, tous les deux jours, mettre 8 rounds à la disposition de son troupeau de 80 animaux, vaches taries et génisses sur le point de vêler. "Je fais ça pour gagner du temps et diminuer mes charges", certifie l’éleveur, qui n’y voit que des avantages. "Avec un couteau bien affûté, ça me demande 20 minutes pour enlever soigneusement le plastique et les filets. Une fois l’ensilage consommé, je n’aurai plus qu’à rouler le cercle de plastique qui reste au sol". Pas de tracteur à démarrer pour désiler, pas de fumier ni de lisier à épandre, pas de paille à acheter… Et des animaux "affûtés" au moment du vêlage. "Je les rentre en bâtiment quelques jours avant. Mais certains éleveurs font vêler leurs vaches dehors".

Des animaux de petit format

Convaincu par la technique, Baptiste Coent attire néanmoins l’attention sur quelques points de vigilance. "La plupart des animaux sont de petit format, croisés Jersiais. Plus légers, ils n’abîment pas le sol". Néanmoins, en cas de pluie abondante, c’est tous les jours que l’éleveur avance le fil. "Les vaches restent autour des rounds et ne vont que très peu dans le reste de la parcelle". Et d’ici quelques années, elles disposeront partout d’abri, des haies venant d’être plantées.

Pas besoin de resemer

Même si une fois les animaux passés, l’état des parcelles peut faire peur, il n’a jamais eu besoin de les resemer. "Elles verdissent très vite. Je resème juste à la main l’emplacement des rounds : ils sont restés en place d’août à décembre et ont étouffé l’herbe". Il choisit alors un mélange, RGH, plantain et trèfle violet, qui va s’implanter rapidement et étouffer les adventices. Sur le reste de la surface, l’ensilage, épié et sec, a diffusé suffisamment de graines pour régénérer la prairie, boostée par la densité des bouses.

Si la parcelle ne semble pas pâtir du passage des animaux, c’est aussi parce que l’éleveur a pris soin d’y conserver un bon stock d’herbe sur pied. "J’ai fait mes calculs grâce à l’herbomètre, détaille Baptiste Coent. Il y a juste de quoi nourrir deux vaches par jour. Mais la végétation et son enracinement important vont créer un "tapis de sol" et améliorer la portance".

Tout au long de l’année

Le lot d’animaux est calibré pour une consommation de 16 kg MS/VL/jour. "Plus les animaux sont petits et moins ils mangent, indique Baptiste Coent. Au bout de deux jours, il ne reste rien. Mais elles n’ont pas faim : elles ont même tendance à engraisser un peu".

S’il a choisi le bale grazing pour nourrir ses animaux durant l’hiver, la technique peut se décliner tout au long de l’année, en fonction des contraintes de chacun. "Le zéro pâturage est aujourd’hui décrié. En cas de faible disponibilité en parcelles accessibles, les éleveurs pourraient alors faire ce choix. Et ainsi nourrir plus d’animaux sur peu de surface".

Une porte ouverte le 25 janvier

 

La technique vous interpelle ? Vous souhaitez en savoir plus ? La chambre d’agriculture et Res’agri organisent une porte ouverte chez Baptiste Coent le mardi 25 janvier, à 13h30, au lieu dit Rosper, à Cléden Poher. Renseignements et inscription auprès de Tom Duperret, au 06 30 98 54 45 ou par mail tom.duperret@bretagne.chambagri.fr

 

 

 

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